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RDC : Nathanael Onokomba toujours détenu à Ndolo, ses avocats dénoncent une violation flagrante

La détention prolongée de Nathanael Onokomba, leader du mouvement citoyen « Jeunesse Extra Système », à la prison militaire de Ndolo, cristallise les inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales en République Démocratique du Congo. Son collectif d’avocats a publiquement dénoncé, ce jeudi, une situation qualifiée de « violation flagrante » des droits de leur client, un mois exactement après son arrestation initiale.

Les faits, relatés dans un communiqué de presse circonstancié, indiquent que Nathanael Onokomba a été interpellé le 5 janvier dernier, avant d’être formellement écroué à la prison militaire de Kinshasa-Ndolo le 12 janvier. Depuis cette date, aucune procédure judiciaire substantielle ne semble avoir été engagée, laissant l’intéressé dans un vide juridique que ses défenseurs jugent intolérable. Le collectif exige, par conséquent, sa libération immédiate et sans condition, estimant que le fondement même de sa privation de liberté est dépourvu de base légale solide.

L’unique audition de Nathanael Onokomba, menée le 21 janvier, apporte un éclairage troublant sur les motifs de cette détention prolongée. Selon ses avocats, les interrogateurs se seraient concentrés exclusivement sur des opinions politiques critiques que le leader citoyen avait exprimées sur les réseaux sociaux au cours du mois de juin 2025. Pour la défense, ces prises de parole relèvent sans équivoque du champ de la liberté d’expression, un droit constitutionnellement garanti en RDC. Dès lors, peut-on légitimement justifier un mois de détention en milieu militaire pour des posts sur les réseaux sociaux ? La question, posée par les conseils de l’intéressé, résonne comme un défi lancé aux autorités judiciaires et sécuritaires.

Le principe cardinal du droit pénal, selon lequel la liberté est la règle et la détention l’exception, est au cœur de l’argumentaire des avocats du collectif. Ils rappellent avec force que trente et un jours se sont écoulés sans qu’aucune charge valable n’ait été officiellement retenue contre leur client, et ce, malgré des demandes réitérées de mise en liberté. Ce délai, dans le silence des procédures, est perçu comme une entorse manifeste aux engagements nationaux et internationaux de l’État congolais.

La défense de Nathanael Onokomba pose un ultimatum procédural clair. Si des accusations pénales crédibles existent, elles doivent être portées sans délai devant le juge naturel compétent, dans le cadre d’un procès public, contradictoire et impartial. Dans le cas contraire, le maintien en détention à la prison militaire de Ndolo ne peut être interprété que comme une mesure arbitraire. Les avocats estiment ainsi que la situation actuelle constitue une violation patente non seulement de la Constitution congolaise et des lois nationales, mais aussi des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par la RDC.

Cette affaire dépasse le cas individuel de Nathanael Onokomba et interroge les pratiques en matière de privation de liberté et de respect des droits de la défense. La détention prolongée dans un établissement militaire, sans cadre procédural clair, soulève des inquiétudes légitimes quant à la possibilité pour tout citoyen de contester librement, par la parole, les orientations politiques. L’absence de suite judiciaire donnée au dossier après un mois renforce l’impression d’une instrumentalisation de l’appareil sécuritaire.

Les prochains jours seront décisifs. Soit les autorités judiciaires informent Nathanael Onokomba des charges précises pesant contre lui et le défèrent devant un tribunal, respectant ainsi les standards d’un État de droit. Soit elles persistent dans le silence actuel, alimentant les critiques sur les restrictions à la liberté d’expression en RDC et confirmant les craintes d’une justice sélective. La balle est désormais dans le camp des procureurs et des juges, dont la réaction, ou l’absence de réaction, sera scrutée à la fois par la société civile congolaise et par la communauté internationale observant l’évolution des droits humains dans le pays.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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