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Incident environnemental à Lubumbashi : le gouvernement congolais tire les leçons d’une pollution minière dévastatrice

Le 4 novembre 2025, un silence lourd de poussière toxique s’est abattu sur les quartiers riverains de la mine CDM/Joli-Site à Lubumbashi. Un incident environnemental d’une violence rare a brutalement rappelé le prix trop souvent caché de l’exploitation minière en République Démocratique du Congo. Aujourd’hui, le gouvernement RDC annonce la clôture des travaux de la commission d’enquête, dressant le bilan d’une crise humaine et écologique qui a ébranlé la capitale du Haut-Katanga. Mais au-delà des communiqués, quelle réalité pour les populations touchées et pour l’environnement meurtri ?

Les faits sont aussi secs que la terre fissurée par la pollution : une catastrophe industrielle sur le site exploité par la société Congo Dongfang International Mining (CDM). L’exécutif congolais, par la voix du ministère des Mines, reconnaît sans ambages la « gravité humaine, sanitaire et environnementale » de l’événement. Une gravité qui a touché des zones densément peuplées, transformant le quotidien de milliers de Congolais en un combat pour l’air pur et l’eau saine. La protection de la vie, martèle le gouvernement, est un « impératif absolu ». Pourtant, cet impératif n’a-t-il pas été foulé aux pieds avant que la crise n’éclate au grand jour ?

Sur instruction du chef de l’État, la réaction a été immédiate. Dès le 6 novembre, le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, ordonnait la suspension « immédiate » des activités du site. Un coup d’arrêt net, destiné à permettre les investigations, la sécurisation des installations et, surtout, la prise en charge des dégâts. Cette décision forte envoie un signal : l’ère d’une exploitation minière sauvage, sourde aux communautés et à la nature, est peut-être en train de se fissurer. La commission interministérielle spéciale, elle, a tenté d’incarner une nouvelle approche, associant services techniques de l’État, experts indépendants, communautés riveraines, société civile et élus locaux. Un modèle de transparence revendiqué, mais suffisant pour restaurer une confiance érodée par des décennies de dénis ?

Les chiffres, eux, racontent une histoire de détresse concrète. 670 personnes prises en charge médicalement à l’hôpital général Jason Sendwe. 350 ménages affectés recevant une assistance directe. Chaque jour, 30 000 litres d’eau potable sont distribués pour pallier la contamination des sources, tandis que quinze forages sont programmés, dont sept déjà réalisés fin décembre 2025. Derrière ces statistiques se cachent des vies bouleversées, une santé publique fragilisée par cette mine CDM pollution. Le volet humanitaire, bien que nécessaire, ne reste qu’un pansement sur une blessure environnementale profonde.

Car le cœur du problème est là : dans la terre et l’eau empoisonnées. Les opérations de dépollution site minier RDC ont été engagées, avec pompage et neutralisation des effluents toxiques. La construction d’un bassin de rétention de secours témoigne de la tentative de contenir le désastre. Le processus d’indemnisation des victimes est aussi formellement ouvert. Mais comment chiffrer la valeur d’un environnement sain perdu ? Comment compenser des années d’exposition à des polluants invisibles ? La dépollution est un combat technique de longue haleine, qui exigera une vigilance de tous les instants.

Le gouvernement est catégorique : toute reprise des activités sur le site est conditionnée à une mise en conformité intégrale, à la validation d’études environnementales et sociales actualisées, à une expertise indépendante et à un suivi renforcé. Des mots forts qui dessinent une ligne rouge. L’État réaffirme ainsi que « l’exploitation des ressources naturelles ne saurait se faire au détriment de la vie humaine, de la santé publique ni de l’environnement ». Une prise de position salutaire qui doit maintenant se transformer en action implacable et constante.

Cet incident environnemental Lubumbashi servira-t-il de véritable électrochoc ? La leçon du Haut-Katanga incident minier est cruelle : la croissance économique ne peut se bâtir sur les cendres d’écosystèmes en détresse et au prix de la santé des populations. La RDC, dotée d’un sous-sol fabuleux, est à la croisée des chemins. Elle peut choisir la voie d’une exploitation responsable, transparente et réellement soucieuse de son capital humain et naturel, ou continuer à gérer les crises au coup par coup. La balle est désormais dans le camp des autorités et des opérateurs miniers. La vigilance citoyenne, elle, ne doit pas faiblir d’un seul instant. La forêt katangaise et ses habitants méritent plus que des excuses ; ils exigent des garanties pour l’avenir.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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