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Crise au DAIPN : la ferme avicole ferme, les agents en détresse appellent Tshisekedi

Le Domaine agro-industriel présidentiel de la N’Sele (DAIPN), fleuron historique de l’agriculture congolaise, traverse une tempête financière dont les premières victimes sont ses propres employés. Depuis le 1er janvier 2026, la ferme 1, spécialisée dans l’aviculture, incluant l’élevage de poulets de chair, le couvoir et l’abattoir, a suspendu toutes ses activités. Les conséquences sont immédiates et brutales : des dizaines d’agents se retrouvent en congé sans solde, contraints de regarder, impuissants, les bâtiments se vider et les équipements s’arrêter. Cette fermeture de la ferme avicole à Kinshasa n’est pas un simple incident opérationnel, mais le symptôme alarmant d’une crise profonde au sein du DAIPN, un projet directement rattaché à la présidence de la République.

Selon des sources internes, qui s’expriment sous couvert d’anonymat, la racine du mal est un manque criant de moyens financiers. « L’employeur a été contraint de mettre la clé sous la porte, en commençant par notre secteur », confie l’un des agents affectés. Cette décision, présentée comme une suspension, sonne en réalité comme le prélude à une fermeture progressive de l’ensemble des activités du domaine. Malgré des alertes répétées lancées auprès des différentes autorités politiques, les appels des travailleurs sont restés lettre morte, amplifiant un sentiment d’abandon et de désespoir.

Face à ce silence, les agents du Domaine agro-industriel présidentiel N’Sele ont décidé de porter leur voix au plus haut niveau de l’État. Dans un appel pressant et chargé d’émotion, ils interpellent directement le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. « Nous demandons à Son Excellence de s’impliquer personnellement afin d’éviter la fermeture définitive du DAIPN et de sauver ses compatriotes actuellement sans emploi », a déclaré un représentant des salariés. Cet appel au président Félix Tshisekedi révèle l’ampleur de la détresse et le dernier espoir placé dans une intervention directe de la magistrature suprême pour renverser une tendance qui semble inexorable.

La crise du DAIPN dépasse largement le cadre d’un simple différend social. Elle frappe de plein fouet un pilier symbolique de la politique agricole congolaise. Créé en 1966 sous le régime Mobutu, le domaine avait pour ambition de moderniser l’agriculture nationale et de contribuer à la sécurité alimentaire du pays. Sa localisation dans la périphérie de Kinshasa, commune de la N’Sele, en faisait un acteur clé de l’approvisionnement de la capitale. Aujourd’hui, cet héritage est menacé. Que signifie la paralysie de ce projet présidentiel pour l’autosuffisance alimentaire de la RDC ? La fermeture progressive de ses unités de production risque de créer un vide dangereux dans la chaîne d’approvisionnement, augmentant la dépendance aux importations et fragilisant davantage une économie déjà vulnérable.

Les conséquences économiques de cette mise en congé sans solde des agents sont multiples et en cascade. Au niveau micro-économique, ce sont des familles entières qui perdent leur principale source de revenus, plongeant dans la précarité. Au niveau macro, c’est un signal négatif envoyé aux investisseurs potentiels dans le secteur agro-industriel, pourtant présenté comme prioritaire par les autorités. L’incertitude qui plane sur le DAIPN, moteur à l’arrêt, sape la confiance et décourage les initiatives privées qui pourraient prendre le relais. Le gouvernement peut-il se permettre de laisser sombrer un tel symbole, avec tous les emplois directs et indirects qu’il génère ?

L’analyse des causes de cette crise financière reste complexe. Si le manque de trésorerie est pointé du doigt, des questions subsistent sur la gestion passée et la stratégie de financement à long terme d’un tel domaine. La dépendance aux fonds publics, sans modèle économique robuste et diversifié, le rend particulièrement vulnérable aux aléas budgétaires. La situation actuelle du DAIPN doit servir de cas d’école pour repenser la gouvernance des projets agro-industriels d’État, en y intégrant des mécanismes de résilience et de rentabilité clairs.

L’avenir du Domaine agro-industriel présidentiel de la N’Sele est désormais entre les mains des plus hautes sphères décisionnelles. L’appel lancé par les agents constitue un test de crédibilité pour les promesses de relance du secteur agricole. Une intervention présidentielle pourrait, à court terme, débloquer des fonds d’urgence pour redémarrer la ferme avicole et payer les arriérés de salaires. Mais à moyen terme, une réflexion profonde sur le modèle du DAIPN s’impose : partenariats public-privé, restructuration de la dette, ou recentrage sur des activités plus rentables. La survie de ce projet historique n’est pas seulement une question de nostalgie ; c’est un enjeu économique concret pour la sécurité alimentaire et l’emploi à Kinshasa. Le silence, dorénavant, n’est plus une option.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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