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Catastrophe à Rubaya : plus de 200 morts dans l’effondrement d’une mine de coltan

Les cris de détresse résonnent encore dans les collines du Masisi. « J’ai vu la terre se dérober sous nos pieds. En un instant, tout s’est effondré », raconte, la voix brisée, un survivant rescapé de la mine de Rubaya. Ce jeudi 29 janvier, une tragédie d’une ampleur effroyable a frappé le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Un glissement de terrain a enseveli des centaines de personnes à l’intérieur des puits d’extraction artisanale de la mine de coltan de Rubaya, faisant au moins 226 morts selon les autorités locales. Des familles entières sont plongées dans le deuil, illustrant une fois de plus le lourd tribut payé par les communautés pour l’exploitation des richesses du sous-sol congolais.

Le bilan, provisoire, est glaçant. Plus de 200 vies ont été emportées, parmi lesquelles des mineurs artisanaux, des enfants et des commerçantes qui tentaient de survivre dans cet environnement hostile. L’effondrement mine Rubaya est survenu en pleine saison des pluies, période où les sols, déjà fragilisés par des années d’excavation non contrôlée, cèdent facilement. Les opérations de secours, menées dans des conditions extrêmement difficiles, se poursuivent pour tenter de retrouver d’éventuels survivants et extraire tous les corps. Certains blessés, grièvement atteints, ont été transférés vers Goma pour des soins plus poussés, tandis que d’autres sont traités sur place dans des structures sanitaires dépassées.

Comment en est-on arrivé là ? Cette coltan mine accident Nord-Kivu n’est malheureusement pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une longue série de drames qui ponctuent la vie des sites d’exploitation artisanale dans l’est de la République démocratique du Congo. La zone de Rubaya, située à environ 80 kilomètres de Goma, est réputée pour sa production intensive de coltan, un minerai stratégique utilisé dans nos smartphones et ordinateurs. Pourtant, cette richesse se paye au prix du sang. Chaque année, des inondations et des glissements terrain Masisi causent d’importantes pertes en vies humaines, comme le rappelle le drame de Bibatama en juin dernier, où 17 corps avaient été extraits.

Derrière ces chiffres, se cache une réalité sociale implacable. Des milliers de Congolais, poussés par la misère et l’absence d’alternatives, s’engouffrent chaque jour dans ces puits mortels pour extraire quelques grammes de coltan. Ils le font sans aucune protection, dans des galeries creusées à la hâte, au mépris des normes élémentaires de sécurité minière artisanale RDC. « C’est un système d’exploitation toléré, voire soutenu, par des circuits commerciaux internationaux qui ferment les yeux sur les conditions de travail inhumaines », dénoncent des défenseurs des droits humains. La demande mondiale insatiable pour ces minerais alimente une économie de la précarité où la vie humaine a peu de valeur.

Le contexte sécuritaire complexe aggrave la situation. Depuis avril 2024, la zone de Rubaya est sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Cette présence armée rend l’accès quasi impossible pour les journalistes, les enquêteurs indépendants et les organisations humanitaires, obscurcissant un peu plus le tableau et entravant les efforts de secours. Le gouverneur de la province du Nord-Kivu sous administration rebelle, Bahati Musanga Erasto, a ordonné la fermeture temporaire de la mine pour permettre l’extraction des corps. Mais cette mesure, si elle est nécessaire, reste une réponse à court terme à un problème structurel profond.

Les victimes mine coltan de Rubaya ne sont pas que des statistiques. Ce sont des pères, des mères, des fils et des filles dont les rêves se sont éteints sous la boue. Leur mort pose une question brûlante : combien de drames faudra-t-il encore pour que des mesures concrètes soient prises ? L’État congolais, les groupes armés qui contrôlent les zones, et les acteurs de la chaîne d’approvisionnement internationale portent une part de responsabilité dans cette tragédie. Il est urgent de mettre en place des mécanismes de protection des travailleurs, de réglementer l’exploitation artisanale et d’offrir des alternatives économiques viables aux populations.

La mine de Rubaya, avec sa production estimée à près de 120 tonnes de coltan par mois, essentiellement exportée vers le Rwanda voisin, symbolise le paradoxe congolais : une terre d’une richesse inouïe, mais dont les enfants meurent dans l’indifférence générale. En cette période de deuil national, il est temps de regarder la vérité en face. L’exploitation minière artisanale doit cesser d’être synonyme de mort et de désespoir. La mémoire des victimes de Rubaya exige plus que des condoléances ; elle exige une action ferme et immédiate pour que de tels drames ne se reproduisent plus. Le prix du coltan ne doit plus être la vie des Congolais.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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