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Nord-Kivu : les Wazalendo incendient une position des FARDC à Lubero

Une position militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a été entièrement réduite en cendres dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 janvier 2026. L’incident s’est produit à Misevere, une localité proche de Musienene, dans la chefferie des Baswagha, territoire de Lubero au Nord-Kivu. Les flammes ont ravagé les installations situées à proximité de l’école primaire Musienene, semant l’effroi parmi les populations civiles. Comment une telle attaque a-t-elle pu se dérouler sans rencontrer de résistance ?

Selon des sources locales de la société civile de Musienene, l’incendie est l’œuvre de miliciens identifiés comme des Wazalendo. L’action aurait été rendue possible par l’absence totale des soldats censés garder les lieux. En effet, les éléments des FARDC stationnés habituellement sur cette position avaient quitté le site pour une mission dans le territoire voisin de Beni. La position militaire, laissée sans protection, a ainsi été une proie facile pour les assaillants. Le président de la société civile locale a qualifié cet acte de « grave » et de « préoccupant », dénonçant une vulnérabilité criante du dispositif sécuritaire.

Contactées par nos soins, les autorités militaires du territoire de Lubero ont confirmé les faits. L’administrateur militaire du territoire a reconnu l’incident, sans toutefois pouvoir fournir dans l’immédiat des détails précis sur les circonstances exactes de l’attaque ou sur les mesures de représailles envisagées. Ce mutisme officiel, dans une zone en proie à des tensions récurrentes, interroge sur la capacité des forces loyalistes à sécuriser leurs propres infrastructures. L’incendie d’une position militaire n’est pas un acte anodin ; il s’agit d’un symbole fort de défi à l’autorité de l’État.

Cet événement dramatique survient dans un contexte déjà marqué par une insécurité persistante dans le Nord-Kivu. Il fait écho à un incident similaire survenu seulement quelques jours auparavant. Le jeudi 8 janvier 2026, une position abandonnée des FARDC avait subi le même sort à Vusigha, dans la localité de Musienene-Katholo, groupement Ngulo, toujours dans la chefferie des Baswagha. À cette occasion également, les militaires avaient évacué les lieux depuis le 6 janvier pour se rendre à Beni. Des individus non identifiés avaient alors mis le feu à toutes les cases construites sur le site. Cette répétition d’un même scénario en l’espace de quelques jours pose une question cruciale : assiste-t-on à une nouvelle tactique des groupes armés pour affaiblir les FARDC dans le conflit qui secoue Lubero ?

La récurrence de ces attaques ciblant des positions militaires vacantes révèle une faille opérationnelle préoccupante. Elle souligne la mobilité et l’audace de groupes armés, tels que les Wazalendo, capables de repérer et d’exploiter les faiblesses du dispositif de défense. Pour les populations civiles de la région, ces incidents nourrissent un sentiment d’abandon et d’extrême vulnérabilité. La peur de nouvelles exactions s’installe, d’autant que la frontière entre différents groupes armés actifs dans le Nord-Kivu reste souvent floue. Le conflit à Lubero, s’il n’est pas nouveau, semble ainsi entrer dans une phase où la symbolique de la destruction prend le pas sur l’affrontement direct.

Les conséquences de ces incendies sont multiples. Sur le plan matériel, c’est la perte d’infrastructures stratégiques qui pourraient servir de points d’appui pour des opérations de sécurisation. Sur le plan psychologique, c’est un coup porté au moral des troupes et à la confiance des civils envers leurs protecteurs. Enfin, sur le plan stratégique, cela questionne la gestion des rotations et des déploiements des unités des FARDC dans cette zone complexe du Nord-Kivu. Laisser des positions sans garde, même temporairement, semble constituer un risque inacceptable dans le contexte actuel du conflit.

Les autorités congolaises, tant militaires que civiles, se trouvent donc face à un défi de taille. Il leur faut non seulement enquêter sur ces actes criminels et en identifier les commanditaires avec précision, mais aussi et surtout revoir leur dispositif de sécurisation des avant-postes. La sécurisation du territoire de Lubero passe par la protection des symboles de l’autorité de l’État. La population attend des actes forts et des réponses claires. Dans l’attente, la vie reprend son cours, marquée par la prudence et l’inquiétude, dans les collines de la chefferie des Baswagha. L’incendie de Misevere est un rappel sombre que la paix dans le Nord-Kivu reste un objectif fragile, constamment menacé par les flammes de la violence.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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