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Catastrophe naturelle en Ituri : Les inondations du lac Albert laissent 63 850 personnes dans la détresse

La terre a disparu sous leurs pieds, engloutie par les eaux sombres du lac Albert. Pour des milliers de familles de pêcheurs du territoire de Mahagi, en Ituri, le quotidien est devenu un combat pour la survie. « Notre maison, notre pirogue, nos filets… tout est parti avec l’eau. Nous dormons à la belle étoile, et nos enfants n’ont plus d’école », témoigne avec une lassitude profonde un habitant de la chefferie de Wagongo, la zone la plus ravagée par les inondations. Depuis 2019, une catastrophe naturelle silencieuse mais implacable frappe les rives du lac, laissant plus de 63 850 personnes dans un dénuement total. Comment une région entière peut-elle ainsi sombrer dans l’oubli et la détresse ?

Les chiffres donnent le vertige et racontent une histoire de destructions massives : 12 848 maisons réduites à l’état de débris, plus de 5 400 pirogues – ces outils de travail vitaux – emportées par les flots, 2 340 filets de pêche détruits, anéantissant l’espoir de reprendre une activité. Les infrastructures économiques de base n’ont pas été épargnées, avec 345 boutiques et 11 hôtels rayés de la carte. Cette hécatombe matérielle plonge des communautés entières dans une crise humanitaire aiguë. La coordination provinciale de la Protection civile en Ituri tire, une fois de plus, la sonnette d’alarme. Son appel est un cri du cœur lancé vers Kinshasa et la communauté des bailleurs : une intervention d’urgence est nécessaire pour éviter le pire.

L’impact de ces inondations successives du lac Albert dépasse la simple perte d’un toit. C’est tout un écosystème socio-économique qui s’effondre. Dans cette région, la pêche n’est pas qu’une activité, c’est le poumon financier de la plupart des familles. Sans pirogue ni filet, comment subvenir à ses besoins ? La réponse se lit dans les regards inquiets des mères de famille : l’insécurité alimentaire gagne du terrain, jour après jour. Les enfants sont les premières victimes de cette précarité grandissante. La situation sanitaire, elle aussi, devient explosive. Les latrines et les points d’eau potable ont été balayés, exposant les populations déplacées à un risque élevé de maladies hydriques comme le choléra. L’accès aux soins de santé, déjà difficile en temps normal, est désormais un parcours du combattant.

La catastrophe ne se limite pas au seul territoire de Mahagi. Des centaines de villages lacustres dans les zones de Djugu et Irumu, également situées le long du lac Albert, subissent le même sort. Cette crise humanitaire en Ituri dessine une géographie de la souffrance qui s’étend sur toute la rive congolaise du lac. Face à l’ampleur des besoins, les autorités provinciales et les organisations humanitaires présentes sur le terrain sont débordées. La demande de la Protection civile est claire et urgente : il faut reconstruire l’essentiel. Des écoles pour que l’avenir des enfants ne soit pas sacrifié. Des centres de santé pour soigner les corps et les esprits meurtris. Des latrines et des puits d’eau aménagés pour restaurer un minimum de dignité et d’hygiène. Mais au-delà des infrastructures, c’est une assistance immédiate en nourriture, abris et moyens de subsistance qui est réclamée pour des familles qui ont tout perdu.

Cette tragédie pose une question fondamentale sur la résilience des communautés face aux chocs climatiques répétés. Les inondations du lac Albert sont-elles devenues la nouvelle norme ? Si oui, quelle stratégie à long terme mettre en place pour protéger ces populations vulnérables ? La réponse ne peut être uniquement humanitaire ; elle doit intégrer la prévention des risques, l’aménagement du territoire et le développement d’activités économiques alternatives. En attendant, des dizaines de milliers de Congolais survivent dans des camps de fortune, le regard tourné vers un lac qui fut leur source de vie et qui est devenu leur bourreau. Leur sort est un test pour la solidarité nationale et internationale. L’Ituri, déjà meurtrie par des années de conflits, peut-elle supporter cette nouvelle épreuve ? La réponse se joue maintenant, dans l’urgence de l’action et la persistance de l’attention portée à cette crise.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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