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Condamnation à mort à Kisangani pour un militaire ayant tiré sur des étudiants

Une lourde condamnation capitale a été prononcée par la justice militaire ce vendredi à Kisangani. Le Tribunal militaire de Garnison de la ville a, à l’issue d’un procès en procédure de flagrance, condamné à la peine de mort le 1er Sergent-major Litombo Masumi Ange. La tentative de meurtre, acte central de cette affaire judiciaire complexe, a été retenue comme le principal chef d’accusation justifiant cette sentence extrême, a déclaré le président du tribunal.

Outre cette condamnation à mort, le militaire a écopé de lourdes peines de servitude pénale pour une série de crimes connexes. Le verdict inclut dix ans pour menace d’attentat, cinq ans pour destruction méchante, dix ans pour violation de consigne et dix autres années pour dissipation des munitions de guerre. La multiplicité des qualifications illustre la gravité des faits reprochés au prévenu, dans une affaire qui a profondément secoué la communauté estudiantine de Kisangani.

Les événements remontent au mardi 3 février dernier. Selon les éléments du réquisitoire du ministère public, le 1er Sergent-major a, ce jour-là, effectué plusieurs décharges d’arme à feu, neuf tirs selon l’accusation, en direction des établissements d’enseignement Malikiah. Cette fusillade a eu des conséquences immédiates et dramatiques, blessant à la main gauche un étudiant présent dans un auditoire. Des projectiles ont également endommagé un véhicule appartenant à la partie civile, touchant un pneu et un phare.

Comment un militaire affecté à la sécurité de l’aéroport international de Bangboka, dans le cadre de la défense contre des drones, a-t-il pu se retrouver à semer la terreur dans une institution académique ? L’enquête a révélé que le condamné avait quitté son poste de service sans la moindre autorisation, ni même en informant sa hiérarchie. Son supérieur direct, entendu comme témoin renseignant par la justice militaire, a confirmé cet abandon de poste, élément déterminant dans la qualification de violation de consigne.

La genèse du drame prend racine dans un conflit foncier privé. La veille des faits, le lundi, le militaire s’était présenté au domicile d’un certain Éric Mbuyi, proférant des menaces à son encontre. Litombo Masumi Ange l’accusait d’occuper illégalement une parcelle lui appartenant. C’est, selon les arguments développés par l’avocat de la partie civile, dans un esprit de revanche que le sergent-major s’est rendu le lendemain au domicile de M. Mbuyi pour y tirer des balles. La configuration des lieux a conduit la violence à déborder sur l’université Malikiah, les deux bâtiments se situant sur la même parcelle, exposant ainsi des civils et des étudiants à un danger mortel.

Ce verdict du tribunal militaire de Kisangani intervient dans un contexte où la justice congolaise, et particulièrement sa branche militaire, est régulièrement scrutée sur sa capacité à juger les siens. La sévérité de la sentence, combinant peine capitale et décennies de servitude pénale, envoie-t-elle un signal fort contre l’usage illégal de la force par les membres des FARDC ? Les magistrats militaires ont, en tout état de cause, considéré que la préméditation, l’abandon de poste et les conséquences sur des civils innocents constituaient un ensemble de circonstances aggravantes justifiant leur décision.

L’affaire Litombo Masumi met en lumière les tensions parfois explosives entre propriétés foncières et usage des armes par des personnels militarisés. Elle soulève également des questions sur le contrôle interne et la discipline au sein des unités déployées, notamment celles en charge de missions sensibles comme la protection d’infrastructures aéroportuaires contre des menaces contemporaines. Le condamné, quant à lui, dispose, conformément au code de justice militaire, d’un délai pour interjeter appel de ce jugement devant une instance supérieure. La procédure judiciaire n’est donc peut-être pas totalement achevée, laissant place à d’éventuels nouveaux développements dans ce dossier qui mêle conflit personnel, faillite disciplinaire et violence armée en milieu civil.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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