28.2 C
Kinshasa
mercredi, février 11, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéÉconomieCentrale hydroélectrique Mbombo : chantier paralysé après un an

Centrale hydroélectrique Mbombo : chantier paralysé après un an

Un an après le coup d’envoi officiel, le projet de construction de la centrale hydroélectrique de Mbombo, dans la province du Kasaï-Central, semble pris dans les sables mouvants de l’immobilisme. Lancés en février 2025 pour une durée de 24 mois, les travaux n’ont pas encore franchi le cap des activités préparatoires, suscitant l’inquiétude légitime de la société civile et des populations locales. Comment un investissement aussi stratégique pour l’électrification de Kananga et ses environs peut-il accumuler un tel retard ? Les réponses tardent à venir, et l’Agence Nationale de l’Électrification et des Services Énergétiques en milieu rural et périurbain (ANSER), maître d’ouvrage du projet, reste muette face aux interrogations.

D’une capacité prévue de 12 mégawatts, le barrage de Mbombo doit être érigé sur la rivière Lulua, à une quinzaine de kilomètres de Kananga. Il représente un espoir concret pour résorber le déficit chronique en énergie qui entrave le développement économique et social de cette région. Pourtant, sur le terrain, le constat est amer : seules quelques opérations préliminaires sont visibles, comme l’aménagement de la voie d’accès, l’installation de la base vie et la réalisation d’études géotechniques. La construction proprement dite de l’ouvrage, phase pourtant cruciale, n’a toujours pas débuté. Ce retard dans les travaux du barrage au Kasaï-Central interpelle d’autant plus que le calendrier initial prévoyait une mise en service rapide.

Le mouvement citoyen LUCHA, vigilant sur les dossiers d’intérêt public dans la région, a tiré la sonnette d’alarme. « Depuis le lancement des travaux, ça fait maintenant une année sans que l’on puisse savoir où nous en sommes avec l’évolution de ces travaux. Or le projet était censé s’exécuter dans 24 mois », déplore Jean Calvin Luamba, militant de la LUCHA au Kasaï-Central. Cette absence de visibilité et de communication régulière sur l’avancement du chantier soulève des questions sur la gestion et la transparence entourant ce projet énergétique en RDC. La centrale hydroélectrique de Mbombo, présentée comme une solution durable, risque de se transformer en un symbole de plus des retards infrastructurels qui minent la crédibilité des politiques publiques.

Face à ces critiques, la transparence de l’ANSER est directement mise en cause. L’agence, responsable de la supervision et de l’exécution du projet, n’a pas fourni d’explications claires sur les raisons de ce ralentissement. Les tentatives de médias pour obtenir des réactions sont restées vaines, alimentant les spéculations sur d’éventuels problèmes de financement, de coordination ou de faisabilité technique. Dans un secteur où la confiance des investisseurs et des bailleurs de fonds est primordiale, ce silence est contre-productif. Il sape les efforts de planification et décourage les partenariats potentiels, essentiels pour achever des infrastructures de cette envergure.

Les conséquences économiques de ce retard sont palpables. L’énergie est le carburant de toute activité productive. Sans un approvisionnement stable et accru, les entreprises de Kananga peinent à se développer, les créations d’emplois stagnent, et la croissance régionale reste atone. Le projet énergétique en RDC que représente Mbombo était censé irriguer l’économie locale, permettant notamment de soutenir les petites et moyennes entreprises, d’améliorer les services publics comme la santé et l’éducation, et d’attirer de nouveaux investissements. Chaque mois de retard équivaut à une perte d’opportunités pour des milliers de ménages et d’acteurs économiques.

À plus long terme, cette situation pose la question de la gouvernance des grands projets d’infrastructure en République Démocratique du Congo. Le pays dispose d’un potentiel hydroélectrique immense, mais sa concrétisation se heurte souvent à des écueils administratifs, financiers ou logistiques. Pour éviter que la centrale hydroélectrique de Mbombo ne rejoigne la liste des chantiers inachevés, une impulsion politique forte et un suivi rigoureux sont nécessaires. Les autorités provinciales et nationales doivent exiger des comptes de l’ANSER et garantir une communication régulière sur l’état d’avancement. La société civile, à travers des organisations comme LUCHA, joue un rôle essentiel de veille et de plaidoyer pour que l’intérêt général prévale.

En définitive, le barrage de Mbombo est à la croisée des chemins. Soit les parties prenantes parviennent à redynamiser le chantier, en levant les obstacles et en restaurant la confiance, soit le projet s’enlise davantage, avec des coûts qui pourraient augmenter et des délais encore repoussés. L’électrification du Kasaï-Central, et par extension d’une partie de la RDC, ne peut se permettre un échec. Il est temps que la transparence de l’ANSER devienne une réalité et que ce retard dans les travaux du barrage au Kasaï-Central soit rapidement comblé. L’avenir énergétique de la région en dépend, et avec lui, les perspectives de développement de toute une population.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

Commenter
Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 10 Février 2026

Entre crise à l’Est, poursuite du dialogue intercongolais, envolée du prix du ciment et alerte humanitaire à Mwenga, la journée du 10 février 2026 aura été marquée par les violences, les tensions sociales, des défis économiques, et l’actualité politique. Retrouvez l’essentiel de l’actu RDC analysée en 3 minutes sur CongoQuotidien.com.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques