La Maison Blanche a récemment publié un document intitulé « 365 victoires en 365 jours », dressant le bilan de la première année du second mandat du président américain Donald J. Trump. Parmi les nombreuses réalisations revendiquées, plusieurs concernent le continent africain, avec une mention particulière à la République démocratique du Congo (RDC). L’administration Trump affirme en effet avoir « négocié une paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda ». Cette affirmation, livrée sans aucun détail supplémentaire, interroge sur la nature et la réalité de cette médiation.
Les relations entre la RDC et le Rwanda ont été marquées par des décennies de tensions, de conflits armés et d’accusations mutuelles d’ingérence. La région des Grands Lacs est un foyer d’instabilité chronique, où divers groupes armés opèrent, souvent avec des soutiens transfrontaliers présumés. Dans ce contexte, toute initiative de paix serait cruciale. Cependant, les observateurs régionaux et internationaux n’ont pas signalé d’accord de paix formel négocié par les États-Unis entre Kinshasa et Kigali récemment. La politique étrangère américaine en Afrique sous l’ère Trump a souvent été caractérisée par un désengagement relatif, mis à part des priorités sécuritaires comme la lutte contre le terrorisme.
L’affirmation de la Maison Blanche concernant la négociation d’une paix entre la RDC et le Rwanda semble surprenante au regard de l’actualité récente. Bien que des efforts diplomatiques existent, notamment sous l’égide de l’Union africaine ou des pays voisins, le rôle direct des États-Unis n’a pas été mis en avant. Cette revendication pourrait être perçue comme une tentative de gonfler le bilan diplomatique de l’administration Trump à l’approche de l’élection présidentielle. D’ailleurs, le document ne précise ni la date, ni les termes, ni les parties prenantes de cette prétendue négociation. Cela soulève des questions sur sa crédibilité et son impact réel sur le terrain.
Le document de la Maison Blanche mentionne également d’autres initiatives africaines. Il évoque la facilitation d’un accord de paix entre l’Égypte et l’Éthiopie, deux pays en tension autour du projet de barrage sur le Nil. Là encore, les détails sont absents. Par ailleurs, des frappes américaines contre des responsables de l’État islamique au Nigeria sont citées, ce qui correspond aux opérations antiterroristes menées par les États-Unis dans la région du Sahel. Enfin, le document fait référence à l’accueil de réfugiés afrikaners d’Afrique du Sud et à des décisions migratoires concernant la Somalie.
Pour la RDC, cette affirmation non étayée pourrait créer une confusion ou des attentes infondées. Les autorités congolaises n’ont pas réagi immédiatement à cette publication. Il est essentiel de recouper ces informations avec des sources locales et internationales. La diplomatie américaine en Afrique semble vouloir montrer son activisme, mais les actions concrètes restent à démontrer. À l’heure où la stabilité de la région des Grands Lacs est plus que jamais nécessaire, des déclarations vagues peuvent nuire plutôt qu’aider.
En somme, le document de la Maison Blanche sur les 365 victoires de Trump offre une vision optimiste de la politique étrangère américaine, notamment en Afrique. Cependant, le manque de précision sur des points sensibles comme la négociation de paix entre la RDC et le Rwanda invite à la prudence. Les observateurs attendront des confirmations et des actions tangibles. Pour l’instant, cette revendication reste une affirmation à vérifier dans le paysage complexe des relations internationales africaines.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
