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PABEA-Cobalt en RDC : 13 587 enfants retirés des mines, le projet en manque de fonds

La République Démocratique du Congo enregistre une avancée concrète et chiffrée dans l’épineux dossier du travail des enfants dans les mines de cobalt, avec le retrait et la réintégration scolaire de 13 587 enfants. Ce résultat, présenté comme un signal fort sur la scène internationale lors du récent Forum économique mondial de Davos, est porté par le projet PABEA-Cobalt Lualaba. Cependant, cette lueur d’espoir est aujourd’hui assombrie par des difficultés financières qui menacent la pérennité des actions engagées, poussant les responsables à lancer un appel urgent au financement de la BAD en RDC et au gouvernement congolais.

Richie Lontulungu, secrétaire technique adjoint de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), de retour de Suisse, a tiré la sonnette d’alarme. Il a en effet exhorté le ministre congolais des Finances, Doudou Fwamba, et la Banque africaine de développement (BAD) à veiller à l’allocation des fonds nécessaires au projet à ce stade charnière. « Il est impératif de consolider les résultats obtenus et de maintenir la dynamique observée dans le monde entier en faveur du cobalt congolais », a-t-il insisté. Cet appel souligne la vulnérabilité d’une initiative pourtant saluée internationalement et dont la continuité est essentielle pour transformer l’essai en une politique durable.

La présentation de ces résultats à Davos a été accueillie avec un enthousiasme notable. Le retrait de milliers d’enfants des sites d’extraction artisanale constitue un message puissant envoyé aux investisseurs et aux consommateurs mondiaux, de plus en plus soucieux de l’éthique dans leurs chaînes d’approvisionnement. Pour les experts en politiques sociales présents, cette action traduit une volonté politique réelle de placer la lutte contre l’exploitation des mineurs au cœur des priorités nationales. Toutefois, ces mêmes analystes rappellent que la durabilité de ce succès reste conditionnée à deux facteurs clés : l’accès à une éducation de qualité pour ces enfants et la disponibilité d’alternatives économiques viables pour leurs familles. Sans cela, le risque de retour à la mine reste une épée de Damoclès.

Concrètement, le projet PABEA-Cobalt, financé par la BAD et encadré par le ministère des Affaires sociales via le Fonds national de promotion et de services sociaux (FNPSS) à Kolwezi, dépasse la simple action de retrait. Il s’attaque aux racines socio-économiques du problème. Outre la construction d’écoles et d’hôpitaux dans les zones minières ciblées, le projet a érigé deux centres économiques majeurs dédiés à l’entrepreneuriat des jeunes dans l’agro-business. Ces pôles visent à transformer le potentiel agricole des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, offrant ainsi des perspectives de revenus alternatives aux communautés dépendantes de l’extraction minière. Cette approche holistique est fondamentale pour ancrer le changement et réduire structurellement la pauvreté.

L’enjeu économique sous-jacent est colossal. La RDC, qui fournit environ 70% du cobalt mondial, un métal critique pour les batteries de véhicules électriques, cherche à redorer l’image de sa production. La demande pour un cobalt éthique RDC est en forte hausse, portée par les législations occidentales sur le devoir de vigilance. Les résultats tangibles du PABEA-Cobalt servent ainsi de vitrine commerciale et de levier de négociation. D’ailleurs, à Davos, plusieurs chefs d’entreprise ont manifesté un intérêt accru pour l’ouverture d’échanges commerciaux avec la RDC dans ce secteur, voyant dans ces progrès sociaux un gage de stabilité et de conformité.

Mais cette fenêtre d’opportunité pourrait se refermer si les financements venaient à manquer. Le plaidoyer de Richie Lontulungu met en lumière la tension permanente entre les ambitions affichées et les moyens alloués. La consolidation du projet PABEA-Cobalt Lualaba n’est pas seulement une question de droits humains ; c’est un investissement stratégique pour l’avenir économique du pays. Un arrêt ou un ralentissement du projet enverrait un signal désastreux aux partenaires internationaux et risquerait de saper la confiance patiemment construite. Le gouvernement congolais et la BAD se trouvent donc à un carrefour : continuer à investir dans la valorisation sociale et éthique de leur cobalt, ou voir les efforts actuels s’éroder et avec eux, la crédibilité du pays sur le marché mondial des minerais stratégiques.

À long terme, la durabilité du secteur minier congolais passera inévitablement par sa capacité à se mettre en conformité avec les standards internationaux en matière sociale et environnementale. Le projet PABEA-Cobalt en est une pierre angulaire. Son financement pérenne représente donc bien plus qu’une ligne budgétaire ; c’est le socle sur lequel la RDC peut bâtir une économie minière plus inclusive, plus responsable et, in fine, plus compétitive. La balle est désormais dans le camp des décideurs financiers. Saurent-ils saisir l’importance de ce moment pour transformer l’essai et faire de la RDC un leader incontesté du cobalt propre et éthique ?

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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