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RDC : Lourenço, président de l’UA, exige le respect des accords de paix avec le Rwanda et le M23

Alors qu’il s’apprête à céder la présidence tournante de l’Union africaine, le chef de l’État angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, a lancé un appel pressant pour une paix durable en République démocratique du Congo. Lors d’un échange de vœux avec le corps diplomatique à Luanda, le président en exercice de l’UA a martelé l’urgence de concrétiser le « silence des armes » en Afrique, en particulier dans la région des Grands Lacs. Son discours a mis en lumière le rôle de médiateur de l’Angola et les processus de paix fragiles engagés sous son égide.

Le président angolais a spécifiquement appelé au respect des engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington, signé en décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda, qu’il a qualifié de « moment historique significatif ». Parallèlement, il a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre le cessez-le-feu négocié à Doha entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23. Pour João Lourenço, la mise en œuvre intégrale de ces accords est la clé d’une stabilité régionale durable. Cette position réaffirme l’engagement continu de l’Angola dans le processus de pacification de la RDC, une médiation qui reste un pilier de la diplomatie africaine.

Au-delà des pourparlers avec les voisins, le président de l’Union africaine a rappelé avec force à Kinshasa et à la société civile congolaise l’importance cruciale d’un dialogue national inclusif. Cet appel n’est pas resté lettre morte. En prélude à ce dialogue, des manœuvres diplomatiques ont été orchestrées, incluant une consultation, le 14 janvier 2026, avec des délégations de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). Les chefs religieux, conduits par Mgr Fulgence Muteba Mugalu et André Bokundoa Bo-Likabe, ont exprimé leur pleine disponibilité à collaborer pour la paix et la réconciliation nationale.

Cette initiative de médiation Angola-RDC, présentée comme un soutien aux processus de Washington et de Doha, suscite néanmoins des réactions contrastées au sein du paysage sociopolitique congolais. L’AFC/M23, acteur central des négociations de Doha, attend des éclaircissements sur le rôle de Luanda. De son côté, le mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien président Joseph Kabila, se montre dubitatif, préférant voir aboutir les initiatives en cours avant d’envisager un dialogue élargi. Ces divergences illustrent les complexités du processus de paix et la difficulté de trouver un consensus entre toutes les parties prenantes.

Dans son analyse, le président Lourenço a lié la sécurité à un développement plus large. Pour lui, les défis africains nécessitent des réponses coordonnées intégrant la dimension économique, l’inclusion sociale et la bonne gouvernance. Il a ainsi souligné que sans paix et stabilité, le continent ne pourra atteindre ses objectifs de développement. Cette perspective holistique vise aussi à désamorcer les justifications utilisées par les auteurs de coups d’État, un phénomène récurrent que le président angolais a fermement condamné, appelant à renforcer les mesures de dissuasion.

La question qui se pose désormais est de savoir si cet ultime plaidoyer du président sortant de l’UA portera ses fruits. La communauté internationale observe avec attention si Kinshasa, Kigali et les groupes armés tiendront leurs promesses. La réussite de ces processus de paix en RDC est un test crucial pour la crédibilité de la médiation africaine et pour l’ambition du « silence des armes ». L’implication des Églises congolaises, forces morales influentes, pourrait-elle être le catalyseur manquant pour relancer un dialogue national sincère ? L’avenir immédiat de la région des Grands Lacs en dépend largement.

En définitive, alors que le Burundi prend la tête de l’Union africaine, le legs de João Lourenço en matière de résolution des conflits reste suspendu à la volonté politique des acteurs congolais et rwandais. La consolidation de la paix en RDC exige plus que des signatures sur des documents ; elle requiert une mise en œuvre loyale et un engagement sans faille envers le dialogue. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si le rêve d’une Afrique pacifiée, porté par le président angolais, peut devenir une réalité dans l’est de la République démocratique du Congo.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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