Le football congolais est sous le choc ! Dans un mouvement sans précédent, la Ligue nationale de football (LINAFOOT) a décidé de mettre un coup de frein brutal à l’effervescence sportive de la capitale. Ce lundi 9 février, à l’issue d’une réunion stratégique haute en tension, l’instance dirigeante a annoncé la suspension immédiate de tous ses matches à Kinshasa jusqu’à nouvel ordre. Une décision radicale qui plonge le championnat dans l’incertitude et envoie un message clair à tous les acteurs du football national.
Cette mesure, lourde de conséquences, n’est pas tombée du ciel. Elle fait suite à une série noire d’incidents ayant dégradé les infrastructures sportives de l’État. Le point de non-retour a été atteint avec la fermeture du stade Tata Raphaël par le ministre des Sports, un geste fort qui a sonné comme un ultimatum. La réunion de crise a rassemblé les plus hautes autorités : le ministre des Sports en personne, le Secrétariat général aux Sports, les gestionnaires des stades, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) et la commission de gestion de la LINAFOOT. Face à la recrudescence du vandalisme dans les stades de RDC, l’unanimité s’est faite autour de la nécessité d’un arrêt net.
Mais que s’est-il donc passé pour en arriver là ? Comment le football, cette passion nationale, a-t-il pu être frappé en plein cœur par de tels actes de saccage ? Les parties prenantes dénoncent des épisodes répétés de destruction qui ont transformé certains enceintes en véritables champs de ruines. Ces actes ne portent pas seulement atteinte au patrimoine sportif ; ils sapent les fondements mêmes de la compétition et mettent en péril la sécurité des supporters et des joueurs. La Linafoot, garante de la régularité du championnat, ne pouvait rester les bras croisés. L’arrêt du championnat dans la capitale est un signal d’alarme puissant lancé à toute la nation footballistique.
Cet arrêt n’est toutefois pas conçu comme une fin en soi, mais comme un temps mort nécessaire pour reconstruire sur des bases saines. Les responsables se sont accordés sur le principe d’une reprise des rencontres à Kinshasa, mais celle-ci sera conditionnée à une évaluation rigoureuse de la situation et, surtout, à l’obtention de garanties de sécurité solides. Chaque club évoluant dans la zone B devra désormais signer un acte d’engagement officiel. Ce document aura force de loi : il exposera directement les signataires à des sanctions sévères en cas de récidive de leurs supporters ou de dégradations. Une manière de responsabiliser les dirigeants et de les mettre face à leurs obligations.
Dans un communiqué, la commission de gestion de la LINAFOOT a confirmé une reprise imminente des activités dans la ville-province de Kinshasa, promettant d’agir « dans les meilleurs délais ». Les nouvelles dates des rencontres seront communiquées aux équipes concernées une fois que le feu vert sécuritaire sera donné. Cette pause forcée doit être l’occasion d’une prise de conscience collective. Le football congolais peut-il se permettre de voir ses temples souillés ? La passion des tribunes justifie-t-elle la destruction des infrastructures qui les abritent ?
L’enjeu dépasse largement le simple report de quelques matches. Il s’agit de préserver l’avenir du sport roi en République Démocratique du Congo. La sécurité des infrastructures sportives au Congo est un pilier non négociable pour le développement d’un football sain et professionnel. Cette crise, si elle est gérée avec fermeté et dialogue, pourrait marquer un tournant. Elle offre une chance de repartir sur de nouvelles bases, où le respect des biens publics et la sécurité seront érigés en priorités absolues. Le monde du football kinsois retient son souffle, dans l’attente d’un redémarrage qui, on l’espère, sonnera le glas des comportements destructeurs. La balle est désormais dans le camp des clubs et de leurs supporters.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
