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Bagata : Huit présumés incendiaires et meurtriers présentés au gouverneur du Kwilu

Huit individus, soupçonnés d’être les auteurs d’homicides et de l’embrasement de trois douzaines d’habitations dans le village de Lunkuni, ont été présentés ce mardi aux autorités provinciales. Cette présentation officielle par la police Kwilu marque une avancée significative dans l’enquête sur les violences survenues dans le secteur Manzasay, territoire de Bagata. Les suspects ont été interpellés dans le cadre du conflit coutumier Kwilu ayant abouti à l’assassinat du chef du groupement Bamenga Lokwa, le 5 janvier dernier.

Les faits remontent à une dispute liée à la succession du pouvoir traditionnel. Le meurtre du chef coutumier aurait déclenché un cycle de violences et de représailles dévastatrices. En réaction à ce crime, des proches de la victime se seraient rendus à Lunkuni pour y mettre le feu. Trente-quatre maisons ont été réduites en cendres, plongeant la communauté dans le chaos et l’exode.

Outre le chef local, trois autres personnes ont perdu la vie lors de ces affrontements, dont deux ont été retrouvées décapitées, selon les déclarations de la société civile locale au début du mois. La police Kwilu a produit, lors de la présentation des suspects, plusieurs armes de calibre 12 saisies lors des arrestation Bagata. Ces saisies illustrent la dangerosité des engins ayant circulé durant ce conflit.

Mais l’action policière ne s’arrête pas aux interpellations. Près de deux semaines après les faits, le bilan humain et social reste lourd. Une partie importante de la population, prise de panique, a fui son village pour se réfugier en forêt. Les autorités confirment cette situation de déplacement interne. « Pour votre information, jusque-là, il y a des citoyens qui n’ont pas encore regagné leurs maisons. Actuellement, une bonne partie de la population se trouve en forêt, dans la brousse », a déclaré le commissaire supérieur principal Camille Atungale, porte-parole de la police provinciale.

Face à cette crise humanitaire et sécuritaire, quelle réponse est apportée ? La police annonce le déploiement imminent du Groupe mobile d’intervention Nord. Cette unité spécialisée a pour mission de stabiliser la zone, de sécuriser les villages et de créer les conditions nécessaires au retour des déplacés. L’objectif est clair : permettre à chaque famille de réintégrer son foyer sans crainte. Cette opération de sécurisation est présentée comme une priorité pour rétablir un ordre public durable dans le secteur de Manzasay.

Les déclarations du porte-parole de la police sont sans équivoque sur l’origine des violences : « Il s’agit d’un conflit coutumier qui a été très mal géré ». Cette mauvaise gestion des rivalités traditionnelles a conduit à une escalade incontrôlable de la violence. L’intervention des forces de l’ordre a donc été déclenchée pour mettre fin aux hostilités et arrêter les présumés responsables. La commissaire provinciale a personnellement supervisé l’envoi des premiers éléments sur le terrain pour désamorcer la crise.

Cependant, des zones d’ombre persistent. La police évoque l’hypothèse troublante de l’existence d’autres victimes. Des corps sans vie n’auraient pas encore été retrouvés depuis les tensions initiales entre les familles en conflit pour le pouvoir. Cette révélation laisse planer le doute sur le bilan définitif de cet épisode tragique et pourrait alourdir les charges retenues contre les suspects déjà en détention.

L’incendie maisons Lunkuni représente plus qu’une simple destruction matérielle ; c’est un traumatisme profond pour toute une communauté. La reconstruction physique des habitations devra s’accompagner d’un travail de réconciliation sociale. Les autorités coutumières, en collaboration avec les administrateurs du territoire, auront un rôle crucial à jouer pour apaiser les haines et prévenir de nouveaux cycles de violence.

L’arrivée du Groupe mobile d’intervention Nord sera-t-elle suffisante pour restaurer la confiance ? La sécurisation immédiate du périmètre est une étape indispensable. Mais la paix à long terme dans cette région du Kwilu passera nécessairement par un dialogue approfondi entre les parties prenantes au conflit coutumier Kwilu. La justice, désormais saisie par le biais de ces arrestation Bagata, devra également faire son œuvre pour établir les responsabilités et rendre justice aux victimes.

Cette affaire met en lumière les défis récurrents de la gestion des conflits traditionnels dans certaines provinces de la RDC. Elle rappelle la nécessité de mécanismes de médiation efficaces et l’importance d’une réponse rapide et coordonnée des services de sécurité de l’État pour éviter que des différends locaux ne dégénèrent en tragédies à grande échelle. Les prochains jours, avec le déploiement des forces spécialisées, seront déterminants pour le retour à la normale dans les villages affectés du territoire de Bagata.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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