La santé des populations du Kongo-Central vient de franchir un cap décisif. Face à une situation préoccupante où la quasi-totalité des officines de la ville de Matadi opérait en dehors de tout cadre légal, l’Autorité Congolaise de Réglementation Pharmaceutique (ACOREP) a officiellement planté son drapeau dans la province. L’installation de sa division provinciale à Matadi marque un tournant radical dans la lutte contre les pharmacies clandestines au Kongo-Central. Cette nouvelle structure incarne l’espoir d’un retour à l’ordre dans un secteur vital, longtemps laissé en friche, où les médicaments falsifiés ou mal conservés circulaient en toute impunité.
Mais concrètement, que risque-t-on à acheter ses médicaments dans une pharmacie non régulée ? La réponse est alarmante. Sans contrôle, c’est toute la chaîne de sécurité qui est rompue. On peut y trouver des molécules sous-dosées, inefficaces contre la maladie, ou surdosées, devenues toxiques pour l’organisme. Imaginez un antipaludéen qui ne contient pas la bonne quantité de principe actif : non seulement il ne guérit pas le patient, mais il contribue à l’émergence de souches résistantes du parasite, un enjeu de santé publique majeur en RDC. D’autres produits, nécessitant une chaîne de froid stricte comme certains vaccins ou insulines, peuvent voir leur puissance thérapeutique annihilée par de mauvaises conditions de stockage, exposant les patients à de graves dangers sans qu’ils ne le sachent.
L’arrivée de la division provinciale ACOREP à Matadi vise précisément à mettre un terme à ces pratiques. Dotée de l’exclusivité de l’inspection pharmaceutique sur l’ensemble du territoire national, cette autorité reprend enfin les rênes d’un secteur crucial. Son directeur général, Christian Ntumba, a été on ne peut plus clair : l’ère du laisser-faire est révolue. Le contrôle des médicaments va se renforcer drastiquement, axé sur plusieurs fronts prioritaires. Premier levier d’action : la vérification méticuleuse des permis d’importation. Chaque conteneur de produits médicaux entrant dans la province devra passer au crible pour s’assurer de sa légalité et de son contenu.
Ensuite, l’ACOREP va déployer un système de surveillance accru de la logistique. Le maintien de la chaîne de froid, ce maillon si fragile et pourtant capital pour l’efficacité de nombreux traitements, sera scruté. Enfin, et c’est peut-être la mission la plus urgente, l’autorité va entreprendre un recensement et une identification systématique de toutes les officines et dépôts pharmaceutiques de la province. Ce travail de fourmi permettra de distinguer les établissements légaux des pharmacies clandestines du Kongo-Central, ces dernières étant promises à une fermeture pure et simple.
Ce renforcement de la régulation pharmaceutique est salué par les autorités locales. Le vice-gouverneur de la province, Prospère Ntela, a réaffirmé le soutien total du gouvernement provincial à cette mission de salubrité publique. Cet accompagnement est essentiel pour que l’ACOREP Matadi puisse opérer sur le terrain en toute sérénité et efficacité. Le message envoyé aux opérateurs du secteur est sans ambiguïté : la tolérance zéro sera appliquée. Les pratiques consistant à importer des médicaments sans autorisation, à les stocker dans des conditions inadéquates ou à les vendre sans licence sont désormais intenables.
Pour la population, cette évolution se traduira par une garantie accrue. Acheter un comprimé ou un sirop ne devrait plus être un acte anodin teinté d’inquiétude, mais un geste de soin en toute confiance. L’accès à des produits de santé sûrs, authentiques et efficaces est un droit fondamental. L’installation de l’ACOREP au Kongo-Central en est la concrétisation tangible. Il revient maintenant à chacun d’être vigilant et de privilégier les circuits officiels. Vérifier qu’une pharmacie dispose des autorisations visibles et ne pas hésiter à questionner la provenance d’un médicament au prix suspicieusement bas sont des réflexes simples qui participent à la protection de sa propre santé et au succès de cette grande opération de nettoyage du secteur.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
