L’incertitude et l’angoisse demeurent totales, plusieurs jours après une attaque armée qui a secoué le village de Kateku, dans le groupement Ikobo, territoire de Walikale. Cinq civils, capturés par des assaillants identifiés comme des rebelles de l’AFC/M23, sont toujours portés disparus. Aucune information tangible ne permet de localiser leur lieu de détention ou de déchiffrer les motivations de leurs ravisseurs, plongeant toute une communauté dans une attente torturante.
L’attaque, survenue dans la journée du jeudi 13 février, a plongé cette localité reculée du Nord-Kivu dans un chaos maintenant teinté de silence inquiétant. Après les scènes de violence et de pillage rapportées par les témoins, le sort des otages constitue désormais la principale préoccupation. Les autorités coutumières et administratives de la zone, pourtant en première ligne, avouent leur impuissance. « Jusqu’à présent, nous n’avons aucune nouvelle de nos compatriotes », a confié une source locale, sous couvert d’anonymat par crainte de représailles. « Toutes les démarches entreprises auprès des leaders communautaires et des services de sécurité n’ont pas encore abouti. » Cet aveu d’impuissance souligne la complexité de la situation sécuritaire dans ce secteur de Walikale, souvent laissé en marge des grands axes de préoccupation.
Dans les foyers des disparus, le temps s’est arrêté. L’absence de signe de vie, de revendication ou de demande de rançon alimente les pires scénarios. « Nous passons nos nuits sans dormir, nous ne savons même pas s’ils sont encore en vie », a partagé, la voix brisée, un proche de l’une des victimes. Cette angoisse palpable est le lot quotidien de dizaines de personnes, confrontées à la brutalité d’une insécurité chronique qui frappe les civils sans distinction. Comment des vies peuvent-elles ainsi s’évaporer, sans laisser de trace, dans le silence complice de la forêt et l’impunité des agresseurs ? La question hante les esprits.
Face à ce vide et à cette détresse, la société civile de Walikale a élevé la voix. Elle lance un appel pressant pour la libération immédiate et sans condition des otages. Au-delà de l’urgence humanitaire, elle interpelle vivement les autorités provinciales et nationales sur l’impérieuse nécessité de renforcer la protection des populations dans cette zone réputée instable. L’épisode de Kateku n’est malheureusement pas un cas isolé, mais il vient rappeler, avec une cruelle acuité, la vulnérabilité extrême des communautés rurales face à la prolifération des groupes armés. Les rebelles AFC/M23 sont une nouvelle fois pointés du doigt, ajoutant une ligne sombre à leur bilan déjà lourd dans la région.
Les services de sécurité et de renseignement sont-ils mobilisés pour tracer la piste des disparus ? Les canaux discrets de négociation, souvent essentiels dans ce type de crises, sont-ils activés ? Pour l’heure, les familles et la communauté de Kateku naviguent à vue, entre espoir ténu et crainte de mauvaises nouvelles. L’attaque armée Kateku et ses conséquences dramatiques mettent en lumière les défis immenses de la stabilisation du territoire de Walikale. Tant que des civils pourront être enlevés en pleine journée sans que des forces de l’ordre ne puissent les secourir ou obtenir rapidement des éléments sur leur sort, la notion même de sécurité restera un vain mot pour des milliers de Congolais du Nord-Kivu. La résolution de cette affaire d’otages sera un test crucial pour les mécanismes de protection et de réponse en vigueur.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
