Une opération de police ciblée a permis le démantèlement, ce mercredi 11 février, d’une fabrique clandestine de boissons alcoolisées située dans la périphérie de Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Les forces de l’ordre, agissant sur renseignement, sont tombées sur une installation illicite produisant en série des spiritueux hautement dangereux pour la consommation humaine.
Sur place, six ressortissants indiens, tous en situation irrégulière sur le territoire congolais, ont été immédiatement interpellés. Aucun d’entre eux ne pouvait présenter de passeport valide ou de visa en règle, soulevant immédiatement des questions sur les circuits d’immigration et la porosité des frontières. La police nationale congolaise a ainsi procédé à leur arrestation pour séjour illégal et activités présumément criminelles liées à la santé publique.
Le site, qualifié d’industriel par son ampleur, révélait une organisation méthodique. Les enquêteurs ont découvert d’importants stocks de produits chimiques, dont des bidons de 20 litres d’acide chlorhydrique et des sacs de soude caustique. Ces substances, extrêmement corrosives et normalement réservées à un usage industriel ou de laboratoire, étaient mélangées à de grandes quantités de sucre pour fabriquer une mixture imitant le whisky.
La production était ensuite conditionnée dans de petites bouteilles en plastique, prêtes à être écoulées sur le marché. Des centaines de cartons, soigneusement empilés, contenaient des bouteilles déjà remplies. À côté, des rouleaux d’étiquettes colorées, destinées à habiller ces fioles de mort, attendaient d’être collés, donnant une apparence trompeuse de légalité à des produits toxiques. Cette découverte met en lumière les risques sanitaires colossaux encourus par une population souvent contrainte, par le pouvoir d’achat, à se tourner vers des alcools frelatés et bon marché.
Mais jusqu’où ce réseau illicite s’étendait-il ? Les autorités s’interrogent sur la durée de cette activité et l’ampleur de sa distribution. Les boissons fabriquées ici étaient-elles déjà vendues dans les buvettes de quartier, les marchés ou les petites épiceries de Lubumbashi et au-delà ? L’enquête ouverte vise justement à cartographier ce circuit parallèle et à identifier d’éventuels complices ou commanditaires. La rapidité avec laquelle cette fabrique a pu être implantée et opérer soulève également des questions sur la surveillance du tissu économique informel.
Les conséquences sanitaires de la consommation de tels produits sont gravissimes. Les mélanges d’alcool industriel, d’acides et de bases caustiques peuvent provoquer des intoxications aiguës, des cécités, des lésions hépatiques irréversibles, voire le décès. Le démantèlement de ce réseau par la police de Lubumbashi représente donc une action préventive majeure. Elle évite que des milliers de bouteilles ne finissent dans le gosier de consommateurs inconscients du danger.
Cette affaire dépasse le simple cadre d’une fraude commerciale. Elle touche à la sécurité nationale, à la protection des frontières et, surtout, à la santé publique. L’arrestation de ces six ressortissants indiens n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg. Les enquêteurs vont désormais s’attacher à retracer la provenance des matières premières, les flux financiers et les canaux de distribution de ces boissons dangereuses pour la santé.
Le message des autorités est clair : la tolérance zéro s’applique aux activités mettant en péril la vie des Congolais. Cette opération rappelle que la lutte contre les économies parallèles et les trafics en tout genre reste une priorité pour sécuriser le quotidien des populations. La suite de l’enquête déterminera si cette fabrique était isolée ou connectée à un maillage plus vaste de production et de vente illicite en République Démocratique du Congo.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
