Une mission d’enquête dépêchée par le ministère des Affaires étrangères de la République Démocratique du Congo est actuellement déployée dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, afin d’examiner des allégations persistantes concernant une augmentation illicite des frais d’obtention du passeport biométrique RDC. Cette investigation intervient en réaction à de multiples signalements émanant de requérants, qui affirment avoir dû s’acquitter de sommes substantiellement supérieures au tarif officiel fixé par les autorités centrales.
Le dispositif mis en cause est le centre mobile de capture installé dans la région depuis le mois d’octobre 2025, couvrant les zones de Beni et de Butembo. Alors que le coût réglementaire pour l’établissement du document de voyage est légalement arrêté à soixante-quinze dollars américains, certaines personnes déclarent avoir été contraintes de débourser jusqu’à cent vingt-cinq dollars, soit une majoration de près de soixante-sept pour cent. Cette situation a immédiatement suscité l’inquiétude des plus hautes instances administratives, conduisant à l’ouverture d’une enquête affaires étrangères approfondie sur les potentielles dérives.
Dirigée par le directeur juridique et contentieux du ministère, Maître Teddy Kamembo Milambo, la délégation a pour mandat de vérifier l’exactitude de ces accusations et d’identifier les mécanismes ayant permis cette fraude passeport Nord-Kivu. Dans des déclarations rendues publiques, l’émissaire gouvernemental a tenu un discours ferme, mettant en garde la population contre le recours à des canaux parallèles. « Si les faits sont avérés, c’est à la hiérarchie de prendre la décision la plus dure », a-t-il prévenu, laissant entendre que des sanctions administratives, voire pénales, pourraient être prononcées à l’encontre des responsables.
L’objectif affiché de la politique de baisse du prix passeport Beni et sur l’ensemble du territoire national était clair : démocratiser l’accès à ce document essentiel et soulager les contraintes financières des citoyens. Comment alors expliquer que cette mesure sociale se soit transformée en une source de profit illicite pour certains acteurs ? La question des intermédiaires passeport illégal se trouve au cœur de l’investigation. Maître Kamembo Milambo a dénoncé ces pratiques avec vigueur : « Malheureusement, nous constatons que la population s’est fait arnaquer en passant par des intermédiaires qui fixent leurs propres prix. »
Le directeur a, par ailleurs, rappelé avec insistance les procédures légales. Le tarif officiel demeure immuablement fixé à soixante-quinze dollars. Les citoyens ont été exhortés à introduire leurs demandes directement auprès des services habilités, sans transiter par des tiers dont le rôle n’est pas reconnu par l’administration. « Ceux qui ont d’anciens passeports doivent continuer à les utiliser. Aucun pays ne refuse ces documents », a-t-il précisé, cherchant ainsi à rassurer les détenteurs de documents encore valides et à décourager les demandes précipitées nourrissant le marché parallèle.
Les prochaines étapes de cette mission détermineront la suite à donner à ce dossier. L’équipe d’enquêteurs procède actuellement à des auditions et à l’examen des registres financiers du centre mobile. Ses conclusions, attendues dans un délai rapproché, seront transmises à la tutelle ministérielle qui décidera des mesures correctrices à appliquer. Parmi les pistes évoquées figurent un possible renforcement des contrôles sur place, la clarification publique des procédures, et des poursuites à l’encontre des agents ou des entités qui se seraient livrés à des activités de surfacturation.
Cette affaire met en lumière les défis récurrents de la gouvernance administrative dans certaines régions éloignées de la capitale. Elle interroge sur l’effectivité des directives venues de Kinshasa et sur les capacités de l’État à garantir l’uniformité de l’action publique sur l’ensemble de son territoire. La crédibilité de la réforme du passeport biométrique RDC, présentée comme une avancée majeure, est aujourd’hui en jeu. La population observe avec attention les résultats de cette enquête, espérant que des actions concrètes en découleront pour mettre un terme à des pratiques préjudiciables qui alourdissent indûment le fardeau des citoyens les plus vulnérables.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
