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Nord-Kivu : neuf patients décèdent dans le noir à l’hôpital de Vuhovi, faute d’électricité

Depuis maintenant quatre longs mois, l’hôpital général de référence de Vuhovi, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, est plongé dans une obscurité qui tue. Une crise électrique persistante, due à la défaillance d’un transformateur, a déjà coûté la vie à neuf patients vulnérables, selon les autorités locales. Ce constat dramatique soulève une question cruciale : comment un établissement de santé censé sauver des vies peut-il devenir un lieu où l’absence de courant électrique rime avec fatalité ?

Le cœur du problème bat au rythme des coupures brutales. Imaginez un instant un service de soins intensifs où les respirateurs artificiels s’arrêtent soudainement, ou une maternité où les couveuses cessent de fonctionner. C’est la réalité quotidienne à Vuhovi. Les victimes identifiées sont trois nouveau-nés en néonatologie, trois enfants hospitalisés en pédiatrie et trois patients adultes en réanimation. Tous dépendaient d’un apport constant en oxygène, une assistance vitale fournie par des appareils qui, privés d’électricité, deviennent muets et inefficaces.

« Les conséquences sont énormes », alerte Kambale Vwakyanira Émery, chef des affaires sociales de la chefferie des Bashu. Il décrit un hôpital paralysé où les médecins « éprouvent des difficultés à opérer les patients en raison de l’absence d’électricité ». Cette situation d’urgence permanente transforme les salles de soins en zones de grand danger. La panne, survenue en octobre 2025, est attribuée à un dysfonctionnement de l’équipement fourni par la société ENK (Énergie du Nord-Kivu), le principal fournisseur privé dans la zone. Depuis, l’établissement ne fonctionne que par intermittence, rendant les services essentiels comme la réanimation, la maternité et la pédiatrie extrêmement périlleux.

Comment en est-on arrivé là ? La réponse technique pointe vers un transformateur défectueux. Mais la réponse humaine souligne un paradoxe criant : l’électricité consommée dans les villes de Butembo et Beni est produite dans la chefferie des Bashu. « Il est inadmissible que cette entité soit privée de courant », s’indigne M. Kambale. Cette injustice géographique ajoute une couche d’amertume à la tragédie sanitaire. Face à l’urgence, la société ENK a fourni du carburant pour alimenter un groupe électrogène de secours. Une solution temporaire qui a vite montré ses limites, le groupe étant lui-même tombé en panne. L’entreprise reconnaît le problème technique et assure que ses équipes travaillent à une résolution, tandis que l’hôpital et la population attendent, dans l’angoisse.

Au-delà du drame immédiat, cette crise électrique à l’hôpital de Vuhovi met en lumière une vulnérabilité systémique des infrastructures de santé en RDC, particulièrement dans les zones en proie à l’instabilité comme le Nord-Kivu. L’accès à une énergie fiable n’est pas un luxe, mais une condition sine qua non pour des soins de qualité. Sans elle, les équipements médicaux les plus sophistiqués ne sont que du métal inerte. La néonatologie et les soins intensifs sont les premiers services impactés, car les patients y sont souvent dans un état critique, leur survie dépendant d’une surveillance et d’une assistance technologique constante.

Que faire alors pour éviter de nouveaux décès dus à une panne d’électricité ? La prévention passe par plusieurs leviers. D’abord, une maintenance proactive et rigoureuse des infrastructures énergétiques desservant les hôpitaux. Ensuite, l’installation obligatoire de systèmes de secours redondants et régulièrement testés : groupes électrogènes multiples, onduleurs et, idéalement, des sources d’énergie renouvelable comme des panneaux solaires avec batteries de grande capacité. Enfin, une coordination renforcée entre les ministères de la Santé et de l’Énergie est impérative pour prioriser les établissements de santé dans les plans de desserte.

La situation à l’hôpital général de référence de Vuhovi est un signal d’alarme qui doit retentir bien au-delà de la chefferie des Bashu. Elle nous rappelle que la santé publique repose sur des bases techniques souvent fragiles. Alors que l’ENK promet l’arrivée prochaine d’un nouveau transformateur, chaque minute d’attente pèse d’un poids terrible. La résolution de cette crise n’est pas seulement une question technique ; c’est un impératif moral et sanitaire. Garantir l’électricité dans les hôpitaux, c’est garantir le droit fondamental à la vie et à des soins dignes pour tous les Congolais.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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