La ville de Kolwezi, au cœur de la province du Lualaba, s’attaque-t-elle enfin au défi de la scolarisation massive de ses enfants ? Dans un contexte où la promesse de la gratuité de l’enseignement primaire peine parfois à se matérialiser en infrastructures concrètes, la municipalité passe à l’acte. L’initiative, portée par l’autorité urbaine, semble vouloir donner un nouveau souffle à l’éducation locale en posant les premières pierres d’un vaste projet.
Concrètement, deux nouvelles écoles primaires sont actuellement en construction, financées intégralement par la mairie de Kolwezi. La première, dénommée école Mavuno, est érigée dans la cellule Hewa Bora. La seconde, répondant au nom de Kamanyola, possède une particularité notable : elle est spécifiquement destinée à accueillir les enfants des familles militaires, répondant ainsi à un besoin souvent exprimé par cette communauté. Cette attention portée aux enfants des militaires en RDC constitue un volet important de ce projet éducatif, visant à stabiliser et soutenir les familles des forces armées.
Quel visage auront ces nouveaux établissements ? Chacun d’eux est conçu pour abriter six salles de classe spacieuses, une salle de réunion pour le personnel enseignant, des blocs sanitaires adaptés et, fait marquant dans le paysage scolaire local, une salle informatique. Cette dernière inclusion témoigne d’une volonté de ne pas se contenter des structures de base, mais d’offrir aux élèves un environnement connecté aux réalités du monde moderne. La construction de ces écoles primaires à Kolwezi représente donc un pas vers la modernisation de l’infrastructure scolaire de la ville.
Le jeudi 22 janvier, le maire de Kolwezi, Jacques Masengo Kindele, s’est rendu sur les deux chantiers pour une inspection de routine. Les travaux, visiblement bien engagés, sont entrés dans leur phase de finition. L’édile s’est dit pleinement satisfait de l’avancement et de la qualité des réalisations. « Nous sommes satisfaits des travaux réalisés », a-t-il déclaré sur place, avant de saluer l’effort des entrepreneurs locaux mobilisés pour le projet. Il a également annoncé la prochaine étape : le lancement imminent de la fabrication des bancs pupitres qui équiperont les salles de classe, démontrant ainsi une planification soucieuse du détail jusqu’à l’opérationnel.
Mais au-delà du simple geste de construction, quelle vision porte cette initiative ? Le maire Kindele l’a clairement reliée au projet national. « Nous accomplissons un devoir constitutionnel, celui de la gratuité de l’enseignement, cheval de bataille de notre chef de l’État », a-t-il affirmé. Cette déclaration ancre résolument l’action municipale dans le cadre de la politique éducative nationale, faisant de Kolwezi un acteur local de la matérialisation de cette réforme majeure. La mairie de Kolwezi prouve, par ces projets éducatifs, sa capacité à traduire une vision politique en actions tangibles sur le terrain.
L’engagement ne s’arrêtera pas à ces deux bâtiments. L’autorité urbaine a en effet annoncé un programme plus ambitieux pour l’année en cours, avec la construction prévue de quatre autres écoles. Cette dynamique soulève plusieurs questions. La province du Lualaba parviendra-t-elle à maintenir ce rythme d’investissement dans l’infrastructure scolaire ? Ces nouvelles classes seront-elles suffisantes pour absorber la demande croissante et réduire le nombre d’enfants par classe ? La clé de la réussite de la gratuité de l’enseignement au Lualaba ne réside-t-elle pas précisément dans ce type d’initiatives locales qui complètent l’effort de l’État central ?
Pour les parents, notamment ceux de la garnison militaire, l’ouverture prochaine de l’école Kamanyola est perçue comme un soulagement. Elle promet un cadre d’apprentissage structuré et de proximité pour leurs enfants, un facteur non négligeable de stabilité familiale. Le projet, dans son ensemble, illustre une prise de conscience : la construction d’écoles est un préalable indispensable, mais elle doit s’accompagner d’une réflexion sur l’affectation des enseignants, la dotation en matériel pédagogique et la maintenance des bâtiments. La gratuité effective de l’enseignement se jouera aussi sur ces terrains-là.
Alors que les finitions se poursuivent et que les premiers bancs vont être fabriqués, Kolwezi regarde vers l’avenir. L’initiative municipale, si elle se pérennise et s’étend, pourrait servir de modèle pour d’autres villes confrontées aux mêmes défis. Elle démontre qu’en dépit des contraintes, une volonté politique locale claire peut accélérer la concrétisation des droits fondamentaux, comme celui de l’éducation. Le chemin est encore long, mais la pose de ces premières pierres marque une étape concrète vers une école plus accessible et mieux équipée pour tous les enfants de Kolwezi.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
