Imaginez-vous recevoir un document officiel, sigillé et menaçant, provenant d’une « Direction générale des contrôles économiques, financiers et administratifs » (DGECEFA) basée à la Présidence de la République. Pour de nombreux citoyens des provinces de l’Est de la RDC, cette scénario anxiogène est devenu une réalité. Ils se sont vus convoqués, intimidés, ou sollicités pour des paiements obscurs par des individus se réclamant de cette institution. Aujourd’hui, la vérité éclate au grand jour : cette structure n’existe pas. Il s’agit d’une vaste escroquerie en RDC, soigneusement montée pour abuser de la confiance et de la vulnérabilité des populations.
Dans un communiqué du cabinet du Chef État rendu public ce mercredi 21 janvier et consulté par Congo Quotidien, la plus haute autorité du pays dément catégoriquement l’existence au sein de la Présidence de la République de cette soi-disant DGECEFA. Le document est sans ambigüité : « Aucune entité de cette dénomination n’y est reconnue, ni de près ni de loin ». Cette structure fictive liée à la Présidence RDC est une création de toute pièce, conçue dans le seul but d’escroquer, d’extorquer et de manipuler des citoyens en usurpant l’autorité, le nom et l’image des institutions légitimes de la République.
Le mode opératoire de ces imposteurs est aussi simple qu’efficace dans un contexte de méfiance et de complexité administrative. Se parant d’une autorité fictive, ils contactent des particuliers, des commerçants ou des responsables locaux, souvent dans les régions de l’Est déjà éprouvées par les conflits. Ils brandissent de faux documents, lancent des convocations officieuses et inventent des infractions ou des procédures de contrôle. Le but ? Tirer profit de la crainte légitime qu’inspire l’État pour soutirer de l’argent. Le communiqué précise d’ailleurs que ces activités criminelles ont été menées « dans quelques provinces de la partie Est du pays », confirmant ainsi une cible géographique précise pour cette escroquerie de la population Est RDC.
Comment une telle supercherie a-t-elle pu prendre une telle ampleur ? La réponse réside peut-être dans le fossé qui sépare parfois l’institution étatique du citoyen ordinaire. Lorsque les canaux officiels sont perçus comme éloignés ou opaques, la porte est grande ouverte à ceux qui jouent les intermédiaires frauduleux. Cette affaire de DGECEFA escroquerie RDC n’est malheureusement pas un cas isolé ; elle s’inscrit dans un paysage plus large de fraude économique en RDC, où la détresse économique et le manque d’information sont exploités sans vergogne. Elle pose une question cruciale : jusqu’où la crédulité publique peut-elle être instrumentalisée au détriment de la paix sociale et de la confiance dans les institutions ?
Face à cette menace, le cabinet présidentiel lance un avertissement sans équivoque et un appel à la mobilisation citoyenne. Tous les actes, documents, convocations ou prétendues missions réalisés au nom de la DGECEFA sont déclarés « nuls, frauduleux » et n’engagent en rien la Présidence. La consigne est claire : tout citoyen doit « rejeter systématiquement » toute sollicitation émanant de cette entité fantôme et « dénoncer immédiatement les auteurs auprès des autorités compétentes ». Le communiqué promet que des poursuites judiciaires seront engagées « sans complaisance » contre les instigateurs, complices et bénéficiaires de ce système frauduleux, conformément aux lois en vigueur.
Au-delà de l’alerte immédiate, cette histoire de structure fictive nous renvoie à des enjeux sociétaux profonds. Elle révèle la vulnérabilité de citoyens qui, par besoin de reconnaissance administrative ou par crainte des représailles, peuvent se plier à des exigences illégitimes. Elle souligne l’impérieuse nécessité de renforcer la communication de l’État vers ses administrés, de simplifier l’accès à l’information sur les services publics réels et de combattre l’impunité dont jouissent trop souvent les escrocs en col blanc. La lutte contre ce type de fraude économique RDC est un combat pour la dignité et la sécurité juridique de chaque Congolais.
En définitive, la mise en garde de la Présidence est une étape nécessaire pour couper l’herbe sous le pied des fraudeurs et protéger les populations. Elle doit s’accompagner d’une action judiciaire visible et ferme pour restaurer la confiance. Car, dans une démocratie, le premier devoir de l’État est de protéger ses citoyens non seulement contre les violences physiques, mais aussi contre les prédateurs économiques qui exploitent son nom et son autorité. La vigilance, aujourd’hui, est l’affaire de tous.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
