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Pénurie d’eau à Matadi : la panne électrique de la SNEL assoiffe des dizaines de quartiers

Le seau à la main, Jean-Pierre, père de quatre enfants dans le quartier Momo, regarde son robinet sec avec un mélange de colère et de résignation. Comme lui, des milliers de familles de Matadi, au Kongo-Central, vivent un calvaire depuis trois jours : une pénurie d’eau totale qui a transformé le simple geste de se laver les mains ou de préparer un repas en parcours du combattant. Cette crise, qui frappe de plein fouet la vie quotidienne, trouve sa source dans une défaillance technique qui en dit long sur la fragilité des infrastructures essentielles.

La situation est explicite : dans la nuit du dimanche 18 janvier, une panne sur le réseau électrique de la SNEL a brutalement stoppé les pompes de l’usine Fleuve de la REGIDESO. Conséquence immédiate, les robinets se sont tus dans une douzaine de quartiers densément peuplés. Mambote, Momo, Kimbanguiste, Nord, Kasu, Kinkanda, Camp Banana, Dallias, Biwewe, Belvédère, OEBK, Nzanza, Kitomesa… La liste des zones affectées par cette coupure d’eau dessine une carte alarmante de la vulnérabilité de la ville. Les réserves domestiques, souvent maigres, se sont épuisées en quelques heures, plongeant les habitants dans une course contre la montre.

« Nous sommes revenus au temps de nos grands-parents, à puiser l’eau du fleuve », témoigne une habitante de Kinkanda, le visage trahissant la fatigue. Car face à l’urgence, les alternatives sont limitées et souvent risquées. Les quelques bornes-fontaines encore opérationnelles voient se former des queues interminables dès l’aube. Beaucoup se rabattent sur les eaux du fleuve Congo, avec les dangers que cela comporte pour la santé en l’absence de traitement. Comment, en 2026, une ville comme Matadi peut-elle se retrouver ainsi à la merci d’une seule panne technique ? La question brûle les lèvres de nombreux citoyens.

Dans un communiqué, la REGIDESO a reconnu le problème et assure que ses équipes techniques, en collaboration avec celles de la SNEL, « poursuivent les interventions sur l’usine du Fleuve afin de décanter la panne ». La régie promet un retour progressif à la normale « dans les heures qui suivent ». Mais sur le terrain, la confiance est mince. Ces promesses sonnent comme un écho à des incidents passés, révélant une problématique structurelle. La dépendance critique de l’alimentation en eau potable à la fiabilité du réseau électrique national constitue un point faible majeur, un talon d’Achille qui expose régulièrement les populations à des crises de pénurie.

Cette pénurie eau Matadi n’est pas qu’une simple indisponibilité technique. Elle est un révélateur social puissant. Elle frappe indistinctement, mais ce sont les plus vulnérables – les familles nombreuses, les personnes âgées, les malades – qui en paient le plus lourd tribut. Le temps perdu à chercher de l’eau, l’argent dépensé pour en acheter à prix d’or lorsque c’est possible, les risques sanitaires liés à la consommation d’eau non traitée : le coût humain de cette crise est immense. L’accès à l’eau potable Kongo-Central reste-t-il un droit fondamental ou un privilège soumis aux aléas des infrastructures ?

La colère monte doucement dans les quartiers Matadi sans eau. Les habitants s’interrogent sur la réactivité des services publics et sur les investissements nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement. Cette panne, qualifiée d’accidentelle, met en lumière le besoin urgent de modernisation des usines de traitement et de diversification des sources d’énergie. La REGIDESO panne électrique est un schéma malheureusement trop répété qui appelle à une réponse plus robuste et durable.

Alors que les équipes de la REGIDESO et de la SNEL s’activent, la vie à Matadi est comme suspendue. Les écoles, les hôpitaux, les petits commerces doivent composer avec cette pénurie. Cette crise est un coup de projecteur brutal sur les enjeux de développement de la région. Elle rappelle que derrière les statistiques et les communiqués, ce sont des vies concrètes qui sont bouleversées. Le retour de l’eau dans les robinets sera un soulagement, mais il ne devra pas faire oublier la nécessité d’un débat profond sur la résilience des services essentiels et le droit inaliénable de chaque citoyen à l’eau potable. La soif de Matadi aujourd’hui pose une question bien plus large : celle de la dignité et de la sécurité de base pour tous.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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