Dans un mouvement soudain, les combattants de l’AFC/M23 ont évacué la position de Buhaya dans la nuit du jeudi 12 février. Cette colline stratégique, qui surplombe la localité de Katobi dans le groupement Kisimba, était sous leur contrôle depuis plusieurs mois. Leur départ a été confirmé par des sources locales ce vendredi matin, laissant place à de nombreuses interrogations.
Le retrait de Buhaya intervient dans un contexte sécuritaire volatile du territoire de Walikale, au Nord-Kivu. La zone, théâtre de vives tensions entre groupes armés, voit sa situation évoluer rapidement. Les combattants de l’AFC/M23 avaient pris le contrôle de cette hauteur en novembre 2025, après avoir délogé les forces d’autodéfense locales, les wazalendo. Depuis, cette position offrait un avantage tactique certain, dominant les voies d’accès vers la cité de Pinga, située à environ 15 kilomètres.
Les circonstances du retrait restent obscures. Selon des informations concordantes, les rebelles ont quitté les lieux discrètement, sans laisser d’indices sur leur destination. Aucune accrochage n’a été signalé dans les heures précédant leur départ. Les habitants de Katobi ont découvert au petit matin que la colline était abandonnée. « Nous avons vu qu’ils étaient partis, mais nous ne savons pas où ils sont allés », a témoigné un résident sous couvert d’anonymat.
Dans l’après-midi de ce vendredi, les wazalendo ont rapidement investi la position. Ils ont repris le contrôle de Buhaya, qu’ils avaient perdu trois mois plus tôt. Cette reprise, bien que symbolique, ne signifie pas pour autant un retour à la stabilité. Les motifs du retrait de l’AFC/M23 demeurent inconnus. S’agit-il d’un simple redéploiement tactique ? Les combattants préparent-ils une offensive ailleurs dans la région ? Les questions se multiplient, sans réponses immédiates.
Le secrétaire administratif du groupement Kisimba a confirmé l’événement, mais a reconnu l’absence d’informations sur les raisons et la destination des combattants. « Ils sont partis dans la nuit, sans faire de bruit. Nous n’avons aucune piste pour l’instant », a-t-il déclaré. Cette discrétion renforce le sentiment d’incertitude qui plane sur le territoire de Walikale.
La sécurité à Walikale reste précaire. Les mouvements de groupes armés, comme l’AFC/M23, alimentent continuellement la crainte parmi les populations civiles. Ces dernières sont prises en étau entre les différents belligérants, subissant exactions et déplacements forcés. Le retrait de Buhaya, bien que pouvant sembler positif à première vue, pourrait n’être qu’un répit temporaire dans un conflit qui s’enlise.
Les wazalendo de Banakindi, après avoir repris la colline, doivent maintenant assurer sa sécurisation. Leur capacité à tenir la position face à d’éventuels retours offensifs des combattants de l’AFC/M23 reste à prouver. Par le passé, les changements de contrôle de positions stratégiques ont souvent été suivis de contre-attaques violentes.
La situation dans le Nord-Kivu, et particulièrement à Walikale, nécessite une attention soutenue. Les combattants nord-kivutiens évoluent dans un environnement complexe, marqué par la présence de multiples groupes armés et des enjeux politico-économiques sous-jacents. Le retrait de Buhaya s’inscrit dans cette dynamique erratique, où chaque mouvement peut présager de nouvelles violences.
Quelles conséquences ce retrait aura-t-il sur la sécurité des civils de la région ? Permettra-t-il un retour des déplacés vers leurs habitations ? Rien n’est moins sûr. L’instabilité chronique du territoire de Walikale ne se résorbera pas par le simple changement de contrôle d’une colline. Des efforts de paix plus larges et un désarmement effectif des groupes armés sont indispensables.
Pour l’heure, les regards sont tournés vers les prochains développements. Les autorités locales et les organisations de la société civile appellent à la vigilance. La communauté internationale, souvent silencieuse face à ces conflits localisés, doit aussi jouer son rôle pour prévenir une escalade. Le retrait des combattants de l’AFC/M23 de Buhaya est un épisode de plus dans la longue crise du Nord-Kivu, une crise qui exige des solutions durables.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
