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Présidence de l’UA : le Burundi de Ndayishimiye face au défi de la crise en RDC

Le Burundi s’apprête à occuper la présidence tournante de l’Union africaine (UA) en février 2026, une première historique pour cette nation des Grands Lacs. Le président Évariste Ndayishimiye succédera à son homologue angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, lors du 39ᵉ Sommet des chefs d’État à Addis-Abeba. Cette présidence Union africaine Burundi est perçue à Bujumbura comme un signe de confiance politique et une opportunité stratégique, mais elle soulève immédiatement des interrogations sur sa capacité à agir avec impartialité dans un contexte régional volatile.

Cette élection marque un tournant pour le Burundi, qui n’a jamais occupé cette position depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963. Elle reflète une reconnaissance diplomatique, mais place également le pays sous les projecteurs continentaux à un moment critique. Le président Ndayishimiye, déjà présent à Addis-Abeba pour multiplier les contacts, devra concilier les ambitions nationales avec les lourdes responsabilités de la présidence tournante UA 2026.

Cependant, l’annonce a été accueillie avec une méfiance marquée par certains acteurs directs des crises régionales. La rébellion de l’AFC/M23, force majeure dans la crise Est RDC AFC/M23, a publiquement exprimé ses craintes. Corneille Nangaa, coordonnateur du mouvement, a dénoncé une attitude du président burundais qui, selon lui, contribuerait aux violences ciblées contre les communautés banyamulenge. L’AFC/M23 appelle à une vigilance internationale accrue pour éviter une aggravation de la crise humanitaire dans les provinces du conflit Nord-Kivu Sud-Kivu. Cette défiance initiale pose un défi de crédibilité majeur pour la future présidence, alors que la résolution de ce conflit figurera parmi ses priorités affichées.

Face à ces critiques, le gouvernement burundais présente cette présidence comme une chance unique. Le ministre des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, y voit une « responsabilité collective » mobilisant toute la société. Les priorités annoncées sont ambitieuses et alignées sur l’agenda continental : accélérer l’accès à l’eau et à l’assainissement, opérationnaliser la zone de libre-échange (ZLECAf) avec un focus sur le e-commerce, et renforcer la participation des jeunes et des femmes à la paix via l’initiative « Faire taire les armes ». La gestion des crises au Sahel, en Libye, au Soudan et surtout en RDC restera « au centre de l’attention ».

Cette dernière promesse intervient dans un contexte de tensions Burundi Rwanda persistantes, qui compliquent singulièrement le paysage diplomatique. Les relations entre Bujumbura et Kigali se sont crispées, notamment après les événements autour d’Uvira. Le Burundi accuse ouvertement le Rwanda de soutenir l’AFC/M23 et de chercher à régionaliser le conflit, affirmant que son propre territoire a été affecté. Dans ce climat d’accusations mutuelles, la présidence burundaise pourra-t-elle jouer un rôle de médiateur impartial ou sera-t-elle perçue comme une partie prenante ? La question reste entière et pèsera sur chaque initiative.

Quelles seront les implications réelles de ce mandat d’un an ? La présidence Union africaine Burundi représente indéniablement une plateforme pour redynamiser l’engagement diplomatique du pays et attirer les investissements. Cependant, son succès se mesurera à l’aune de sa capacité à apaiser, ou non, les foyers de tension régionaux. Les observateurs s’interrogent : la légitimité continentale conférée par l’UA suffira-t-elle à transcender les griefs bilatéraux et à imposer une voix crédible pour la paix ?

En définitive, le passage du Burundi à la tête de l’Union africaine s’annonce comme un exercice d’équilibre complexe. Entre la volonté de promouvoir des agendas de développement et la nécessité de gérer des conflits hérités, le président Ndayishimiye devra faire preuve d’une habileté diplomatique exceptionnelle. L’issue de cette présidence tournante UA 2026 pourrait non seulement redéfinir le rôle du Burundi sur la scène continentale, mais aussi influencer durablement la trajectoire de la sécurité dans l’Est de la RDC et la dynamique des relations entre les pays des Grands Lacs.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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