Dans un revirement diplomatique notable, la République démocratique du Congo, l’Angola et la Namibie se sont déclarées prêtes à faciliter le retour de leurs ressortissants en situation irrégulière sur le territoire britannique. Cette décision fait suite à des pressions soutenues de Londres, qui avait brandi la menace de suspendre la délivrance de visas aux citoyens congolais en particulier. Le gouvernement de Shabana Mahmood, secrétaire d’État britannique à l’Intérieur, présente cet accord comme une victoire cruciale pour son programme de maîtrise des frontières. Mais à quel prix cette coopération a-t-elle été obtenue et quelles en sont les implications pour les migrants irréguliers RDC ?
Le contexte de cet accord migration Angola Namibie et RDC plonge ses racines dans une escalade des tensions fin 2023. Le Royaume-Uni avait alors explicitement menacé Kinshasa de mesures de rétorsion, évoquant une possible visas RDC suspension totale, en raison d’une coopération jugée insuffisante sur les dossiers de rapatriement. Face à cette ultimatum, des canaux de diplomatie migration internationale RDC ont été activés en urgence, menant à des concertations techniques entre experts congolais et britanniques. Pour la RDC, l’enjeu était double : préserver l’accès de ses citoyens au territoire britannique tout en affirmant sa souveraineté dans la gestion des flux migratoires.
Les déclarations officielles des deux camps illustrent des perspectives différentes. Le Home Office britannique a salué sur les réseaux sociaux « un grand pas en avant pour rétablir l’ordre ». De son côté, le gouvernement congolais, par la voix de son ministère de la Communication, a insisté sur le caractère « concerté » du processus et son ancrage dans le respect des droits humains et des législations nationales. Kinshasa a rappelé avec fermeté qu’aucune expulsion ne pourrait avoir lieu en cas de doute sur l’identité d’une personne, posant ainsi des garde-fous juridiques au retour migrants RDC Royaume-Uni. Cette nuance est capitale et démontre la complexité des négociations en coulisses.
Concrètement, des équipes mixtes impliquant le ministère congolais des Affaires étrangères et la Direction générale de la migration (DGM) planchent avec leurs homologues britanniques sur des mécanismes d’identification et des procédures de retour « durables, efficaces et mutuellement acceptables ». L’objectif est d’éviter les expulsions arbitraires et de s’assurer que chaque cas soit traité individuellement. Cette approche technique contraste avec le discours politique britannique qui met en avant des chiffres records d’éloignements, la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper affirmant avoir « renvoyé plus de 50 000 personnes » depuis juillet dernier.
Sur le plan géopolitique, cet épisode s’inscrit dans la vaste réforme du système d’asile britannique, qui prévoit un statut de réfugié temporaire et la promotion de voies d’entrée légales strictement contrôlées. Pour le Royaume-Uni, obtenir la coopération de pays africains est un pilier de cette stratégie. Pour la RDC, la Namibie et l’Angola, il s’agit d’un exercice d’équilibre délicat entre la préservation de relations diplomatiques essentielles et la défense des droits de leurs citoyens à l’étranger. Les risques de voir les menaces de restrictions de visas utilisées comme un levier récurrent dans ce type de négociations sont réels.
À plus long terme, la question se pose de savoir si cette coopération renforcée ouvrira la voie à une gestion plus structurée et prévisible des flux migratoires entre l’Afrique centrale et le Royaume-Uni, ou si elle crée un précédent où la coercition l’emporte sur le dialogue. La vigilance des sociétés civiles et des défenseurs des droits des migrants sera cruciale pour s’assurer que les engagements sur le respect des procédures et des droits fondamentaux soient scrupuleusement tenus. L’efficacité et l’équité des mécanismes techniques actuellement en discussion détermineront largement l’héritage de cet accord migration Angola Namibie élargi à la RDC.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
