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Déraillement meurtrier au Tanganyika : la vétusté des rails de la SNCC en accusation

Le fracas de l’acier tordu et les cris déchirant l’aube. Voilà ce qui a réveillé les villages de Kiluba et Makala, ce samedi 31 janvier, au Tanganyika. Le train Bana-Katanga, lien vital pour des communautés souvent isolées, s’est brutalement transformé en piège mortel. Après avoir quitté les rails au niveau du pont de Kabanda, la locomotive a plongé dans un ravin avant de prendre feu, emprisonnant dans un brasier des vies ordinaires. Parmi les victimes, trois hommes, une femme et un bébé, dont les corps n’ont pu être extraits que calcinés. Comment en est-on arrivé là ? Dans un pays riche de ses ressources, comment expliquer que le transport de ses citoyens rime si souvent avec le risque et la tragédie ?

Le constat des autorités est sans appel et résonne comme un sinistre leitmotiv. Norris Mulongoy, ministre provincial des Transports du Tanganyika, a directement imputé ce déraillement train SNCC au « mauvais état des rails ». Une cause systémique qui transforme chaque voyage en une loterie macabre. « Depuis ce matin, le gouvernement provincial a dépêché une équipe qui nous a transmis les détails de ce qui s’est passé », a-t-il déclaré, confirmant le lourd bilan et le transfert de nombreux blessés vers Kalemie pour des soins d’urgence. Pendant ce temps, les recherches se poursuivaient dans les décombres fumants, à la recherche d’éventuelles autres victimes.

Cette catastrophe met en lumière, une fois de plus, l’état de délabrement avancé des infrastructures de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). Derrière la froideur du terme « mauvais état » se cache une réalité faite de rails usés jusqu’à la corde, de traverses pourries et d’un manque criant de maintenance. Le pont de Kabanda, théâtre du drame, est-il devenu un point noir non signalé ? Combien d’autres sections du réseau présentent-elles le même danger latent, attendant la prochaine défaillance ? Cette tragédie n’est malheureusement pas un incident isolé dans l’histoire de la sécurité ferroviaire RDC, mais le symptôme d’une négligence chronique.

Les bilans, comme souvent dans la confusion qui suit le choc, divergent. Si les autorités provinciales font état de cinq morts et de « nombreuses » blessés, des sources locales évoquent un tribut plus lourd : huit vies fauchées et cinq blessés. Cette disparité interroge sur la transparence et la rapidité des secours. Au-delà des chiffres, chaque vie perdue représente une famille brisée, une communauté endeuillée. Le bébé calciné dans cet accident train Tanganyika symbolise avec une cruelle acuité l’innocence sacrifiée sur l’autel du laisser-aller.

Quel avenir pour le rail congolais, pilier du désenclavement et du développement économique ? Les morts train Congo se comptent par dizaines au fil des années, formant une litanie douloureuse. Chaque promesse de réhabilitation, chaque plan d’investissement annoncé semble se dissoudre dans l’inaction. La population, elle, n’a d’autre choix que de continuer à emprunter ces trains, par nécessité économique ou absence d’alternative, jouant chaque jour sa peau sur des voies fatiguées. Où est la priorité nationale ? Quand l’État prendra-t-il la pleine mesure de son obligation de protéger ses citoyens, même et surtout dans les transports les plus modestes ?

L’accident train Tanganyika du 31 janvier est plus qu’un fait divers sordide. C’est un cri d’alarme lancé depuis les profondeurs d’un ravin. Il pose une question fondamentale sur la valeur accordée à la vie humaine dans les politiques d’investissement public. Tant que la réfection des infrastructures, notamment l’état rails RDC, restera un vœu pieux au lieu d’une urgence absolue, les drames comme celui de Kabanda se répéteront. Il est temps que le Congo cesse de pleurer ses morts sur des rails qu’il a laissé mourir. La dignité et la sécurité des voyageurs doivent devenir la seule destination acceptable.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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