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RDC sous l’emprise du smartphone : L’appel pressant pour un ‘désintox’ numérique

Imaginez une journée entière sans consulter votre écran, sans scroller, sans répondre à une notification. Pour beaucoup de Congolais, ce simple scénario relève du défi insurmontable. Alors que s’ouvrent les journées mondiales sans téléphone portable, du 6 au 8 février, une question brûlante se pose dans nos foyers, nos écoles et nos rues de Kinshasa à Goma : sommes-nous devenus les esclaves de nos propres appareils ?

« Il est nécessaire de reprendre le contrôle. » La sentence du journaliste et responsable de la plateforme Parole Écrite, Barick Buema, résonne comme un avertissement salutaire. Lui-même reconnaît son addiction au smartphone, un aveu qui en dit long sur l’ampleur du phénomène. Son constat est sans appel : le téléphone portable, outil de connexion devenu extension de nous-mêmes, a phagocyté nos interactions, notre temps, et parfois même, notre santé mentale.

La situation en République Démocratique du Congo n’échappe pas à cette emprise mondiale. L’explosion de l’accès à internet mobile a révolutionné la communication, mais a aussi importé ses travers. Combien de repas familiaux sont ponctués du son des notifications ? Combien de réunions voient les regards plongés dans la lueur bleutée des écrans plutôt que dans les yeux des interlocuteurs ? Cette addiction au smartphone, sournoise et progressive, grignote le lien social, pourtant si précieux dans notre culture.

Face à ce constat, Barick Buema lance un plaidoyer crucial : celui de l’éducation numérique RDC. « Dès le primaire, il est essentiel de sensibiliser aux effets du sur-usage du téléphone : fatigue mentale, baisse de concentration, troubles du sommeil, entre autres », affirme-t-il. L’enjeu est de taille. Il ne s’agit pas de diaboliser la technologie, mais d’apprendre à nos enfants, et à nous-mêmes, à en faire un usage responsable et éclairé. Cela passe par la gestion du temps d’écran, le développement d’un esprit critique face au flux continu des réseaux sociaux et la protection des données personnelles, un sujet plus que jamais d’actualité.

Mais comment concrètement instaurer un meilleur équilibre ? Le retrait total, souvent irréaliste, n’est pas la seule solution. Barick Buema prône plutôt l’instauration de sanctuaires sans téléphone. Des moments sacralisés où l’appareil est banni. « Cela pourrait inclure des repas en famille sans interruption, des réunions où les téléphones seraient éteints ou éloignés, ainsi que des classes, des cultes ou des événements publics où le téléphone serait complètement exclu », suggère-t-il. Le message est clair : la responsabilité est collective. Parents, enseignants, responsables religieux, journalistes et leaders d’opinion doivent montrer l’exemple. « Un adulte accro à son téléphone ne peut pas convaincre un jeune d’en faire un usage responsable », prévient-il avec justesse.

Des outils pratiques existent pour entamer cette « désintox ». Activer le suivi du temps d’écran pour prendre conscience de la durée réelle d’utilisation, configurer des alertes, utiliser rigoureusement le mode « Ne pas déranger » et faire le tri drastique dans les notifications sont des premiers pas accessibles à tous. Ces journées sans téléphone portable sont l’occasion parfaite d’expérimenter ces bonnes pratiques.

Le véritable défi, cependant, réside peut-être dans ce qui doit remplir le vide laissé par l’absence du téléphone. Que faire de ce temps retrouvé ? Barick Buema encourage à renouer avec des activités enrichissantes et structurantes pour le lien social : la lecture, le sport, les jeux de société, la musique ou encore l’engagement dans des activités culturelles et communautaires. « Il est également important de valoriser les échanges en présentiel, plutôt que de se contenter de discussions virtuelles », conclut-il. Retrouver le plaisir d’une conversation sans interruption, d’un rire partagé sans filtre numérique, d’un moment de pure présence.

Ces journées sont donc bien plus qu’un simple événement citoyen. Elles sont un miroir tendu à notre société congolaise en pleine transformation numérique. Un appel à la réflexion et à l’action pour ne pas laisser la technologie, aussi utile soit-elle, dicter le rythme de nos vies et altérer la qualité de nos relations humaines. La quête d’un usage responsable du téléphone est un chemin personnel, mais aussi un impératif collectif pour préserver notre bien-être et notre humanité partagée. L’alerte est lancée. À nous maintenant d’éteindre nos écrans, ne serait-ce que pour quelques heures, et de nous reconnecter à l’essentiel.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Eventsrdc

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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