Imaginez vivre à quelques mètres d’une morgue privée érigée sur un terrain marécageux, sans système d’évacuation des eaux usées, et avec un flux constant de véhicules funéraires devant votre porte. C’est le cauchemar que redoutent les riverains du boulevard Katuba, dans la commune de Kamalondo à Lubumbashi, depuis la construction controversée d’un funérarium. La mairie de la ville, alertée par ces installations douteuses, a décidé de frapper fort jeudi 29 janvier : interdiction pure et simple de son fonctionnement. Cette décision, prise après une tournée d’inspection, met en lumière les graves manquements aux normes et la précarité urbanistique qui guette certains quartiers.
Sur place, les services techniques de la mairie et la maire intérimaire Joyce Tunda Chansa ont constaté une série d’irrégularités flagrantes. La morgue privée Lubumbashi a été implantée sur un sol instable et marécageux, à proximité immédiate des habitations et d’un passage menant à la rivière Lubumbashi. Comment un tel projet a-t-il pu voir le jour sans l’aval des autorités ? Les promoteurs eux-mêmes ont reconnu ne pas avoir sollicité d’avis ou d’autorisation préalable, bravant allègrement les règles d’urbanisme Lubumbashi. L’absence criante d’un système d’évacuation des eaux usées, le manque d’espace pour le stationnement des véhicules et la localisation le long d’une route à forte circulation ont achevé de convaincre la mairie de la dangerosité du site.
« Après les constats, il sera très difficile d’accorder l’autorisation de fonctionnement. Les techniciens présents sont témoins de ce que nous avons observé sur le terrain », a tranché Joyce Tunda, la maire intérimaire. Cette déclaration ferme illustre la volonté affichée de ne pas transiger avec la sécurité publique. Pourtant, cette affaire soulève des questions plus larges : jusqu’où va la négligence dans le contrôle des constructions à Lubumbashi ? Les normes sanitaires morgue sont-elles systématiquement bafouées au mépris des populations ?
Les risques sanitaires riverains sont ici particulièrement alarmants. Un terrain marécageux accueillant une morgue sans infrastructure adéquate devient un foyer potentiel de contamination. Les fluides biologiques, faute d’évacuation appropriée, pourraient s’infiltrer dans les sols et polluer les nappes phréatiques, menaçant directement la rivière Lubumbashi, source d’eau pour nombre d’habitants. Les riverains, déjà exposés à la pollution sonore et atmosphérique du trafic dense, craignent désormais des épidémies. Une mère de famille du quartier Lubaba confie, sous couvert d’anonymat : « Nous avions peur pour nos enfants qui jouent souvent près de l’eau. Cette morgue, c’était une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. »
Cette situation n’est malheureusement pas isolée. L’urbanisme Lubumbashi, face à une croissance démographique rapide et une demande accrue de services, dont les services funéraires, est souvent mis à mal par des constructions anarchiques. La mairie Lubumbashi interdiction de cette morgue vise à envoyer un signal fort aux promoteurs peu scrupuleux : la priorité doit être la santé et la sécurité des citoyens. Mais cette action réactive suffira-t-elle ? De nombreux autres bâtiments douteux existent peut-être, échappant au radar des autorités. Les services techniques promettent des inspections renforcées, mais les moyens manquent souvent pour couvrir l’ensemble du territoire urbain.
Juridiquement, les promoteurs de la morgue pourraient faire face à des sanctions pour construction sans permis et mise en danger d’autrui. La mairie a le pouvoir de démolir les installations illégales, mais l’application effective des décisions reste un défi dans un contexte où l’impunité est fréquente. Cette affaire teste donc aussi la capacité des institutions à faire respecter la loi. Les habitants, eux, espèrent que cette interdiction marquera un tournant vers une meilleure gouvernance locale.
Au-delà du cas spécifique, cet épisode interroge sur les équilibres entre développement urbain et protection des populations. Les risques sanitaires riverains ne doivent pas être le prix à payer pour une urbanisation sauvage. À Lubumbashi, comme dans d’autres villes de la RDC, il est urgent de renforcer les mécanismes de planification et de contrôle. La santé publique doit primer sur les intérêts privés à court terme. La décision de la mairie est un pas dans la bonne direction, mais elle doit s’accompagner d’une politique préventive et d’une sensibilisation accrue des promoteurs aux normes sanitaires morgue et aux règles d’urbanisme.
En conclusion, l’interdiction de cette morgue privée à Lubumbashi est bien plus qu’une simple mesure administrative. C’est un rappel à l’ordre pour tous les acteurs de l’aménagement urbain : construire sans respecter les normes, c’est mettre en péril des vies humaines. Les riverains peuvent souffler un temps, mais la vigilance reste de mise. L’enjeu, à présent, est de transformer cet événement en levier pour une ville plus sûre et mieux organisée, où le droit à un environnement sain ne soit plus un vœu pieux mais une réalité tangible.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
