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Tensions RDC-Rwanda : Kagame accuse les FDLR et nie tout lien avec les minerais

Lors de l’ouverture du dialogue national « Umushyikirano » à Kigali, le président rwandais Paul Kagame a une fois de plus attribué les tensions persistantes avec la République démocratique du Congo à la présence sur le territoire congolais des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Rejetant catégoriquement les accusations selon lesquelles Kigali serait motivé par l’exploitation des ressources minières ou des visées expansionnistes, il a affirmé que la menace sécuritaire constituait le cœur du différend. Ces déclarations interviennent dans un contexte régional extrêmement tendu, marqué par une recrudescence des combats dans l’est de la RDC et des pressions internationales croissantes sur le Rwanda.

« Le problème que le Rwanda a avec la RDC concerne principalement les FDLR qui y sont présents, ainsi que l’idéologie génocidaire », a déclaré le chef de l’État rwandais. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « prétentions » visant à lier les actions de son pays à une quelconque convoitise des minerais congolais. Pour Kagame, les « mesures défensives » du Rwanda, évoquées « depuis 1994 », sont une réponse directe à une menace existentielle, et non le fruit d’une logique de prédation économique. Cette position ferme soulève une question rhétorique cruciale : comment une menace sécuritaire vieille de trois décennies justifie-t-elle des implications contemporaines dans un conflit voisin ?

Le contexte historique est, en effet, lourd. Les FDLR, composées d’éléments impliqués dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, se sont établies dans l’est de la RDC, y entretenant une instabilité chronique. Cependant, la communauté internationale, via plusieurs rapports d’experts des Nations unies, pointe un acteur différent dans l’escalade récente du conflit : le Rwanda lui-même. Ces rapports accusent Kigali de soutenir militairement le groupe rebelle M23, fournissant entraînement, logistique, matériel et même des combattants. Le Conseil de sécurité de l’ONU a explicitement exigé que le Rwanda cesse tout soutien et retire ses troupes du Congo.

Face à ces accusations internationales, Paul Kagame a adopté un ton virulent. Il a rejeté en bloc l’idée que la guerre en RDC ait été déclenchée par le Rwanda et a accusé les autorités congolaises d’avoir « hébergé et armé » les FDLR, allant jusqu’à affirmer que certains de ces combattants auraient été intégrés à l’armée nationale congolaise. Sur la question des sanctions, il a affirmé ne pas se laisser « étouffer », défiant ainsi la pression diplomatique. « Si nous étions vraiment en RDC pour les minerais, le Rwanda serait cent fois plus riche que ce que nous sommes aujourd’hui », a-t-il lancé, dans une tentative de discréditer les motivations économiques qui lui sont prêtées.

Pourtant, les faits sur le terrain semblent contredire ses dénégations. Les États-Unis, soutenant les conclusions de l’ONU, ont accusé Kigali de « conduire la région vers la guerre » et ont imposé des sanctions ciblées contre des responsables rwandais pour leur rôle présumé dans la crise congolaise. Cette divergence entre le narratif rwandais et les preuves avancées par les mécanismes internationaux de surveillance crée un fossé de crédibilité. Les tensions entre la RDC et le Rwanda ne sont-elles pas alimentées par cette dualité entre un discours sécuritaire et des actions perçues comme agressives ?

La dimension des minerais dans le conflit en RDC reste un sujet épineux. L’est du Congo regorge de ressources précieuses comme l’or, le coltan et l’étain, dont le trafic finance fréquemment les groupes armés. Bien que Kagame nie tout lien, les experts soulignent souvent l’imbrication entre contrôle des mines, financement des rebellions et intérêts économiques transfrontaliers. Le soutien présumé du Rwanda au M23 pourrait donc s’inscrire dans une logique plus complexe, mêlant sécurité nationale et opportunités économiques informelles, une dynamique que les simples démentis peinent à dissiper.

Alors que les accusations internationales contre le Rwanda s’accumulent, la voie de la paix semble de plus en plus étroite. Les pourparlers directs entre Kinshasa et Kigali sont au point mort, chacun campant sur ses positions. La communauté internationale, divisée dans ses approches, peine à imposer une solution durable. Les déclarations de Paul Kagame lors de l’Umushyikirano, loin d’apaiser les craintes, semblent confirmer l’impasse actuelle. L’avenir de la région des Grands Lacs dépendra de la capacité des acteurs à dépasser les récits antagonistes pour s’attaquer aux racines profondes du conflit : l’impunité, la gouvernance des ressources et la nécessité d’une sécurité inclusive. Sans cela, le cycle de la violence et des accusations mutuelles risque de se perpétuer indéfiniment.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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