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RDC à l’ONU : l’État de droit international fragilisé par le conflit avec le Rwanda

Lors de la 10096ᵉ séance du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée à la promotion de l’État de droit, la voix de la République démocratique du Congo s’est fait entendre avec force. La Représentante permanente adjointe, l’ambassadrice Jocelyne Kabengele Lukundula, a dressé un constat sans appel sur l’érosion des principes fondamentaux du système multilatéral, directement mise en lumière par le conflit persistant à l’Est du pays. Cette intervention intervient dans un contexte où, malgré l’adoption de la résolution 2773 par le Conseil de sécurité ONU RDC, la situation sur le terrain demeure critique, alimentant une crise de confiance profonde envers les institutions internationales.

L’ambassadrice a centré son propos sur la nécessaire défense de l’État de droit international, qu’elle a décrit comme la pierre angulaire du système des Nations unies. Elle a rappelé que ce dernier repose sur le respect intangible de la Charte, l’observation de bonne foi des obligations et le renforcement des piliers que sont la paix, les droits de l’homme et le développement. Or, les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale sont, selon elle, « mis à rude épreuve » dans plusieurs régions du monde, avec pour illustration frappante la situation en RDC. Les violations répétées de la Charte, notamment par le soutien rwandais à la rébellion du M23, compromettent selon Kinshasa la crédibilité de tout l’ordre juridique international.

Le cœur du problème reste l’application effective des décisions du Conseil de sécurité. En février 2025, celui-ci a unanimement adopté la résolution 2773 (2025), présentée par la France. Ce texte condamne fermement l’offensive du M23 et ses avancées militaires, réalisées avec l’appui de la Force de défense rwandaise. Il exige un cessez-le-feu, le retrait immédiat des rebelles et de leurs alliés rwandais du territoire congolais, ainsi que le démantèlement des administrations parallèles. Près d’un an plus tard, force est de constater que ces injonctions sont restées largement lettre morte. La situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu s’est même détériorée, la désescalade n’étant pas au rendez-vous.

Cette impasse soulève des questions fondamentales sur l’efficacité du multilatéralisme face à des conflits armés complexes. Comment expliquer qu’une résolution aussi claire du Conseil de sécurité ONU RDC ne trouve pas de traduction concrète sur le terrain ? La diplomate congolaise a pointé du doigt cette « fragilisation » du multilatéralisme, marquée par la recrudescence des conflits et la tentation de l’unilatéralisme. La crise de confiance qui en résulte n’est pas seulement théorique ; elle a des conséquences directes pour les populations civiles prises au piège des violences.

Parallèlement aux fora onusiens, d’autres processus diplomatiques sont à l’œuvre. Les discussions de Washington entre la RDC et le Rwanda, ainsi que le processus de Doha impliquant le gouvernement congolais et la rébellion du M23, ont enregistré des avancées sur le papier. Pourtant, les différentes parties ne cessent de se renvoyer la responsabilité du blocage, s’accusant mutuellement par communiqués interposés de ne pas respecter les engagements pris. Cette dynamique d’accusations réciproques contribue à entretenir un statu quo délétère, où les gains diplomatiques peinent à se matérialiser par une paix tangible.

L’intervention de Jocelyne Kabengele Lukundula dépasse ainsi le simple cadre du conflit RDC Rwanda ONU. Elle interpelle la communauté internationale sur la cohérence de son action et la défense de ses propres normes. Si les principes de la Charte, célébrés il y a 80 ans, ne sont pas appliqués avec rigueur, c’est tout l’édifice de la sécurité collective qui risque de s’effriter. La situation à l’Est de la RDC sert de test décisif, un miroir tendu à la capacité de l’ONU à faire prévaloir le droit sur la force. L’appel de la diplomate congolaise est donc un rappel à l’ordre : sans un respect strict de l’État de droit international par tous, y compris les membres permanents du Conseil de sécurité et leurs alliés, les résolutions les plus fermes resteront des vœux pieux, et les conflits, une tragédie permanente.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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