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Chute de Goma : un an après, le M23 toujours maître du Nord-Kivu

Il y a un an, un séisme géopolitique et militaire ébranlait l’est de la République Démocratique du Congo. La chute de Goma, capitale du Nord-Kivu, aux mains du groupe politico-militaire AFC/M23, soutenu par le Rwanda, marquait un tournant sans précédent dans un conflit qui dure depuis des décennies. Un an plus tard, la ville reste administrée par le mouvement rebelle, et les conséquences de cette bataille décisive de janvier 2025 continuent de redessiner les équilibres de toute la région des Grands Lacs.

Comment en est-on arrivé là ? Les racines de l’offensive finale plongent dans l’échec cuisant de la médiation angolaise, en décembre 2024. À Luanda, un accord de paix semblait à portée de main. Pourtant, le refus catégorique de Kinshasa de négocier directement avec le M23, une condition sine qua non pour Kigali, a fait capoter les pourparlers. Cet échec diplomatique a sonné le glas des espoirs de paix et a ouvert la voie à l’escalade militaire. Dès lors, la pression sur le terrain n’a fait que croître, transformant le paysage sécuritaire du Nord-Kivu en une poudrière prête à exploser.

La communauté internationale, par le biais des Nations Unies, a rapidement documenté les signes avant-coureurs de la tempête. Des rapports ont fait état d’un déploiement massif d’armements sophistiqués par les forces rwandaises dans les zones tenues par le M23. Des missiles sol-air et des systèmes de brouillage GPS sont venus neutraliser l’avantage aérien des Forces Armées de la RDC (FARDC) et de leurs alliés. Cette montée en puissance technologique a incontestablement préparé le terrain pour l’assaut final. Face à cette menace grandissante, le président Félix Tshisekedi a tenté une ultime course contre la montre, multipliant les voyages dans les capitales voisines et procédant à des remaniements au sommet de la hiérarchie militaire. Mais ces mesures sont apparues bien dérisoires face à la machine de guerre qui se mettait en marche.

Janvier 2025 a vu l’offensive militaire prendre une vitesse fulgurante. Les localités de Katale et Masisi-centre sont tombées en l’espace de deux jours, rapprochant le front à moins de 80 kilomètres de Goma. Les combats se sont ensuite intensifiés autour de Saké, verrou stratégique à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la capitale provinciale. Les experts onusiens étaient formels : les Forces de Défense Rwandaises (FDR) apportaient un soutien systématique et opérationnel au M23, pilotant de facto ses mouvements. Le conflit RDC-Rwanda, longtemps nié, se matérialisait sur le champ de bataille.

La dernière semaine de janvier 2025 est entrée dans l’histoire comme celle de la chute. Les appels désespérés de Kinshasa à la communauté internationale pour des sanctions contre Kigali sont restés sans réponse suffisante. Le 23 janvier, la mort du général-major Peter Cirimwami, gouverneur militaire du Nord-Kivu, grièvement blessé sur la ligne de front, a porté un coup terrible au moral des troupes gouvernementales. Deux jours plus tard, les affrontements atteignaient les faubourgs de Goma, causant la mort de treize soldats de la force régionale de la SADC et de la MONUSCO. La bataille de Goma 2025 était engagée.

Le chaos s’est ensuite abattu sur la ville. Privée d’électricité et d’eau après la destruction des lignes haute tension, Goma a été le théâtre d’intenses combats de rue. Des éléments du M23 et des forces spéciales rwandaises ont été signalés dans plusieurs quartiers. Les hôpitaux, submergés par l’afflux de blessés, ont rapidement atteint leurs limites. Une évasion massive à la prison centrale de Munzenze a libéré près de 3000 détenus, ajoutant à l’anarchie. Pendant ce temps, à Kinshasa, la colère de la population explosait dans des manifestations.

Un an après cette bataille décisive, quel bilan peut-on dresser ? Goma est toujours sous le contrôle de l’AFC/M23. L’offensive militaire à l’est de la RDC a non seulement changé la carte du pouvoir local, mais elle a aussi exposé au grand jour les limites des mécanismes de sécurité collective régionaux et internationaux. La chute de Goma a acté la régionalisation d’un conflit dont les ramifications s’étendent bien au-delà des frontières congolaises. Elle a créé un précédent dangereux et a profondément altéré la dynamique du conflit, laissant une région entière sous la menace d’une instabilité permanente. La question qui se pose aujourd’hui est moins de savoir comment Goma est tombée, mais comment, et à quel prix, elle pourra un jour retrouver la paix et la souveraineté congolaise.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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