25.2 C
Kinshasa
vendredi, janvier 23, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéSantéMSF en urgence à Nyanzale : 32 civils blessés dans l'escalade des...

MSF en urgence à Nyanzale : 32 civils blessés dans l’escalade des violences au Nord-Kivu

Une nouvelle flambée de violence dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, a provoqué une crise humanitaire aiguë, nécessitant l’intervention d’urgence de Médecins Sans Frontières (MSF). Depuis le 20 janvier, les équipes de l’ONG apportent un soutien médical et logistique crucial au centre de santé de Nyanzale, confronté à un afflux soudain de blessés. Comment une communauté déjà éprouvée survit-elle lorsque les soins de santé de base deviennent un champ de bataille ?

Le bilan est lourd : 32 personnes, principalement des civils, ont été admises avec des blessures par éclats d’obus et balles. Ces victimes sont les conséquences directes d’une attaque survenue le 19 janvier, attribuée aux miliciens Wazalendo du groupe CMC, un collectif armé allié aux FDLR. Les affrontements qui ont suivi entre ces miliciens et les rebelles de l’AFC/M23 ont placé la population civile dans une situation de danger extrême. Des habitants engagés dans des travaux communautaires, le « salongo », se sont retrouvés littéralement pris entre deux feux, illustrant la terrible vulnérabilité des non-combattants dans ce conflit qui perdure.

Au-delà des blessures visibles, le traumatisme est profond. Les équipes de MSF sur place ont recueilli des témoignages accablants : plusieurs maisons de civils ont été incendiées à Nyanzale suite aux combats. Cette stratégie de la terre brûlée ne fait qu’aggraver le déplacement des populations et détruire le peu de stabilité qui restait. La situation sécuritaire dans la localité de Nyanzale demeure extrêmement volatile. Après une brève accalmie dimanche matin, de nouveaux combats ont éclaté en fin d’après-midi entre les mêmes belligérants, plongeant les quartiers dans la panique sous le son des tirs croisés.

Face à cette urgence, la réponse de MSF à Nyanzale est double. Outre les soins chirurgicaux et post-opératoires vitaux pour les blessés, l’ONG a déployé une équipe d’urgence pour des activités humanitaires essentielles. La construction de toilettes, la fourniture d’eau potable et des actions de promotion de l’hygiène sont menées dans les sites les plus vulnérables. Ces interventions sont capitales car les personnes affectées survivent dans des conditions déplorables, avec un accès insuffisant à un abri, à la nourriture et aux articles de première nécessité. Ce contexte précieux accroît exponentiellement les risques d’épidémies, transformant une crise sécuritaire en crise sanitaire potentielle.

La psychose est palpable parmi les civils. Nombre d’entre eux, qui venaient tout juste de rentrer chez eux après une période de déplacement, se sont de nouveau barricadés dans leurs habitations, craignant une escalade des affrontements. La tension est encore attisée par les manœuvres militaires rapportées aux alentours. Des sources locales évoquent la présence de combattants Wazalendo (VDP) tandis que les rebelles du M23 tenteraient de reprendre le contrôle du village voisin de Kiyeye, dans le groupement Kihondo. Un communiqué du mouvement CMC, dénonçant une attaque à l’obus sur plusieurs agglomérations, avait d’ailleurs annoncé une réaction rapide, préfigurant cette reprise des hostilités.

Le bilan provisoire de cette nouvelle vague de violence dans la région de Rutshuru est déjà tragique. Outre les dizaines de blessés pris en charge par MSF à Nyanzale, des sources locales font état de deux civils tués à Kihondo-centre – un homme et une femme – et d’au moins dix maisons incendiées à Nyarubande. Ces chiffres, bien que partiels, dessinent les contours d’une crise humanitaire qui s’enlise. Comment protéger les civils pris au piège de ces violences cycliques au Nord-Kivu ? La réponse humanitaire, bien que vitale, ne traite que les symptômes.

La vulnérabilité des populations face aux affrontements entre le M23 et les groupes locaux comme le CMC exige une solution politique durable. En attendant, le travail des organisations comme MSF reste une bouée de sauvetage. Cependant, l’accès humanitaire et la sécurité des soignants doivent être absolument garantis pour permettre la continuation des soins. Il est impératif que toutes les parties au conflit respectent le droit international humanitaire, protègent les civils et les infrastructures médicales. La communauté, quant à elle, doit rester vigilante sur les mesures d’hygiène pour prévenir les maladies et se tenir informée via des canaux sûrs sur l’évolution de la situation sécuritaire.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

Commenter
Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 22 Janvier 2026

Édition du 22 janvier 2026 : inondations à Kinshasa, attaque meurtrière des ADF au Nord-Kivu, 2 millions d’euros d’aide humanitaire de l’UE au Sud-Kivu, arrestations d’opposants politiques de premier plan et grève suspendue aux Affaires étrangères. Le secteur cacao subit des arrestations arbitraires, tandis que Yoane Wissa brille en Ligue des champions.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques