25.2 C
Kinshasa
vendredi, janvier 23, 2026

Toute l'Actualité RDC, en Direct et en Détail

AccueilActualitéSociétéKintambo dans le noir : les femmes en lutte contre l'insécurité électrique

Kintambo dans le noir : les femmes en lutte contre l’insécurité électrique

Le soir tombe sur Kintambo, et avec lui, l’angoisse. Dans ce quartier de Kinshasa, les rues plongent brutalement dans l’obscurité, les coupures d’électricité devenant le quotidien de milliers de familles. « On ne sait jamais quand la lumière va revenir, alors on se barricade chez soi », confie une mère de famille, résumant le sentiment d’insécurité qui ronge la commune. Cette peur, partagée par des centaines de femmes, a poussé la Fondation Panier de la Femme à passer à l’action. Le jeudi 22 janvier, ses membres ont déposé un mémorandum à la maison communale, implorant les autorités d’intervenir auprès de la SNEL pour stabiliser un réseau électrique défaillant qui met en péril leur sécurité et leur subsistance.

Le document a été remis à Daniel Kabambu, secrétaire communal et représentant du bourgmestre Gyrlain Bonzenga. À travers ce geste, ces habitantes de Kintambo espèrent que leur cri de détresse sera enfin entendu. Pour elles, le manque d’électricité ne paralyse pas seulement les activités économiques domestiques ; il creuse les inégalités et transforme les zones d’ombre en repaires pour les criminels. Comment une capitale peut-elle fonctionner lorsque ses artères vitales sont régulièrement sectionnées ? La question hante les esprits alors que les coupures d’électricité à Kinshasa s’enchaînent, plongeant des quartiers entiers dans une vulnérabilité extrême.

Love Engele, présidente de la Fondation, porte cette action citoyenne avec une conviction forgée par le programme She Leads. « Ce programme m’a aidée à identifier les problèmes qui rongent notre communauté. Nous sommes venues voir le bourgmestre, car en tant que premier citoyen de la commune, il est notre porte-parole naturel auprès des établissements publics comme la SNEL », explique-t-elle. Son témoignage met en lumière un leadership féminin en plein essor, où les femmes en RDC refusent de rester spectatrices de leur propre précarité. Le secrétariat communal a assuré de transmettre les revendications, mais l’attente d’une réponse concrète pèse sur les épaules de ces habitantes mobilisées.

Derrière cette mobilisation locale se cache une réalité plus large et plus amère : la vétusté généralisée du réseau électrique national. La surcharge des installations, l’insuffisance criante de la production, des infrastructures mal entretenues et un manque chronique d’investissements créent un cocktail explosif. Chaque délestage est un coup porté à l’économie informelle, florissante mais fragile. Les commerçants, surtout les vendeuses de vivres frais, voient leurs stocks pourrir faute de réfrigération, transformant un gagne-pain en pertes sèches. Les ménages doivent dépenser des sommes astronomiques en groupes électrogènes ou en bougies, alourdissant un budget déjà étriqué.

L’insécurité à Kintambo n’est donc pas une fatalité, mais le symptôme d’une gestion défaillante. Les rues non éclairées deviennent le terrain de jeu des agresseurs, et l’obscurité favorise les vols et les violences. Les femmes, souvent chargées de la sécurité du foyer, sont les premières à subir cette double peine : économique et sécuritaire. Jusqu’où cette spirale infernale peut-elle aller si rien n’est fait ? L’action de la Fondation Panier de la Femme ouvre une brèche d’espoir, montrant que la pression citoyenne peut obliger les autorités à regarder les problèmes en face.

Au-delà de Kintambo, c’est tout un modèle de développement qui est interrogé. La régularité de l’approvisionnement en électricité est un marqueur essentiel de la qualité de vie et de la justice sociale. Les perturbations actuelles creusent le fossé entre ceux qui peuvent se payer l’autonomie énergétique et les autres, condamnés à l’insécurité et à la précarité. L’enjeu dépasse la simple réparation de câbles ; il touche à la gouvernance, à la transparence des investissements et à la priorité donnée au bien-être des populations. Les femmes de Kintambo, par leur démarche courageuse, rappellent que l’électricité n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. Leur combat pour un cadre de vie décent et sécurisé est celui de toute une nation en quête de stabilité et de progrès.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

Commenter
Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 22 Janvier 2026

Édition du 22 janvier 2026 : inondations à Kinshasa, attaque meurtrière des ADF au Nord-Kivu, 2 millions d’euros d’aide humanitaire de l’UE au Sud-Kivu, arrestations d’opposants politiques de premier plan et grève suspendue aux Affaires étrangères. Le secteur cacao subit des arrestations arbitraires, tandis que Yoane Wissa brille en Ligue des champions.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques