Dans le paysage médiatique congolais en pleine effervescence, une voix résonne avec une clarté rare, tissant des liens entre le journalisme rigoureux, l’art de la scène et la transmission du savoir. Leonel Ngamuba Mayumbu incarne cette polyvalence moderne, une alchimie où la voix n’est plus seulement un outil de diffusion, mais un instrument de pouvoir et d’authenticité profondément ancré dans l’identité. Son parcours, à la croisée de ces univers, dessine une nouvelle cartographie des possibilités pour les professionnels de la communication en République Démocratique du Congo.
Comment articuler les métiers de journaliste, de coach voix off à Kinshasa et de maîtresse de cérémonie sans diluer son essence ? Pour Leonel Ngamuba Mayumbu, cette pluralité n’est pas une dispersion, mais une source de richesse. Elle a appris à naviguer entre ces rivières distinctes, chacune ayant son courant et ses exigences, pour en puiser la sève qui nourrit son expertise unique. Cette capacité à assumer différentes casquettes, loin d’être un handicap, est devenue sa signature, lui permettant d’apporter une perspective holistique à chaque projet. Dans un environnement médiatique où la spécialisation est souvent reine, son approche transversale ouvre des horizons inédits.
Au cœur de sa philosophie réside la narration professionnelle, qu’elle considère comme la pierre angulaire pour tout journaliste désireux de se démarquer. Il ne s’agit pas simplement de bien parler, mais de maîtriser l’art de raconter, de structurer un récit qui captive tout en informant. Cette compétence, qui mêle technique vocale et intelligence du message, est selon elle la clé pour imposer une voix à la fois crédible et personnelle. C’est cette alchimie qu’elle s’efforce de transmettre à travers ses formations, posant les bases d’une formation narration professionnelle encore trop rare dans les curricula locaux.
Le secteur du coaching voix off Congo, en particulier à Kinshasa, est souvent perçu comme un domaine intuitif, peu structuré. Leonel Ngamuba Mayumbu y apporte une méthodologie rigoureuse, associant la créativité artistique à une approche presque psychologique. « La voix est un instrument à part entière », souligne-t-elle, insistant sur l’importance d’une étude approfondie de ses propres capacités vocales avant de prétendre les modeler. Son travail ne consiste pas à formater des voix, mais à en révéler les multiples facettes, à explorer les variations naturelles pour en extraire la puissance et la couleur authentiques. Cette démarche contribue à professionnaliser un métier en pleine expansion, répondant à la demande croissante de contenus audio de qualité.
Son expérience de la scène en tant que maîtresse de cérémonie infuse d’ailleurs son approche journalistique d’une humanité palpable. Face à un public vivant, elle a affiné son sens de l’observation, sa capacité à décrypter les non-dits et les émotions. Cette intelligence situationnelle, une fois transposée dans le cadre du reportage ou de l’interview, lui permet d’établir un contact plus profond, plus nuancé avec ses interlocuteurs. Elle parle d’une « pratique sémiotique » enrichie, où la voix et le corps deviennent des textes à part entière à interpréter.
Mais la voix, surtout pour une jeune femme évoluant dans les sphères médiatiques et événementielles kinoises, n’est pas qu’un outil technique. Elle est aussi un enjeu de pouvoir et de légitimité. Leonel a dû surmonter le poids du jugement, apprendre à s’imposer par la compétence plus que par l’approbation. Cet obstacle, elle l’a transformé en levier, en se consacrant à un perfectionnisme exigeant qui fait aujourd’hui d’elle une référence. Son parcours est un témoignage éloquent des défis spécifiques rencontrés par les femmes dans ce secteur, mais aussi de leur capacité à les transcender par l’excellence.
L’ère du numérique, avec l’explosion des podcasts et des plateformes audio, offre un terrain de jeu immense pour les professionnels de la voix off en RDC. Leonel Ngamuba Mayumbu y voit un espace de liberté et d’expression directe, une opportunité sans précédent de valoriser cet art et d’en expliquer l’impact. Cette démocratisation des moyens de production ouvre la voie à une nouvelle génération de narrateurs, tout en exigeant une qualité et une authenticité renforcées pour se distinguer dans la masse.
Quelle vision porte-t-elle pour l’avenir ? Elle aspire à devenir une marque, une référence hybride à la croisée du journalisme et de la narration artistique. Son objectif est de laisser une empreinte durable, non pas comme une simple voix médiatique, mais comme une architecte du récit capable de transformer l’information en une expérience vivante et mobilisatrice. Collaborant avec plusieurs médias, elle incarne cette figure émergente du journaliste voix off Kinshasa, capable d’insuffler une dimension narrative et institutionnelle unique aux projets.
Leonel Ngamuba Mayumbu, par son parcours et sa réflexion, redéfinit les contours de la communication en RDC. Elle nous rappelle que la voix, lorsqu’elle est travaillée, consciente et authentique, peut devenir bien plus qu’un moyen de transmission : un pont entre les disciplines, un miroir de l’âme et un levier puissant pour façonner les récits qui construisent notre monde. Son engagement est une invitation à réécouter, et surtout à réentendre, la puissance du son humain dans toute sa complexité.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Eventsrdc
