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Grève enseignants Idiofa : Troisième semaine sans cours, le salaire d’octobre 2025 toujours impayé

Alors que les salles de classe devraient résonner des voix des élèves, le silence règne dans les écoles du territoire d’Idiofa. Pour la troisième semaine consécutive, les portes des établissements scolaires restent closes, les cours sont suspendus et des milliers d’élèves sont contraints de rester à la maison. Cette situation alarmante résulte d’une grève des enseignants qui s’enlise, créant une véritable crise éducative dans cette région de la République Démocratique du Congo.

Qu’est-ce qui pousse les enseignants à maintenir une telle pression, au risque de compromettre l’année scolaire de leurs propres élèves ? La réponse se résume en une revendication simple, mais cruciale : le paiement du salaire du mois d’octobre 2025. Un droit fondamental, pourtant toujours non honoré, qui a transformé la patience en colère et l’attente en mouvement de protestation ferme.

« C’était avant le départ des vacances de Noël que nous avions fait une dernière marche, explique Gilbert Empom, le président de l’intersyndicale des enseignants d’Idiofa. Nous avions même pris en otage le conseil de sécurité pour réclamer ce qui nous est dû. Jusqu’à la fin des vacances, rien. Face à ce silence, nous n’avions d’autre choix que de boycotter la rentrée. » Le ton est ferme, sans équivoque. Pour le syndicaliste, il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’une question de survie. Comment un enseignant peut-il se concentrer sur la transmission du savoir lorsque ses préoccupations matérielles fondamentales ne sont pas assurées ?

L’assemblée générale tenue vendredi dernier a acté la décision de prolonger le mouvement jusqu’à l’obtention d’une solution concrète. « Il n’y aura pas de reprise des cours sans paiement », insiste Gilbert Empom. Cette détermination met en lumière les difficultés structurelles que rencontrent de nombreux agents de l’État dans diverses provinces. La grève, initiée en décembre 2025, est donc la pointe émergée d’un iceberg de frustrations accumulées.

La situation devient d’autant plus paradoxale – et insupportable pour les grévistes – que, selon les informations rapportées par l’intersyndicale des enseignants d’Idiofa, la banque chargée des paiements s’apprêterait à régler les salaires des mois de novembre et décembre. Une perspective qui, au lieu d’apaiser les tensions, les exacerbe. Pourquoi payer les mois suivants en laissant en suspens celui d’octobre ? Cette incohérence administrative nourrit un profond sentiment d’injustice et de mépris parmi le corps enseignant.

Les conséquences de cette impasse sont lourdes et multidimensionnelles. Sur le plan éducatif, le retard pris par les élèves est considérable. Chaque jour sans cours creuse un peu plus les inégalités et compromet les apprentissages essentiels. Pour les familles, cette période est source d’angoisse et de désorganisation. Les enfants, livrés à eux-mêmes, voient leur avenir se jouer dans l’attente d’un règlement salarial. L’éducation, souvent présentée comme la priorité absolue pour le développement du pays, est ainsi mise en standby.

Gilbert Empom dénonce également les pressions qui s’exercent sur les enseignants de la part de certaines autorités politiques. Des tentatives de division, des promesses non tenues, une communication floue… Autant de stratégies qui, loin de résoudre le conflit, contribuent à miner la confiance et à durcir les positions. Dans un tel contexte, la recherche d’une issue favorable semble bloquée. La question qui se pose aujourd’hui est : jusqu’où cette crise peut-elle s’étendre, et à quel coût pour la jeunesse d’Idiofa ?

Cette grève dépasse le simple cadre d’un conflit social local. Elle interroge sur le fonctionnement de toute la chaîne de paiement des salaires des fonctionnaires, sur la priorité réelle accordée à l’éducation dans les budgets, et sur la valeur que la société accorde à ses enseignants. Ces derniers ne sont-ils que les variables d’ajustement d’une gestion défaillante ? Leur travail mérite-t-il si peu de considération qu’on puisse indéfiniment différer leur rémunération ?

La solution passe nécessairement par un dialogue franc et transparent entre les représentants des enseignants, comme l’intersyndicale dirigée par Gilbert Empom, et les autorités compétentes. Il est urgent de débloquer le paiement du salaire d’octobre 2025 et de mettre en place des mécanismes garantissant la ponctualité des versements à l’avenir. La crédibilité du système éducatif et l’avenir de toute une génération en dépendent. En attendant, les écoles restent fermées à Idiofa, et l’incertitude plane sur la suite de cette année scolaire déjà gravement perturbée.

L’épisode actuel doit servir de signal d’alarme. Sans une prise en charge rapide et responsable de cette crise, c’est tout l’édifice éducatif de la région qui risque de se fissurer durablement. Les enseignants, en se mobilisant, défendent à la fois leur dignité professionnelle et le droit à l’éducation de leurs élèves. Leur combat est donc celui de toute la communauté.

Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd

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Yvan Ilunga
Yvan Ilunga
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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