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Paludisme en RDC : l’urgence d’un financement durable face à 30 millions de cas

Près de trente millions de cas de paludisme ont été enregistrés en République Démocratique du Congo en 2024. Ce chiffre, livré par le Programme National de lutte contre le paludisme (PNLP), donne la mesure du défi colossal auquel le pays reste confronté. Face à cette réalité, une alliance d’acteurs majeurs – le consortium Rotary, World Vision et PATH, en partenariat avec le Ministère de la Santé – a organisé une conférence décisive. L’objectif ? Transformer la lutte contre cette maladie endémique en une priorité de développement national financée de manière pérenne.

Le projet au cœur des discussions, le « Défi du Rotary pour des Collectivités en Bonne Santé » (RHCC), n’est pas une simple initiative de plus. Imaginé pour durer trois ans (2024-2027), il cible spécifiquement les enfants de moins de cinq ans et les zones enclavées, souvent oubliées des systèmes de santé classiques. Son ambition est de prendre en charge les maladies courantes qui font des ravages : la diarrhée, la pneumonie, la malnutrition aiguë et, bien sûr, le paludisme en RDC. Mais comment garantir l’efficacité d’un tel projet sans un soutien financier stable et une implication profonde des institutions ?

« Cette conférence n’a pas été un simple événement, mais plutôt un appel à l’action collectif », a déclaré avec force Gaston Mutamba, Président de la commission Nationale RHCC. Le message du Rotary RDC santé est clair : il ne s’agit plus seulement de financer des actions ponctuelles, mais de « bâtir des systèmes durables ». Une vision partagée par tous les partenaires du projet RHCC. L’analogie est parlante : si les moustiquaires et les médicaments sont les boucliers contre le parasite, un financement national robuste et transparent en est le système immunitaire. Sans lui, toute avancée reste fragile.

Derrière le chiffre effarant des 30 millions de cas se cache une tragédie humaine détaillée : plus de 24 millions de cas simples, près de 2,8 millions de cas graves, et 21 260 décès. Chacun de ces nombres représente une famille touchée, une communauté affaiblie. La lutte contre le paludisme ne peut donc se contenter d’une approche curative. C’est tout le sens de la santé communautaire promue par le RHCC, qui place les leaders locaux, les jeunes, les femmes et les organisations de la société civile au premier plan pour la prévention et la sensibilisation. Ne sont-ils pas les mieux placés pour comprendre les réalités du terrain et faire la promotion des bons gestes ?

L’appel lancé aux autorités nationales et locales est concret et pressant. Il repose sur trois piliers : allouer des ressources spécifiques aux programmes comme le RHCC, ériger la lutte contre le paludisme au rang de priorité absolue de l’agenda national de développement, et, point crucial, créer un fonds transparent et multipartite. Ce fonds aurait une mission vitale : garantir le fonctionnement et la motivation des agents de santé communautaires, ces héros souvent bénévoles qui sont les premiers et parfois les seuls recours dans des villages isolés.

La réussite de ce combat exige un dialogue multisectoriel. Banquiers, décideurs politiques, responsables sanitaires et représentants de la société civile doivent désormais parler le même langage, celui de l’investissement dans le capital humain. Chaque franc investi dans la prévention du paludisme en RDC est un gain futur en productivité, en scolarisation et en bien-être. Le projet RHCC se présente ainsi comme un laboratoire d’innovations et un catalyseur pour ce nouveau modèle de financement.

En conclusion, le chemin vers l’élimination du paludisme en RDC est encore long, mais il est balisé. La conférence a posé les bases d’une mobilisation plus structurée. L’action recommandée est à la portée des décideurs : prioriser, allouer, et superviser de manière transparente. Pour le citoyen, la vigilance reste de mise. Connaître les symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures), utiliser une moustiquaire imprégnée dès la tombée de la nuit, et consulter rapidement en cas de doute sont des réflexes qui sauvent. La bataille se gagnera par une alliance indéfectible entre une volonté politique ferme, des financements durables, et l’engagement de chaque communauté et chaque famille. L’appel est lancé. La réponse déterminera le visage de la santé publique congolaise pour les décennies à venir.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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