Une reddition significative a marqué le paysage sécuritaire du territoire de Walikale ce samedi 15 février. Neuf combattants affiliés à la rébellion de l’AFC M23 ont déposé les armes de leur propre chef. Le lieu de cette capitulation volontaire n’est pas anodin : la localité de Banamukema, dans le groupement Kisimba, précisément à Chanjikiro. Face aux wazalendo, ces combattants ont immédiatement remis leur équipement militaire, comprenant quatre fusils d’assaut de type AK-47.
Selon des sources sécuritaires locales jointes par notre rédaction, le processus a été rapide et organisé. Les ex-combattants rendus n’ont pas été maintenus sur place. Une prise en charge sécurisée a été immédiatement mise en œuvre. Ils ont été acheminés vers la localité de Pinga, où les procédures standards d’identification et de documentation ont pu commencer. Cette phase est cruciale pour vérifier leurs identités, comprendre leurs motivations et évaluer leur parcours au sein du groupe armé.
Mais quelle est la raison d’une telle décision en ce moment précis ? Les services de sécurité sont formels : cette reddition de combattants M23 est une conséquence directe de la pression militaire exercée par les Forces armées de la République démocratique du Congo. Les FARDC ont significativement intensifié leurs opérations offensives ces dernières semaines. La stratégie repose en grande partie sur l’emploi ciblé de drones de combat. Ces frappes aériennes de précision visent systématiquement les positions fortifiées et les retranchements des rebelles dans la zone.
Les sites de Mpety et Mindjendje sont au cœur de cette campagne. Considérés par le commandement militaire comme des bases logistiques majeures pour l’AFC M23 dans cette partie du Nord-Kivu, leur neutralisation est un objectif prioritaire. Les frappes par drones des FARDC sur ces cibles visent à disloquer la chaîne de ravitaillement, à semer le doute et à rendre intenable la position des combattants sur le terrain. Cette pression constante et asymétrique crée un climat de vulnérabilité au sein des rangs rebelles.
La localité de Banamukema, théâtre de cette reddition, se trouve dans une zone où les tensions sont chroniquement élevées. L’arrivée de ces neuf individus entre les mains des wazalendo, ces volontaires pour la défense du peuple, illustre un changement dynamique local. Elle démontre l’efficacité de la combinaison entre les opérations conventionnelles de l’armée régulière et la vigilance des milices d’autodéfense communautaires. Les wazalendo jouent un rôle incontournable dans le contrôle du terrain et la collecte du renseignement.
Cette série de redditions volontaires interroge sur la cohésion interne du mouvement AFC M23. La perte d’hommes et d’équipement, même limitée, est-elle le signe d’une fissure ? La pression des frappes drones de l’armée congolaise suffit-elle à convaincre d’autres combattants de suivre le même chemin ? Les prochains jours apporteront des éléments de réponse. Les services de sécurité surveilleront de près si cet événement isolé peut enclencher un phénomène plus large de désertions.
Pour les autorités militaires, le transfert des rendus vers Pinga n’est qu’une première étape. L’enquête qui suit doit permettre de recueillir des informations tactiques précieuses : les dispositifs de défense adverses, les itinéraires d’approvisionnement, les points de commandement. Ces renseignements pourront directement alimenter la planification des futures frappes de drones et des manœuvres des FARDC. La boucle entre l’action militaire, le renseignement humain et le résultat sur le terrain semble se resserrer.
Le bilan de cette opération est pour l’instant mesuré mais tangible : neuf combattants de moins pour la rébellion, quatre armes lourdes de retirées de la circulation. Dans une région meurtrie par des années de conflit, chaque geste de reddition est porteur d’un fragile espoir. L’intensification des frappes aériennes par drones montre la détermination des FARDC à reprendre le contrôle total de la zone de Walikale. La question qui persiste est de savoir si cette méthode de pression permettra d’obtenir d’autres redditions massives ou si elle poussera le groupe armé à se replier et se réorganiser en profondeur.
La suite des événements dépendra de la capacité de l’armée à maintenir cette pression opérationnelle élevée et de la réaction des commandants de l’AFC M23 face à cette érosion de leurs effectifs. La région de Pinga et de Banamukema reste sous haute surveillance. Les wazalendo, en première ligne, sont en alerte, sachant que chaque reddition peut aussi provoquer des représailles. La traque continue, et les drones des FARDC restent en vol.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
