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Condamnation historique en Ituri : 20 ans de prison pour un officier FARDC ayant filmé une opération

La Cour militaire de l’Ituri a prononcé, mercredi 21 janvier, une lourde condamnation à l’encontre du capitaine de corvette Buba Ambwa Jean Dénis, officier commandant de bataillon ad intérim de la force navale sur le lac Albert. L’officier supérieur des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a été reconnu coupable de violation grave des consignes militaires en période de conflit, un délit sanctionné par vingt années de servitude pénale principale. La sanction, assortie de la radiation définitive des effectifs de l’armée régulière, est présentée par l’institution judiciaire militaire comme une mesure à forte portée pédagogique pour l’ensemble du corps des officiers.

Les faits reprochés remontent au 8 octobre 2025. Ce jour-là, le capitaine Buba Ambwa menait une unité militaire à bord d’un hors-bord en direction du littoral de Nyambamba, dans la zone de Kasenyi, en Ituri. L’objectif de la mission était clair : engager les combattants de la Convention pour la révolution populaire (CRP), une milice communément attribuée à l’ancien chef de guerre Thomas Lubanga. Cependant, la conduite de l’officier a dévié des protocoles opérationnels stricts régissant ce type d’intervention.

En effet, en pleine action militaire, l’officier a utilisé son téléphone portable pour se filmer, lui et les soldats placés sous son commandement direct. Cette séquence vidéo, capturant des moments sensibles d’une opération de combat, a par la suite été diffusée publiquement sur plusieurs plateformes de réseaux sociaux. Cette initiative personnelle, qualifiée d’« acte d’indiscipline manifeste » par le ministère public, a constitué le cœur de l’accusation, mettant en lumière une transgression flagrante des règles élémentaires de sécurité et de confidentialité opérationnelle.

Le parquet militaire a construit son réquisitoire sur l’article 154 du Code de justice militaire, qui réprime sévèrement toute violation des consignes en temps de guerre ou d’opérations militaires. Les magistrats ont souligné que la diffusion de telles images pouvait compromettre non seulement la sécurité immédiate des militaires engagés, en révélant leurs positions et tactiques, mais aussi porter atteinte à la stratégie globale des FARDC dans une région encore instable. Comment, en effet, justifier qu’un officier responsable mette en péril ses hommes et une mission pour une quête de notoriété sur internet ? Cette question a pesé lourd dans le délibéré des juges.

Après une instruction minutieuse et des débats contradictoires, la Cour militaire de l’Ituri, siégeant en formation de jugement, a rendu son verdict. La culpabilité du capitaine Buba Ambwa a été établie sans équivoque. Outre la peine principale de vingt ans de réclusion, la Cour a ordonné sa radiation immédiate et définitive des cadres des FARDC. Cette décision de justice, rendue publique, vise à envoyer un signal fort à l’ensemble de la hiérarchie militaire. La sentence est ainsi revêtue d’un caractère exemplaire, destiné à dissuader tout comportement similaire et à rappeler la primauté absolue de la discipline en opération.

La défense de l’officier condamné, assurée par son avocat, a immédiatement fait connaître son désaccord avec la sévérité du jugement. Un appel a été formé contre cette décision, ce qui suspend, conformément à la procédure, l’exécution de la peine dans l’attente d’un nouvel examen de l’affaire par la juridiction militaire supérieure. Les motifs de cet appel n’ont pas été détaillés publiquement, mais ils pourraient porter sur l’appréciation de la gravité des faits ou sur des aspects procéduraux. Cette étape judiciaire ultérieure déterminera si la condamnation est confirmée, atténuée ou annulée.

Cette affaire survient dans un contexte où l’usage des téléphones portables et des réseaux sociaux par les militaires en opération est devenu un sujet de préoccupation croissant pour les états-majors, tant en RDC qu’ailleurs dans le monde. Elle pose des questions fondamentales sur l’équilibre entre le devoir de réserve, la sécurité opérationnelle et l’ère de la communication instantanée. La justice militaire iturienne, par cette décision sans précédent dans la province, marque sa ferme volonté de préserver le secret et l’efficacité des opérations militaires contre les velléités d’exposition individuelle.

L’épilogue de cette procédure, une fois l’appel jugé, sera donc scruté avec attention par les observateurs de la discipline militaire et des droits de la défense. Il établira un précédent jurisprudentiel important pour le traitement des futures affaires impliquant des fuites d’information ou des violations de confidentialité par des personnels en uniforme. Pour l’heure, la condamnation du capitaine Buba Ambwa par la Cour militaire de l’Ituri reste un rappel brutal des obligations qui incombent à tout officier commandant des troupes sur le terrain, où la moindre faute peut avoir des conséquences dramatiques et être sanctionnée avec la plus grande rigueur.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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