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Nord-Kivu : La société civile et la MONUSCO unissent leurs forces pour la paix à Beni

« En tant que Congolais et Congolaises, nous devons connaître ces accords, en comprendre le contenu et accompagner notre gouvernement, car ce sont des accords de paix qui serviront à la restauration de la paix dans notre pays. » Cette conviction, portée par le Dr Joselyne Kahambu, membre d’associations féminines de Lubero, résume l’essence de l’atelier qui vient de s’achever à Beni. Pendant deux jours, la cité au cœur des tourments du Nord-Kivu a vibré au rythme d’une réflexion collective sur l’avenir. Près de soixante acteurs clés de la société civile, des autorités locales et des parlementaires, venus de Beni, Butembo et Lubero, se sont réunis à l’initiative de la MONUSCO. Leur mission ? Forger des alliances concrètes pour soutenir la stabilisation de cette région meurtrie par des années de violence. La présence de la société civile congolaise, déterminée et informée, se révèle-t-elle être le chaînon manquant dans les fragiles processus de paix en RDC ?

Organisé par la section des Affaires civiles de la MONUSCO, cet atelier paix à Beni a dépassé le simple cadre théorique. Il s’est agi d’un véritable laboratoire d’idées et d’engagement. Les participants ont pu approfondir leur compréhension du mandat de la mission onusienne, souvent méconnu ou déformé. Dans un contexte où la désinformation devient une arme de guerre, cette clarification était cruciale. Comment construire une paix durable si les fondements mêmes de l’action des partenaires sont brouillés par la rumeur ? L’accent a également été mis sur la protection des civils, une préoccupation constante dans le Nord-Kivu où les populations vivent dans l’angoisse permanente. Cet échange a permis de déconstruire les préjugés et de jeter les bases d’une collaboration plus transparente entre la MONUSCO et la société civile locale.

L’engagement ne s’est pas arrêté aux bonnes intentions. À l’issue des travaux, les participants ont signé un acte d’engagement, se promettant de s’approprier et de vulgariser les contenus des différents processus de paix en RDC. Le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Jean-Louis Karawa, présent à la clôture, a insisté sur la portée de ce document. « L’acte d’engagement signé doit être plus qu’un simple document : il doit servir de feuille de route guidant les attitudes de chacun pour un avenir meilleur », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité absolue de renforcer le dialogue pour bâtir la cohésion sociale. Cette cohésion sociale dans le Nord-Kivu est-elle l’unique rempart contre la fragmentation de la région ? Les paroles du vice-gouverneur résonnent comme un appel à transformer les promesses en actes concrets, à passer des déclarations de principe à l’action quotidienne dans les quartiers et les villages.

Pour garantir que les leçons de cet atelier ne restent pas confinées entre quatre murs, un dispositif pratique a été mis en place. Des séances de restitution seront organisées prochainement par la société civile au sein des communautés de Beni, Butembo et Lubero. L’objectif est clair : faire des participants des relais actifs, des ambassadeurs de la paix auprès de leurs concitoyens. Cette démarche de proximité est essentielle pour ancrer les concepts de paix et de dialogue dans le réel, loin des salles de conférence. Le travail de la MONUSCO avec la société civile prend ici tout son sens : il ne s’agit plus d’un appui vertical, mais de la construction d’un réseau horizontal de citoyens engagés. La stabilisation de Beni et de sa région passe nécessairement par cette éducation populaire et cette appropriation collective des enjeux.

Cet atelier l’a démontré avec force : la paix ne se décrète pas, elle se construit pas à pas, par la confiance et le dialogue renouvelé entre tous les acteurs. Dans l’est de la République Démocratique du Congo, où les cycles de violence semblent parfois sans fin, de telles initiatives sont des bouffées d’oxygène. Elles rappellent que, derrière les rapports stratégiques et les négociations politiques, il y a des hommes et des femmes déterminés à changer le cours des choses dans leur communauté. Le succès de ce processus de paix en RDC dépendra de la capacité à multiplier ces espaces de rencontre et à transformer l’essai sur le terrain. L’espoir, ténu mais bien présent, réside dans cette alliance nouvelle entre les institutions, la société civile et la population, seule capable de jeter les bases d’une cohésion sociale durable et d’une paix véritable.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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