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RDC : 2054 enfants soldats recrutés en 2025 dans le Nord-Kivu, l’alerte de l’ONG EADEV

Le regard vide, les mains tremblantes, Jean*, 14 ans, peine à raconter les mois passés dans les rangs d’un groupe armé. « Ils m’ont pris sur le chemin de l’école. Ils m’ont donné une arme plus lourde que moi et m’ont dit de tirer. Je rêvais encore de devenir médecin… » Son témoignage, recueilli par nos soins à Beni, résume le drame silencieux qui frappe le Nord-Kivu. En cette année 2025, alors que la communauté internationale marquait la Journée de lutte contre l’utilisation des enfants soldats, le constat sur le terrain est d’une brutalité insoutenable : plus de deux mille vies d’enfants ont été volées, transformées en instruments de guerre.

Dans les territoires de Beni, Butembo et Lubero, l’enfance est systématiquement piétinée. L’ONG Enfant pour l’Avenir et le Développement (EADEV) a dressé un bilan qui glace le sang : au moins 2 054 enfants, dont 423 filles, ont été enrôlés de force par les groupes armés depuis janvier. « C’est un chiffre alarmant qui ne reflète que la partie émergée de l’iceberg », alerte Germain Lufungula, coordonnateur de l’organisation. Ces mineurs, parfois âgés d’à peine 10 ans, sont enlevés dans leurs villages, aux abords des écoles ou sur les routes des champs. Leur crime ? Être nés dans une région où la violence est devenue monnaie courante.

Mais qui sont ces bourreaux qui recrutent des enfants en RDC ? Les acteurs de terrain pointent du doigt une dizaine de factions, dont les tristement célèbres ADF et les combattants de l’AFC/M23. Leur méthode est implacable : ils profitent de la misère et de l’insécurité chronique pour vider les foyers et les salles de classe. « La place de l’enfant est à l’école, pas au front », rappelle avec force M. Lufungula. Pourtant, cette évidence est bafouée chaque jour. Comment une société peut-elle se construire en sacrifiant ainsi sa jeunesse ? La question hante les esprits à Beni, où autorités locales et représentants de la MONUSCO se sont réunis pour une commémoration teintée de colère et d’impuissance.

« Les enfants n’ont pas leur place dans les groupes armés. Ils doivent être dans leurs familles, à l’école, pour préparer leur avenir et celui de notre pays », a martelé Anicet Kibwana, secrétaire administratif de Bayira-Kanda. Son discours, porté par une indignation collective, souligne l’urgence d’une action concertée. Car derrière les statistiques sur le recrutement d’enfants au Nord-Kivu en 2025, il y a des destins brisés, des traumatismes profonds et une génération entière menacée. La crise humanitaire qui frappe Beni et Butembo n’est pas seulement une question de nourriture ou de soins ; c’est une crise de l’humanité, où le crime de guerre que constitue l’utilisation d’enfants soldats est devenu une routine macabre.

Les conséquences sont palpables : des écoles fermées par peur des enlèvements, des familles déchirées, et une jeunesse qui grandit dans la terreur. L’action de l’ONG EADEV et d’autres structures est cruciale, mais elle se heurte à l’ampleur du phénomène et à la complexité du terrain. Les groupes armés agissent en toute impunité, dans un contexte où l’État peine à rétablir son autorité. Faut-il se contenter de commémorer chaque 12 février, ou prendre des mesures radicales pour protéger l’innocence ? La réponse semble évidente, mais son application reste un défi colossal.

Alors que les projecteurs internationaux se détournent souvent de l’Est de la RDC, la situation exige une attention soutenue et des actions concrètes. Il ne s’agit plus seulement de dénoncer, mais d’agir pour que l’année 2026 ne vienne pas alourdir ce bilan déjà trop lourd. Le défi est de taille : sécuriser les zones vulnérables, soutenir les programmes de réinsertion et faire cesser l’impunité. L’avenir de toute une région, et au-delà celui du pays, en dépend. La jeunesse congolaise mérite plus que des armes ; elle mérite des livres, des rêves et un avenir paisible. Le temps des discours est révolu, place à l’action.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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