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Élection OIF 2026 : la RDC prête à contester Mushikiwabo ?

L’élection du secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), prévue lors du Sommet de la Francophonie au Cambodge en novembre 2026, s’annonce d’ores et déjà comme un enjeu diplomatique majeur. La secrétaire générale sortante, Louise Mushikiwabo, ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda, a officiellement annoncé sa candidature pour un troisième mandat, une initiative soutenue par son gouvernement. Cependant, cette perspective suscite des réactions mitigées, notamment de la part de la République démocratique du Congo (RDC), qui entretient des relations tendues avec Kigali.

Le contexte géopolitique est en effet marqué par des tensions persistantes entre les deux voisins. Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de soutenir le groupe rebelle M23, actif dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que Kigali reproche à la RDC de collaborer avec les forces FDLR, considérées comme une menace pour sa sécurité. Malgré les accords de Washington signés sous médiation américaine, la méfiance reste profonde. Dans ce climat, la candidature de Louise Mushikiwabo à la tête de l’OIF est perçue par certains observateurs comme un facteur potentiel d’exacerbation des rivalités.

C’est dans ce cadre que les récentes manœuvres diplomatiques de la RDC prennent tout leur sens. Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Francophonie, Crispin Mbadu Phanzu, s’est entretenu à Kinshasa avec l’ambassadeur de France, Rémi Maréchaux. Officiellement, cette rencontre visait à renforcer les relations bilatérales et à préparer la visite de la ministre déléguée française chargée de la Francophonie, Eléonore Caroit, prévue en février 2026. Les discussions ont également porté sur « les questions relatives à la Francophonie dans toutes ses dimensions », selon les termes du ministre congolais.

De nombreux analystes y voient une volonté de Kinshasa d’explorer les possibilités de contrer le troisième mandat de Louise Mushikiwabo. La RDC pourrait-elle présenter sa propre candidature pour le poste de secrétaire général de l’OIF ? La question, bien que non encore officiellement évoquée par le gouvernement congolais, semble gagner en pertinence. La visite imminente de la ministre française Eléonore Caroit pourrait offrir à Kinshasa l’occasion d’exprimer ses ambitions et de sonder le soutien de Paris, acteur clé de la Francophonie.

La RDC dispose-t-elle des atouts nécessaires pour briguer ce poste prestigieux ? Mabiala Ma-Umba, expert-consultant et ancien directeur à l’OIF, estime que le pays a toutes les chances de produire le prochain secrétaire général, à condition de proposer une personnalité de stature internationale, crédible et respectée. Il rappelle que le secrétaire général de l’OIF a rang de chef d’État et joue un rôle crucial de facilitateur au sein de l’organisation multilatérale, où les décisions se prennent généralement par consensus.

Les récents succès diplomatiques de la RDC sur la scène mondiale pourraient renforcer sa légitimité. Élue membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour 2025-2027, puis membre non permanent du Conseil de sécurité pour 2026-2027, Kinshasa a démontré sa capacité à mobiliser un large soutien. Ces réalisations constituent-elles un tremplin pour une candidature à la tête de l’OIF ? Elles pourraient en tout cas inciter le gouvernement congolais à saisir cette opportunité pour affirmer son leadership dans l’espace francophone.

L’élection du secrétaire général de l’OIF en 2026 ne se résume donc pas à une simple question de personne. Elle implique des équilibres politiques complexes au sein de la Francophonie, où la RDC, par son poids démographique et son influence croissante, aspire à jouer un rôle plus central. Le possible affrontement entre une candidature congolaise et celle de Louise Mushikiwabo symboliserait la persistance des tensions régionales dans l’arène multilatérale.

Le Sommet de la Francophonie au Cambodge sera l’aboutissement de ces manœuvres diplomatiques. Les chefs d’État et de gouvernement devront alors trancher, idéalement par consensus, sur la direction de l’organisation pour les années à venir. Dans l’intervalle, Kinshasa et Kigali, ainsi que leurs alliés respectifs, mèneront sans doute une intense campagne de persuasion. L’enjeu dépasse la simple gestion de l’OIF ; il touche à la crédibilité de l’organisation et à sa capacité à promouvoir la paix et la coopération dans un contexte de divisions.

À l’heure actuelle, la position de la France, pays hôte de l’OIF, sera scrutée avec attention. Paris entretient des relations avec les deux capitales et pourrait jouer un rôle de médiateur. La visite de la ministre Eléonore Caroit à Kinshasa en février 2026 sera donc un moment clé pour évaluer les intentions réelles de la RDC et l’évolution des alliances.

En définitive, l’élection secrétaire général OIF 2026 s’annonce comme un test décisif pour la diplomatie congolaise et pour la cohésion de la Francophonie. Que la RDC décide ou non de présenter un candidat, la candidature de Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat a déjà relancé le débat sur la gouvernance de l’organisation et sur l’influence des États membres. Les mois à venir seront cruciaux pour dessiner les contours de cette bataille diplomatique silencieuse mais ô combien significative.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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