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Disparition de Dodo Lutombo Issanda : le MPASA en alerte maximale à Kinshasa

La scène politique congolaise est secouée par une disparition aussi soudaine qu’inquiétante. Le Mouvement des patriotes pour l’action sociale africaine (MPASA), un parti membre de la majorité présidentielle, tire la sonnette d’alarme concernant la disparition à Kinshasa de son autorité morale, Dodo Lutombo Issanda. Dans un communiqué rendu public ce jeudi 12 février, le parti fait état d’une inquiétude grandissante, son leader étant introuvable et injoignable depuis plus de soixante-douze heures. Cette situation plonge l’organisation dans une incertitude profonde et interroge sur les garanties de sécurité offertes aux acteurs politiques dans la capitale.

« Depuis plus de trois jours, nous ne savons plus où il se trouve et tous ses contacts sont injoignables », a déclaré avec gravité le secrétaire général du MPASA, Jean-Louis Kwanzwa. Cette annonce publique, qui sert aussi de cri d’alarme, en dit long sur l’impuissance ressentie par la formation politique. Le MPASA ne se contente pas de constater les faits ; il en appelle directement au Chef de l’État, « garant de la sécurité de tous les Congolais », pour qu’il active sans délai tous les mécanismes nécessaires à la localisation de Dodo Lutombo Issanda et de sa famille. Cette invocation de la plus haute autorité de l’État n’est pas anodine. Traduit-elle une défiance envers les services de sécurité traditionnels, ou une tentative de placer l’affaire sous le feu des projecteurs nationaux et internationaux ?

La disparition de Dodo Lutombo Issanda ne serait, selon le communiqué du parti, que l’épilogue d’une longue série de tracasseries et d’intimidations. Pour comprendre la tension actuelle, il faut remonter au 26 août 2025. À son arrivée à Kinshasa en provenance de Bruxelles, l’autorité morale du MPASA, accompagné de son épouse et de ses enfants, fut immédiatement interpellée par les services de sécurité. La raison avancée ? Une participation supposée, et immédiatement démentie, au conclave du parti Ensemble pour la République qui s’était tenu dans la capitale belge. Une accusation que le MPASA qualifie de « fausse », y voyant peut-être un prétexte pour museler une voix au sein de la mouvance présidentielle.

Relâché le 10 octobre 2025 après plusieurs semaines de détention, Dodo Lutombo Issanda n’a pourtant pas retrouvé sa liberté. Contraint à la clandestinité, vivant dans la peur et coupé de ses proches, son calvaire semblait ne devoir jamais prendre fin. Cette mise sous silence forcée pose une question cruciale : dans quelle mesure un acteur politique peut-il exercer ses droits fondamentaux dans le climat actuel ? Le MPASA dénonce explicitement ces « menaces et intimidations » qui visent non seulement son leader mais aussi son entourage familial, dressant le tableau d’une pression constante et insidieuse.

L’analyse politique de cette affaire dépasse le simple fait divers. Le MPASA, en tant que composante de l’Union sacrée, la coalition au pouvoir, se trouve dans une position délicate. Son appel au président de la République est un test pour la solidité de cette alliance. Jusqu’où la majorité est-elle prête à aller pour protéger ses membres contre d’éventuels dérives sécuritaires internes ? Cette disparition intervient dans un contexte où le parti avait déjà marqué son engagement patriotique, appelant en mars 2023 les Congolais à soutenir le pays en guerre contre le M23. Aujourd’hui, c’est une bataille pour la sécurité de ses dirigeants qu’il semble devoir mener sur le front intérieur.

Les implications sont multiples. Sur le plan des libertés publiques, cet épisode risque d’alimenter les critiques sur le respect des droits de l’opposition et de la dissidence interne. Sur le plan de la stabilité gouvernementale, il pourrait fissurer la confiance entre les différents partenaires de l’Union sacrée. La balle est désormais dans le camp des autorités. La rapidité et la transparence de l’enquête qui sera – ou ne sera pas – menée pour élucider cette disparition de Dodo Lutombo Issanda seront scrutées à la loupe. L’incapacité à retrouver l’autorité morale du MPASA, ou pire, la révélation d’une implication d’acteurs étatiques, pourrait durablement ébranler le narratif d’un État protecteur et ouvrir une nouvelle phase de tensions politiques à Kinshasa. L’actualité en RDC se nourrit souvent de tels mystères ; il appartient maintenant aux institutions de prouver qu’elles peuvent les résoudre.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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