Dans un acte de fermeté politique, l’Assemblée provinciale de la Tshopo a brandi, ce mercredi 4 février 2026, un pavillon rouge contre ce qu’elle qualifie de menace terroriste proférée par Corneille Nangaa, le coordonnateur de la rébellion AFC. Cette dénonciation officielle, par le biais d’un communiqué cinglant, révèle-t-elle la fragilité du calme apparent dans l’Est de la République Démocratique du Congo ? Ou au contraire, illustre-t-elle la détermination des institutions locales face aux tentatives récurrentes de déstabilisation ? Les propos incriminés, diffusés sur les réseaux sociaux, seraient rien moins qu’une déclaration de guerre psychologique contre Kisangani, ville martyre mais résiliente.
L’organe délibérant n’y va pas par quatre chemins : il s’agit de menaces graves, assumées, intégrant des aveux troublants sur l’utilisation potentielle de moyens aériens à caractère terroriste. Cette rhétorique belliqueuse, selon l’Assemblée provinciale Tshopo, ne fait que confirmer l’ancrage de Corneille Nangaa dans une dynamique de rébellion ouvertement au service d’intérêts étrangers. Le spectre du Rwanda, accusé de soutenir la rébellion AFC, plane une fois de plus sur le dossier, ravivant la mémoire collective d’une Kisangani profondément meurtrie par les conflits passés téléguidés de l’extérieur. N’est-ce pas là une stratégie délibérée pour tester les nerfs d’une nation et la cohésion de ses institutions ?
La réaction de l’Assemblée ne se limite pas à une simple condamnation verbale. Elle se transforme en une mise en garde solennelle adressée à toute entité cherchant à intimider ou déstabiliser la province. Le message est clair : aucun acte visant à semer la terreur ne sera toléré, et leurs auteurs, où qu’ils soient, devront répondre de leurs actes devant l’histoire, la justice et le peuple congolais. Cette position ferme est-elle le prélude à une escalade des mesures sécuritaires ou le signe d’une prise de conscience aiguë des risques ? L’hommage appuyé au professionnalisme des Forces armées de la RDC (FARDC) et l’appel à renforcer leur vigilance démontrent une volonté de s’appuyer sur les structures étatiques légitimes.
Fait marquant, l’Assemblée provinciale enroule son soutien autour du président de la République, Félix Tshisekedi, réaffirmant sa confiance dans la conduite de l’État. Ce plaidoyer pour le civisme et la vigilance populaire, couplé à un appel au renforcement de la sécurité autour des sites sensibles de Kisangani – notamment les installations militaires et aéroportuaires –, dessine une stratégie de défense à plusieurs niveaux. La rébellion AFC et son coordonnateur Corneille Nangaa ont-ils sous-estimé la capacité de réponse des institutions congolaises, même à l’échelle provinciale ? La mention explicite du Rwanda soutien rébellion dans le communiqué officiel n’est pas anodine ; elle internationalise le conflit et place Kigali, une fois de plus, sur le banc des accusés dans le théâtre complexe des Grands Lacs.
En définitive, cette sortie musclée de l’Assemblée provinciale de la Tshopo dépasse le cadre d’une simple réaction à des provocations. Elle s’inscrit dans un jeu d’échecs politique où chaque parole pèse. En pointant du doigt Corneille Nangaa et les menaces Kisangani, l’institution provinciale assume un rôle de sentinelle, mais également de porte-voix d’une population lasse des violences cycliques. Le président Tshisekedi saura-t-il transformer cette alerte en une politique coordonnée et efficace pour neutraliser durablement les forces négatives ? L’avenir immédiat de la Tshopo, et peut-être d’une partie de l’Est, se joue dans cette capacité à prévenir toute tentative de sabotage de la paix précaire. La balle est désormais dans le camp de l’exécutif national et des FARDC, dont la réponse opérationnelle sera scrutée à la loupe.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
