Une flambée de cas de choléra secoue actuellement la ville de Likasi, dans la province du Haut-Katanga, mettant en lumière les vulnérabilités persistantes en matière d’accès à l’eau et d’hygiène. Depuis le début du mois de décembre 2025, pas moins de 182 personnes ont été prises en charge au centre de traitement de l’hôpital DACO, avec un bilan tragique de cinq décès à déplorer. Cette épidémie de choléra dans le Haut-Katanga se concentre de manière inquiétante dans la commune de Kikula, identifiée comme l’épicentre actuel de la crise sanitaire.
Comment une maladie que l’on sait pourtant prévenir et traiter peut-elle encore faire autant de victimes ? La réponse des autorités médicales locales est sans équivoque : l’insuffisance criante de la desserte en eau potable et le non-respect des règles élémentaires d’hygiène constituent le terreau fertile de cette recrudescence. Le choléra, infection diarrhéique aiguë, se propage principalement par l’eau ou des aliments contaminés. Dans un contexte où l’accès à une eau saine est limité, le risque de voir les cas de choléra en RDC se multiplier est malheureusement élevé.
Face à cette urgence, une riposte multisectorielle a été déclenchée. Les équipes de la zone de santé de Kikula, appuyées par des élus locaux, mènent des actions intensives dans les quartiers les plus touchés comme Kaponona, Kampemba et Kanona. Leur mission ? Casser la chaîne de transmission. Sur le terrain, cela se traduit par la désinfection systématique des domiciles et des latrines, une sensibilisation porte-à-porte avec mégaphones pour rappeler les gestes qui sauvent, et la distribution d’intrants essentiels : savon et pastilles Aquatabs pour purifier l’eau de boisson.
« Ils font du porte-à-porte dans les avenues et versent du chlore dans les terrassiers. Nous remercions ces actions qui protègent nos familles », confie un habitant du quartier Kikula, soulignant l’importance de ces mesures de proximité. Cette mobilisation est cruciale, car si des cas sont signalés dans toutes les communes de Likasi, la pression épidémique reste maximale à Kikula. Parmi les cinq décès enregistrés, l’un est survenu à domicile, avant toute prise en charge médicale, illustrant l’impérieuse nécessité d’un diagnostic et d’une réaction ultra-rapides.
Au cœur de cette bataille, l’hôpital DACO joue un rôle pivot. Son centre de traitement est la principale structure de référence pour la prise en charge gratuite des patients. À date, six personnes y étaient encore hospitalisées, recevant la réhydratation et les soins nécessaires pour combattre l’infection. Le traitement du choléra à l’hôpital DACO repose principalement sur la réhydratation, par voie orale ou intraveineuse dans les cas sévères, une intervention simple mais qui doit être administrée sans délai pour être efficace.
Que doivent faire les populations face à cette menace ? La vigilance et l’adoption stricte de mesures d’hygiène sont les premières barrières. Les autorités sanitaires appellent à signaler immédiatement tout cas de diarrhée aqueuse et abondante, principal symptôme de la maladie. Il est également impératif de ne boire que de l’eau traitée ou bouillie, de se laver systématiquement les mains avec du savon, et de bien cuire les aliments. La santé publique à Likasi est l’affaire de tous, et la mobilisation communautaire est un maillon indispensable pour endiguer cette épidémie.
Cette situation rappelle, si besoin était, que la lutte contre le choléra est un combat de longue haleine qui dépasse la simple réponse d’urgence. Elle nécessite des investissements durables dans les infrastructures d’adduction d’eau et d’assainissement. En attendant, la coordination des acteurs de santé, la sensibilisation continue des populations et l’accès gratuit aux soins restent les meilleurs remparts contre cette maladie qui touche, une fois de plus, le quotidien des habitants du Haut-Katanga.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
