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Fungurume sous les eaux : le gouvernement provincial face à l’urgence humanitaire

Une fois de plus, la nature rappelle sa force dévastatrice. Des pluies diluviennes se sont abattues avec une rare intensité sur la commune de Fungurume, dans la province du Lualaba, transformant rues et quartiers en torrents de boue. Le bilan est lourd, dramatique, et vient s’ajouter au long registre des catastrophes naturelles en RDC. Plus de 600 ménages sont aujourd’hui sans abri, leurs vies bouleversées en un instant, leurs biens engloutis par des eaux furieuses qui n’ont laissé que désolation sur leur passage.

Les quartiers Mwelapende et Dipeta, situés en bordure de la rivière du même nom, ont été les premiers balayés. Sur l’avenue Inamizi, le spectacle est apocalyptique : des maisons, littéralement arrachées de leurs fondations, gisent comme des coques vides. La rivière Dipeta, sortie de son lit, a tout emporté sur son passage, n’épargnant ni le modeste habitat ni les souvenirs d’une vie. Des centaines de personnes, dont des enfants et des personnes âgées, se retrouvent à la rue, condamnées à dormir à la belle étoile dans un ciel pourtant menaçant. La détresse est palpable, l’urgence, absolue.

Face à cette catastrophe naturelle d’une ampleur inquiétante, le gouvernement provincial a rapidement dépêché une mission d’évaluation sur le terrain. Composée des ministres Jean-Pierre Kalenga, Pitshou Kainda Kasela et Moïse Mukepe, la délégation s’est rendue au contact direct des sinistrés pour constater l’étendue des dégâts. Les promesses ont suivi : un site de relocalisation sera rapidement identifié pour accueillir les familles affectées. Une prise en charge incluant hébergement d’urgence, assistance humanitaire et réinstallation progressive a été annoncée. Mais au-delà de l’aide immédiate, un message fort a été envoyé.

Le gouvernement provincial a décrété la tolérance zéro pour les constructions dans les zones non aedificandi. Les habitations érigées à moins de 50 mètres de la rivière devront être reculées, sous peine de démolition. Cette décision, aussi radicale soit-elle, pose une question fondamentale : jusqu’à quand continuerons-nous à construire en défiant les lois de la nature et du bon sens ? Ces inondations à Fungurume ne sont-elles pas, aussi, le résultat d’une urbanisation anarchique et d’un mépris des zones à risques ?

Les visites de la délégation ont également révélé l’impact désastreux sur les infrastructures vitales. Des écoles comme Maendeleo et El Shadael ont vu leurs salles de classe envahies par les eaux, contraignant à la fermeture et privant ainsi les enfants de leur droit à l’éducation. Le centre de santé Uzima, pourtant essentiel dans une période où les maladies hydriques menacent, est lui aussi partiellement inondé. Chaque structure touchée est un maillon essentiel de la communauté qui se brise, compliquant un peu plus la résilience des populations.

En attendant des solutions durables, c’est dans la salle Lupeto de l’église catholique que de nombreuses familles trouvent un abri précaire. Cet élan de solidarité, bien que nécessaire, ne doit pas masquer la vulnérabilité systémique exposée par ces intempéries. Les pluies diluviennes à Kolwezi et ses environs ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur fréquence et leur intensité semblent s’accroître, interrogeant notre préparation collective face aux dérèglements climatiques.

Alors, que retenir de ce drame qui frappe les sinistrés du Lualaba ? Il est impératif de passer de la réaction à l’anticipation. Les annonces du gouvernement concernant le respect des servitudes non aedificandi doivent être appliquées avec rigueur et transparence. Au-delà des secours d’urgence, un plan d’aménagement du territoire et de gestion des risques climatiques s’impose. La forêt en détresse et les rivières en furie nous envoient un signal d’alarme qu’il est désormais impossible d’ignorer. La résilience des populations face à ces catastrophes naturelles passe par des décisions courageuses et une gouvernance proactive. Le temps n’est plus aux constats amers, mais à l’action résolue pour protéger les vies et les biens des Congolais.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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