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Microfinance RDC : Procfin SA pulvérise les accusations de transferts de fonds illicites

Le secteur de la microfinance en RDC, pierre angulaire de l’inclusion financière pour des millions de citoyens, est secoué par une tempête médiatique aux allégations gravissimes. L’Institution de Microfinance Procfin SA se trouve au cœur d’une polémique née sur les réseaux sociaux, accusée lors d’une émission YouTube de pratiquer des transferts occultes de fonds considérables vers l’étranger. En réponse, la direction de l’IMF a organisé un point de presse musclé, présentant son bilan et brandissant l’étendard de la régulation pour démonter point par point ces accusations.

Lors de cette conférence de presse tenue ce lundi 19 janvier, Sylvain Pakasa, directeur général adjoint de Procfin SA microfinance, a posé d’emblée le cadre légal incontestable dans lequel évolue son institution. « Procfin SA est une institution de microfinance agréée, opérant conformément à la règlementation en vigueur en RDC, et est sous la supervision directe de la Banque Centrale du Congo (BCC) », a-t-il martelé. Cette précision n’est pas anodine ; elle place l’établissement sous le giron du régulateur national, soumis à ses contrôles stricts et à ses normes prudentielles. Comment, dans un tel cadre, des transferts massifs et non tracés pourraient-ils passer inaperçus ? La question, rhétorique, plane sur l’ensemble des allégations portées.

Le cœur de l’accusation – des transferts de fonds de plusieurs milliards de dollars vers des entités étrangères – a été pulvérisé par la présentation du bilan officiel. Sylvain Pakasa a exhibé le document publié en juin 2025, révélant un chiffre d’affaires total de 168 715 325 109 francs congolais, soit approximativement 74,9 millions de dollars américains. « Les affirmations faisant état des transferts de fonds de plusieurs milliards de dollars américains vers l’étranger (…) sont dénuées de tout fondement, tant au regard de notre cadre opérationnel que de nos capacités réelles », a-t-il déclaré avec force. L’écart est abyssal entre les montants allégués et la taille réelle de l’entreprise, suggérant une méconnaissance profonde ou une manipulation des chiffres.

Sur le plan opérationnel, le DGA a rappelé une limite structurelle : Procfin SA n’est pas une banque commerciale. Elle ne peut donc effectuer d’opérations internationales de manière autonome ou occulte. Toute transaction transfrontalière passerait nécessairement par l’entremise de banques commerciales agréées, soumise à leur propre contrôle de conformité et à la traçabilité imposée par la Banque Centrale du Congo. Cette chaîne de vérification multiple constitue un rempart difficile à franchir pour des flux financiers illicites de l’ampleur évoquée.

La gouvernance et l’actionnariat de l’IMF ont également été mis sur la table pour faire la lumière. Face aux insinuations de liens avec des personnalités politiques, la direction a opposé un démenti catégorique. « Procfin n’a aucun lien, ni institutionnel, ni financier, ni personne, ou tout autre acteur politique. Nous sommes une institution de microfinance de droit congolais, régie par les lois de la République », a insisté Sylvain Pakasa. L’entreprise affirme être détenue par des actionnaires congolais dûment déclarés et pilotée par ses organes de gouvernance légaux. Cette clarification vise à couper court à toute spéculation sur d’éventuels conflits d’intérêts ou influences obscures.

Conséquence directe de cette crise de réputation, Procfin SA a décidé de passer à l’offensive sur le terrain juridique. Par la voix de son conseiller, Maître Carlos Ngwapitshi, l’institution a annoncé avoir engagé des démarches légales pour défendre ses droits et son image. Une mise en demeure de 48 heures a été adressée à l’auteur des accusations, l’invitant à produire les preuves étayant ses dires. Cette réaction ferme illustre la volonté de l’IMF de ne pas laisser impunies des allégations qui pourraient, à terme, ébranler la confiance de sa clientèle et ternir l’image du secteur de la microfinance en RDC tout entier.

Au-delà du cas spécifique de Procfin SA microfinance, cet épisode pose une question cruciale sur l’impact des médias non régulés sur la stabilité financière. Les accusations de transferts de fonds non étayées, lorsqu’elles visent une institution sous supervision, peuvent générer une défiance dommageable pour l’épargne populaire et le crédit aux petites entreprises. La robustesse du cadre de supervision de la Banque Centrale du Congo est ici indirectement testée. La réponse institutionnelle, par le biais des procédures légales engagées, servira de précédent pour dissuader de futures campagnes de déstabilisation infondées.

Prospectivement, cet événement pourrait même renforcer les standards de transparence dans le secteur. La volonté affichée par Procfin SA de communiquer ouvertement sur son bilan et sa gouvernance pourrait inspirer d’autres acteurs. Dans un écosystème financier en pleine croissance comme celui de la RDC, la clarté et la reddition de comptes sont les meilleurs atouts pour bâtir une confiance durable avec le public et les régulateurs. La résilience de cette IMF face à cette tempête médiatique sera donc scrutée à la loupe, non seulement par ses clients et ses pairs, mais aussi par les investisseurs potentiels qui observent l’évolution du paysage financier congolais.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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