Un coup de tonnerre dans le paysage de la santé mondiale. Ce jeudi 22 janvier 2026, l’administration du président américain Donald Trump a officialisé le retrait des États-Unis de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cette décision, matérialisée par un communiqué de la Maison Blanche, intervient exactement un an après la signature du décret présidentiel et vient concrétiser une menace longtemps brandie. Les conséquences de ce départ, notamment pour les pays dépendants de l’aide internationale comme la République Démocratique du Congo, pourraient être profondes et durables.
Les justifications avancées par Washington sont sans ambiguïté et sévères. Le communiqué pointait une prétendue « mégestion » de la pandémie de Covid-19 par l’OMS, ainsi que d’autres crises sanitaires mondiales. L’institution onusienne est décrite comme « redondante, mal gérée, inutile, coûteuse [et] inefficace ». La Maison Blanche a également accusé l’OMS d’être « instrumentalisée par des acteurs poursuivant des objectifs contraires » aux intérêts américains, menaçant selon elle « la souveraineté, les libertés et la prospérité générale » de la nation. Ce langage, emblématique de la politique étrangère de l’ère Trump, marque un tournant radical après près de 80 ans de coopération.
La réaction du directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a été immédiate et publique. Sur son compte X, l’ancien réseau Twitter, il a lancé un appel direct au président américain, l’exhortant à revenir sur son décret Trump OMS. Cet appel désespéré illustre l’ampleur du choc. En effet, les États-Unis n’étaient pas un membre comme les autres. Entrés dans l’organisation en 1948, ils en étaient le principal contributeur financier, assurant à eux seuls environ 20% de son budget total, à travers des cotisations obligatoires et volontaires. Leur départ crée un trou béant dans les finances de l’agence onusienne.
D’ailleurs, dans la foulée de l’annonce, l’OMS a réclamé à l’administration Trump le paiement des arriérés des cotisations pour l’exercice 2024-2025, qui s’élèveraient à plus de 130 millions de dollars. Cette créance souligne les tensions financières préexistantes et laisse présager des batailles juridiques et diplomatiques complexes. La question qui se pose désormais est cruciale : qui comblera ce déficit abyssal ? Les autres pays donateurs, déjà sollicités par de multiples crises, pourront-ils ou voudront-ils prendre le relais ? La santé globale risque-t-elle de devenir la grande perdante de cette rupture ?
Pour la République Démocratique du Congo, cette nouvelle est particulièrement préoccupante. L’OMS en RDC est un partenaire sanitaire de premier plan. Son appui est vital dans le renforcement de la surveillance épidémiologique, la prévention des maladies et la résilience du système de santé face aux urgences. Que ce soit pour lutter contre la rougeole, Ebola dans ses provinces orientales, ou pour soutenir la vaccination de routine, l’expertise et les ressources de l’OMS sont souvent en première ligne. Un affaiblissement structurel de l’organisation à Genève se répercuterait inévitablement sur le terrain, dans des régions déjà fragiles.
Les programmes de coopération technique, les formations du personnel soignant, l’approvisionnement en équipements critiques pourraient être remis en question. Alors que le pays continue de se relever de chocs sanitaires à répétition, peut-il se permettre de voir son principal allié technique international affaibli ? La communauté internationale saura-t-elle se mobiliser pour créer un filet de sécurité, ou assistera-t-on à une dangereuse fragmentation de la gouvernance sanitaire mondiale ?
Le retrait États-Unis OMS n’est pas qu’une simple formalité administrative ; il représente un changement de paradigme. Il signe la fin d’une ère de leadership américain multilatéral dans la santé et ouvre une période d’incertitude profonde. L’OMS, déjà critiquée sur sa gestion de certaines crises, va devoir se réinventer avec des moyens amputés. Les pays en développement, qui comptent sur son assistance, devront peut-être revoir leurs stratégies de santé publique. Cette décision, prise à Washington, aura des échos jusqu’au plus profond des centres de santé congolais, rappelant une fois de plus l’interconnexion fragile de notre monde face aux menaces sanitaires.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
