28.2 C
Kinshasa
vendredi, février 13, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéInternationalSommet UA 2026: Angola et Togo relancent la médiation pour la paix...

Sommet UA 2026: Angola et Togo relancent la médiation pour la paix en RDC

Le 39e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine s’est ouvert à Addis-Abeba, concentrant les regards sur les crises sécuritaires qui secouent le continent. Parmi elles, le conflit persistant dans l’est de la République démocratique du Congo figure en tête des préoccupations. Cette réunion de haut niveau, organisée sous le thème de l’eau et de l’assainissement, ne peut ignorer les feux qui couvent dans la région des Grands Lacs. La communauté internationale observe-t-elle enfin une réelle volonté africaine de prendre en main son destin sécuritaire ?

Dans ce contexte, le processus paix RDC bénéficie d’une attention particulière. Conformément aux résolutions du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, le Togo, à travers son ministre des Affaires étrangères Robert Dussey, doit présenter un bilan de sa médiation Togo conflit Grands Lacs. Le président Faure Gnassingbé, désigné médiateur principal par l’Union africaine, a multiplié les shuttles diplomatiques entre Kinshasa, Kigali, Bujumbura et Kampala ces dernières semaines. Son objectif : insuffler une nouvelle dynamique à des négociations souvent bloquées.

Parallèlement aux efforts togolais, une initiative angolaise vient de faire surface, ajoutant une nouvelle couche à l’édifice diplomatique. La présidence de João Lourenço, qui passe justement le flambeau de la présidence tournante de l’UA au Burundi lors de ce sommet Union africaine 2026, a proposé un cessez-le-feu M23 à compter du 18 février. Cette proposition, conditionnée à l’acceptation publique des belligérants, émane d’une rencontre à Luanda réunissant les présidents angolais, congolais, togolais et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, facilitateur du processus. L’Angola paix RDC se positionne ainsi comme un acteur clé, proposant même d’accueillir la phase préparatoire du dialogue intercongolais.

Cette dynamique africaine, qui semble vouloir rompre avec une certaine attentisme, s’inscrit dans un paysage diplomatique déjà encombré. Les processus de Washington, sous l’égide de l’administration Trump, et de Doha, piloté par l’Émir du Qatar, ont jusqu’ici peiné à produire des résultats tangibles sur le terrain. Malgré la signature d’accords-cadres et de déclarations de principe, la mise en œuvre stagne. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de mauvaise foi, et les combats, bien qu’à basse intensité par moments, n’ont pas cessé. La rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda, contrôle encore des territoires, et la restauration de l’autorité de l’État congolais reste un défi majeur.

La réunion de coordination tenue à Lomé en janvier 2026 avait précisément pour but d’harmoniser ces différentes voies. Elle a abouti à la définition d’une nouvelle architecture de médiation, placée sous l’autorité unique de Faure Gnassingbé et appuyée par cinq cofacilitateurs. Cette tentative de rationalisation répond à une critique récurrente : la multiplication des initiatives diplomatiques, non coordonnées, a souvent servi de prétexte aux parties pour jouer une médiation contre une autre, retardant d’autant la résolution du conflit.

Alors, le sommet d’Addis-Abeba peut-il marquer un tournant ? L’engagement apparent de l’UA et de ses membres influents comme l’Angola et le Togo est un signal positif. Cependant, l’histoire récente de la région est jonchée d’accords de paix signés puis violés, de cessez-le-feu décrétés mais jamais respectés. La crédibilité de la médiation africaine se joue aujourd’hui sur sa capacité à imposer une feuille de route claire et à obtenir des engagements vérifiables. Les populations de l’est de la RDC, prises en étau entre les groupes armés et les armées régulières, attendent plus que des déclarations d’intention. Elles espèrent une paix durable qui leur permettra enfin de reconstruire leurs vies.

La véritable question qui plane sur le sommet Union africaine 2026 est donc celle de l’efficacité. L’institution parviendra-t-elle à transformer sa volonté affichée en actions concrètes ? La proposition angolaise de cessez-le-feu, si elle est acceptée, constituerait un premier test décisif. Elle permettrait de créer un environnement propice au dialogue politique inclusif que tous appellent de leurs vœux. En attendant, la communauté internationale observe, espérant que l’Union africaine saura faire la preuve de son leadership dans la résolution de ses propres crises.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

Commenter
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 12 Février 2026

L’essentiel du 12 février 2026 en RDC : offensive industrielle pour le secteur minier, accord géopolitique majeur avec Washington, drame évitable à l’hôpital de Vuhovi, projet de loi à 2 milliards sur les jeux, percée de l’innovation scientifique féminine à Kinshasa, développement diplomatique à l’UA et premier apaisement au Sud-Kivu après les violences.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques