Un important don de médicaments contre la malnutrition et le paludisme a été officiellement remis à la zone de santé de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Cette initiative du gouvernement central, via le ministère de la Santé publique, constitue une réponse urgente face à la recrudescence alarmante de ces pathologies dans une région minée par l’insécurité. Comment une telle aide peut-elle changer la donne pour des populations vivant sous la double menace des conflits et des maladies ?
La situation dans le Nord-Kivu, et particulièrement autour de Beni, reste préoccupante. Les conflits armés récurrents ont non seulement déplacé des milliers de familles mais ont aussi paralysé les systèmes de santé et d’approvisionnement. Cette instabilité crée un terrain fertile pour la propagation du paludisme et aggrave considérablement l’état de malnutrition, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. Les dons médicaments Beni arrivent donc à point nommé pour soutenir des structures sanitaires souvent débordées et sous-équipées.
Concrètement, cette dotation comprend des antipaludéens essentiels, des moustiquaires imprégnées d’insecticide, ainsi que des suppléments nutritionnels thérapeutiques prêts à l’emploi pour les cas sévères de malnutrition Nord-Kivu. Le Dr Kasereka Tosalisana Michel, médecin chef de zone de santé de Beni, a salué ce geste comme une bouffée d’oxygène. « Nous remercions le gouvernement central et provincial pour ce geste crucial contre le paludisme Beni, en plus des affres de la guerre », a-t-il déclaré, soulignant l’aspect vital de cette aide santé RDC.
Mais pourquoi ces maladies sont-elles si redoutables dans cette région ? Le paludisme, transmis par la piqûre d’un moustique, est la première cause de mortalité en RDC. Ses symptômes – fièvre, frissons, maux de tête – peuvent rapidement évoluer vers des formes graves, surtout chez les jeunes enfants et les femmes enceintes, si le traitement n’est pas administré à temps. La malnutrition, quant à elle, affaiblit le système immunitaire, rendant les individus plus vulnérables aux infections comme le paludisme, créant ainsi un cercle vicieux infernal.
Prisca Kamala Luanda, coordonnatrice provinciale à la santé, a rappelé l’urgence de la situation : « Cette zone endémique a enregistré de nombreux cas et décès ; le gouvernement a entendu les cris d’alarme de la population. » Cette remise de médicaments, effectuée le samedi 24 janvier au bureau de la zone de santé Beni, symbolise donc une reconnaissance officielle des souffrances endurées et une volonté d’y répondre.
Sur le plan pratique, que signifie ce don pour un habitant de Beni ? Pour les familles, cela peut se traduire par un accès facilité et gratuit à des traitements qui sauvent des vies. Pour les centres de santé, c’est la possibilité de mieux prendre en charge les afflux de patients sans craindre de rupture de stock. L’objectif affiché est une baisse sensible du nombre de cas et de décès dans les semaines à venir. Cependant, la distribution équitable et rapide de ces ressources sur tout le territoire de la zone de santé sera un défi crucial à relever.
La prévention reste un pilier complémentaire indispensable. Les autorités sanitaires profitent de cette occasion pour rappeler les gestes simples qui protègent : dormir sous une moustiquaire imprégnée, assainir son environnement pour éviter les gîtes larvaires, et consulter immédiatement en cas de fièvre. Pour lutter contre la malnutrition, une alimentation diversifiée, si possible, et le dépistage précoce des enfants sont essentiels.
Ce don gouvernemental est une étape importante, mais est-elle suffisante pour endiguer durablement ces fléaux ? Les experts s’accordent à dire qu’une réponse durable nécessite un investissement continu dans les infrastructures sanitaires, la formation du personnel et des campagnes de sensibilisation massives. La stabilisation sécuritaire de la région est également un prérequis fondamental pour permettre un accès humanitaire sans entrave et un retour à une vie normale.
En conclusion, l’arrivée de ces médicaments à Beni est une lueur d’espoir tangible. Elle démontre que les plaidoyers des acteurs locaux peuvent aboutir à des actions concrètes. Pour la population, c’est un message fort : leur santé est une priorité. Il appartient maintenant à tous – autorités, partenaires et communautés – de travailler main dans la main pour que cette aide santé RDC porte ses fruits et contribue à bâtir un avenir plus sain pour le Nord-Kivu.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
