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Route nationale 1 délabrée : les camions sacrifient la voirie de Luena

« C’est une véritable hécatombe pour nos rues ! », s’indigne Daric Mwema Kalonda, coordonnateur de la société civile de Luena. Sous le poids des camions, le bitume de cette cité du territoire de Bukama, dans le Haut-Lomami, se fissure, se déchire et disparaît. Chaque jour, des convois de poids lourds détournés de la Route nationale n°1, rendue infranchissable par un ruisseau de dix mètres de large, s’engouffrent dans les avenues résidentielles, transformant le quotidien des habitants en un cauchemar de poussière, de bruit et de danger.

La situation, dénoncée avec force samedi dernier, illustre un problème criant d’infrastructures qui dépasse le simple inconvénient. Les camions, cherchant à éviter l’impasse naturelle sur l’axe principal, ont élu les artères de Luena comme itinéraire bis. La destruction de la voirie urbaine de Luena n’est plus une dégradation lente, mais une accélération visible à l’œil nu. « Il est quasi impossible pour les véhicules de franchir la route à ce niveau. C’est ainsi qu’ils empruntent les avenues de la cité pour éviter cet obstacle, ce que nous déplorons », explique M. Kalonda, soulignant l’absurdité d’une situation où la défaillance d’un axe majeur sacrifie les voies secondaires.

Mais que révèle ce détournement massif de camions poids lourds à Bukama ? Au-delà de l’usure prématurée du tissu urbain, c’est toute la sécurité et la quiétude des riverains qui sont piétinées. Les écoles, les marchés, les habitations se retrouvent sur le passage de ces géants de métal, exposant particulièrement les enfants et les personnes âgées. Comment une telle dérive a-t-elle pu s’installer dans la durée sans intervention ferme ? La question hante les membres de la société civile du Haut-Lomami, qui voient dans cette négligence un symptôme d’un abandon plus large des zones périphériques.

Face à l’inaction des pouvoirs publics, la solidarité citoyenne tente de prendre le relais. Chaque semaine, grâce au traditionnel « salongo », les habitants se mobilisent pour curer et assainir manuellement l’avenue du Fleuve Congo, l’une des plus affectées. Cet élan communautaire, aussi louable soit-il, peut-il suffire à contenir le fléau causé par des engins de plusieurs tonnes ? Le contraste est saisissant entre l’énergie dépensée par la population et l’immobilisme apparent des autorités compétentes.

Cet immobilisme interroge d’autant plus qu’un poste de péage est bien érigé sur la Route nationale 1 délabrée. « Nous ne comprenons pas pourquoi les autorités ne parviennent pas à réhabiliter la portion délabrée de cet axe routier », s’interrogent les activistes locaux. Où va l’argent collecté ? Pourquoi n’est-il pas réinvesti d’urgence dans la réparation de l’obstacle qui génère justement ce chaos urbain ? Cette opacité nourrit la défiance et alimente le sentiment d’injustice chez des citoyens qui paient deux fois : en taxes et en qualité de vie dégradée.

L’état de la Route nationale 1 à la hauteur de Luena n’est malheureusement pas un cas isolé en République Démocratique du Congo. Elle symbolise le défi colossal de la réhabilitation des routes en RDC. Ces axes, vitaux pour l’économie et la cohésion sociale, se meurent par endroits, obligeant les usagers à des détours périlleux qui reportent la pression sur des infrastructures non conçues pour la supporter. Le cas de Luena est un avertissement clair : la négligence des grands réseaux a un coût social direct et immédiat sur les communautés locales.

Quel avenir pour Luena si rien n’est fait ? La cité risque de se retrouver isolée, ses voies de desserte internes anéanties, et sa population exposée à des risques permanents. L’appel de la société civile est donc plus qu’un cri d’alarme ; c’est une demande de gouvernance responsable et de vision à long terme. La réhabilitation de la portion critique n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour désengorger le centre-ville et redonner à la RN1 son rôle de colonne vertébrale du territoire.

L’enjeu dépasse la simple réparation de chaussée. Il touche à la dignité des habitants, à la sécurité des familles et à la crédibilité des institutions. Quand les citoyens se cotisent en efforts pour le salongo tandis que les recettes du péage semblent s’évaporer, le pacte social se fissure comme le bitume sous les roues des camions. La balle est désormais dans le camp des autorités. Répondront-elles à l’appel avant que la colère ne prenne le pas sur l’espoir ? L’avenir de Luena, et de bien d’autres cités congolaises confrontées aux mêmes épreuves, en dépend.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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