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Foudre à Walikale : deux morts et un deuil explosif

Dans la soirée du dimanche 18 janvier 2026, le ciel de Walikale centre s’est déchaîné. Une tempête à Walikale d’une rare violence a noyé le territoire sous des trombes d’eau, tandis que des éclairs déchiraient l’obscurité. Au quartier Nyalusukula, un grondement assourdissant a retenti, suivi d’un silence de mort. « Nous avons vu un éclair frapper la maison d’à côté, un bruit à vous glacer le sang », témoigne un voisin, encore sous le choc. « Les cris nous ont alertés, mais quand nous avons pu entrer, c’était déjà l’horreur. »

Cette foudre à Walikale a tragiquement coûté la vie à deux personnes : une jeune femme et sa grand-mère, foudroyées à l’intérieur même de leur modeste habitation. Leur décès est survenu sur le champ, foudroyant aussi l’espoir d’une famille. Le mari de la victime, un taximan moto qui partageait ce toit, a miraculeusement survécu à la décharge électrique. Grièvement atteint, il souffre d’une paralysie des membres inférieurs et lutte pour sa survie à l’Hôpital Général de Référence de Walikale. Comment une simple averse peut-elle ainsi basculer en accident foudre au Congo aussi meurtrier ? La question hante désormais toute la communauté.

Le deuil, à peine entamé, a rapidement viré au drame. Ce lundi 19 janvier, alors que la communauté se réunissait au cimetière de Walikale pour enterrer les deux femmes, des tensions latentes ont explosé. Des altercations violentes ont éclaté entre les familles de la défunte et celle de son époux hospitalisé. La douleur, au lieu de rassembler, a allumé une mèche de colère incontrôlable. La situation a dégénéré en bagarres généralisées, faisant plusieurs blessés. Dans un geste de rage destructrice, des individus en ont pris pour cible la maison du taximan, déjà éprouvé par la perte de son épouse. Les murs ont été saccagés, une partie du toit détruite. Comment expliquer que la tragédie des décès au Nord-Kivu se double ainsi de telles violences familiales en RDC ? Les causes profondes de cette dispute restent floues, mêlant probablement des griefs anciens à la détresse du moment.

L’intervention rapide de la Police nationale congolaise (PNC) a permis de contenir les affrontements et d’éviter un bain de sang plus important. Les forces de l’ordre ont appelé au calme et au respect dû aux défunts, ramenant une paix fragile sur les lieux du drame. Pourtant, le mal est fait. Cette double peine – la fatalité climatique et la furie humaine – laisse une population traumatisée et des questions brûlantes. Ce n’est malheureusement pas la première fois que le quartier Nyalusukula est frappé par un tel destin. Il y a deux ans, trois enfants d’une même famille y avaient perdu la vie, également victimes de la foudre. Cette répétition tragique interpelle : la région est-elle suffisamment préparée face à ces phénomènes météorologiques extrêmes ? Existe-t-il des campagnes de sensibilisation sur les comportements à risque pendant les orages ?

Derrière le choc de l’instant, c’est toute la précarité d’une région qui ressort. L’habitat souvent précaire, la faible sensibilisation aux risques naturels, et parfois les tensions sociales latentes créent un terrain propice à ce que l’irréparable se produise. La foudre semble frapper au hasard, mais ses conséquences sont amplifiées par un contexte de vulnérabilité. La communauté de Walikale, meurtrie, doit maintenant panser ses plaies visibles et invisibles. Elle doit trouver la force de soutenir le père de famille paralysé, seul survivant direct de ce drame, et reconstruire ce qui a été brisé, tant les murs que les liens.

Cet événement souligne un enjeu sociétal crucial : la nécessité de renforcer la résilience des communautés face aux aléas climatiques, mais aussi de promouvoir des mécanismes de médiation et de cohésion sociale pour que la douleur collective ne se transforme pas en violence fratricide. Alors que le Nord-Kivu traverse déjà des périodes complexes, de tels drames rappellent que la paix des cœurs est aussi essentielle que la sécurité des corps. La prochaine tempête, qu’elle soit dans le ciel ou dans les âmes, trouvera-t-elle une population plus unie et mieux protégée ? La réponse engage tout un chacun, des autorités locales à chaque citoyen.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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